Municipales dans l’Est : derrière les urnes, l’enjeu de la Cirest

Pour plusieurs maires de l’Est, l’objectif sera de renouveler leur mandat dès ce dimanche afin d'éviter, pour certains, un second tour à haut risque. Dans les deux plus grandes villes, le scrutin s’annonce plus ouvert. À Saint-André particulièrement où le duel entre les frères Virapoullé et leur capacité à s'entendre - ou non - pèsera lourd dans la balance dans l'optique d'un second tour. En toile de fond, un autre enjeu se dessine : la présidence de la Cirest, ouvertement convoitée par Joé Bédier.

Saint-André : duel familial chez les Virapoullé, Fruteau en embuscade
C'était il y a six ans. Déjouant les pronostics, Joé Bédier était élu maire de Saint-André. L'ancien premier adjoint d'Eric Fruteau avait profité à plein du retrait d'Eric Fruteau.
Alors que Joé Bédier était arrivé en deuxième position avec 24,88% des suffrages derrière Jean-Marie Virapoullé (31,47%), il avait renversé la donne pour s'imposer au second tour (52,16% contre 47,83%). Cette fois, la donne a changé. Dans ses discours, l'ancien maire et président de la Cirest semble bien décidé à se maintenir, si son score lui permet et est assez élevé pour le justifier. Lui et son équipe n'ont toujours pas digéré l'absence de retour d'ascenseur lors des dernières élections départementales qui avaient vu un binôme de la majorité se présenter face à lui. Une élection perdue au final de 87 voix face à celui de Jean-Marie Virapoullé.
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Mais si la gauche est divisée, la droite l'est aussi. Un duel familial et inédit voit les deux frères Jean-Marie et Laurent Virapoullé s'affronter. Le premier est membre du mouvement Nouvel'R, le second est soutenu par le RN. Un quatuor qui risque de polariser le vote des électeurs ce dimanche.
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La participation sera l'une des clés du scrutin. Si elle est forte, une quadrangulaire au second tour n'est pas à écarter. En 2020, plus de la moitié des électeurs avaient boudé les urnes (51,94%). C'était pire lors du premier tour des législatives en 2024. Seulement 35% s'étaient alors déplacés.
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Une polarisation du vote qui pourrait se faire au détriment des quatre autres candidats également en lice : Léopoldine Settama-Vidon, Jean-Marie Cotaya, Stéphane Soupramanien et Jean-Michel Sautron.
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De l'entente ou non des deux frères Virapoullé au lendemain du premier tour et du score atteint ce dimanche par Eric Fruteau dépendra une bonne partie du scrutin, l'un des plus observés à l'échelle de La Réunion.

Saint-Benoît : duel Selly–Ratenon, Ramin à l’affût
À Saint-Benoît, le duel entre le maire sortant Patrice Selly et le député Jean-Hugues Ratenon est l’un des plus attendus de ces municipales. Une campagne tendue, où les deux rivaux ne se font aucun cadeau.
Le maire sortant et président de la Cirest, Patrice Selly (Banian), met en avant le redressement des finances communales, avec la résorption d’un déficit de plus de 16 millions d’euros. Pour la prochaine mandature, il promet notamment des mesures en faveur du pouvoir d’achat, comme la gratuité des fournitures scolaires et une possible baisse de la part communale de la taxe foncière.
Face à lui, Jean-Hugues Ratenon se lance pour la première fois dans la course municipale à Saint-Benoît. Après deux tentatives infructueuses à Bras-Panon, le député mène une campagne axée sur les questions sociales, affirmant vouloir incarner « le maire du peuple ».
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Plusieurs autres listes à gauche complètent le paysage politique. Philippe Admeth, ancien directeur de cabinet de Jean-Claude Fruteau, veut relancer Le Progrès dans l’Est. Jean-Yves Payet, figure de Lutte ouvrière, se présente dans une démarche militante fidèle à son mouvement.
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À droite, Sabrina Ramin, investie par le Rassemblement national, se présente pour la troisième fois. Arrivée deuxième lors des deux derniers scrutins, elle axe sa campagne sur les questions de sécurité et de tranquillité publique.
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Patrick Dalleau, également positionné à droite, propose un projet mêlant sécurité, développement économique et valorisation du littoral. Les deux listes évoquent la possibilité d’une « union des droites » au second tour. Jean-Hugues Ratenon, de son côté, a fermé la porte à toute alliance avec le RN.
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Marie-Lydie Thiolica, candidate indépendante, souhaite incarner une alternative citoyenne sans soutien partisan. Daniel Amouny, président de la FCPE Réunion, complète le paysage électoral avec une candidature centrée notamment sur la question du logement.
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Comme en 2020, Patrice Selly devra l’emporter seul. L’enjeu pour le maire sortant sera donc d’arriver en tête dès le premier tour afin d’aborder un éventuel second tour en position de force.

Bras-Panon : Atchapa veut éviter l’union de ses opposantes
Élu maire de Bras-Panon en 2020 en mettant fin à près de vingt ans de mandat de Daniel Gonthier, Jeannick Atchapa aborde les prochaines municipales en position de favori. Le maire sortant, qui a officiellement lancé sa campagne début janvier devant plusieurs centaines de personnes, affiche un objectif clair : l’emporter dès le premier tour.
Soutenu notamment par les présidents des chambres consulaires, il met en avant un bilan qu’il juge solide, évoquant 33 millions d’euros d’investissements réalisés durant le mandat sans hausse d’impôts ni recours à l’emprunt. Un argument central pour tenter d’éviter toute recomposition de l’opposition au second tour.
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Face à lui, deux candidates se positionnent. Dans l'habit du challenger, la conseillère régionale Patricia Profil, soutenue par Huguette Bello, a lancé sa campagne en mettant l’accent sur les questions sociales et l’emploi local. Son programme repose sur quatre axes : l’économie, l’éducation, la culture et le sport.
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Durant la campagne, la candidate a un temps repris le mot d’ordre « tout sauf Atchapa », une formule vivement critiquée par le maire sortant. Ce dernier y voit le signe d’une opposition prête à s’allier malgré des orientations politiques très différentes, évoquant d’un côté l’extrême droite et de l’autre l’extrême gauche.
Autre candidature, celle de Lise-May Turpin. Initialement investie par le Rassemblement national, sa campagne a été fragilisée par la publication d’articles revenant sur ses condamnations judiciaires, notamment pour harcèlement et sur des accusations de ses voisins évoquant un grave climat de tensions dans leur lotissement.
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Depuis, le soutien du RN s’est fait plus discret et la candidate, toujours encartée et déléguée du parti sur la commune, a rétrogradé dans la catégorie des candidatures "libres". Un positionnement qui pourrait remettre en question sa dynamique électorale, tout en laissant davantage de latitude pour d’éventuels rapprochements au second tour.
Un scénario que Jeannick Atchapa espère précisément éviter en misant sur une victoire dès le premier tour.

Salazie : le cirque cherche son (nouveau) chouchou
Habituellement jouée d’avance, la campagne des municipales est cette fois-ci animée à Salazie. Le maire sortant, Stéphane Fouassin, figure politique du cirque, réélu dès le premier tour depuis 1998, n'est désormais plus candidat, non-cumul des mandats oblige.
Pour lui succéder, plusieurs prétendants battent le pavé depuis plusieurs mois. La première à avoir officialisé sa candidature est Cindy Barbe-Robert, porte-parole du collectif Nout’gayar Salazie. On retrouve notamment sur sa liste l'ancien directeur de cabinet à la mairie, Joël Ramin.
Autre candidat déclaré, Jimmy Armand, bien connu dans le cirque pour avoir occupé pendant treize ans, à partir de 2013, les fonctions de directeur des services techniques et de l’aménagement de la commune, avant de partir au Sidélec. Il a le soutien de Stéphane Fouassin et de plusieurs autres élus de la majorité, démissionnaires de leur délégation.
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Des démissions en série qui n'ont pas réussi à déstabiliser la majorité et la maire sortante, Sidoleine Papaya. Elue en octobre 2023 après la démission de Stéphane Fouassin, elle avait frappé un grand coup d'emblée en se présentant devant plus de 300 personnes, en présence du président du Département, Cyrille Melchior, et du maire de Bras-Panon, Jeannick Atchapa.
Deux autres candidats complètent la liste, tous deux issus de la sphère privée : le chef d'entreprise Thierry De Gerus, dont l'entrée en campagne avait fait grand bruit car marquée par le soutien de Didier Robert, qui était sorti du silence pour l'occasion. Depuis, le chef d'entreprise a réalisé une campagne discrète médiatiquement mais est présent sur le terrain, nous dit-on.
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Comptant parmi les plus jeunes candidats de l'île, Aldrick Moimbe, 28 ans, à la tête d’une société d’espaces verts et d’un salon de beauté, veut lui aussi incarner le “changement” dans la commune.
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Autant de candidats qui pourraient se retrouver autour d'une union au second tour face à la maire sortante en cas de prolongations…

La Plaine-des-Palmistes : Johnny Payet parie sur le premier tour
Il ne s'en cache pas. Interrogé lors de sa seule conférence de presse organisée durant cette campagne, Johnny Payet ne cachait pas son optimisme, prophétisant une victoire dès le 1er tour et la barre des 60% de suffrages atteinte. Pas de fanfaronnade selon lui, mais le résultat d'un programme réalisé à “100 %, plus 20 %”. S'il est toujours encarté RN, c'est à la tête d'une liste d'ouverture qu'il compte l'emporter ce dimanche.
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Face à lui, on retrouve quasiment les mêmes acteurs qu'en 2020, ou presque. Ils sont deux fois moins nombreux à se présenter cette fois avec quatre candidats en lice, contre huit à l'époque. Bernard Leflem est cette fois colistier du maire sortant, arrivé en tête en 2020 avec 27,61% des suffrages. Deuxième avec 19,98% des suffrages, Sophie Arzal ambitionne de faire tomber Johnny Payet. Elle appelle les citoyens à faire le choix de sa liste La Plaine des Possibles et d’un « projet ambitieux, réaliste et profondément humain ».
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Son absence d'entente avec le troisième homme de 2020, l'ex-maire socialiste Jean-Luc Saint-Lambert avait contribué à la victoire de Johnny Payet. Cette fois, l'ex-édile n'est pas candidat et soutient la liste de Frédéric Azor. L'ex-élu de la majorité passé dans l'opposition peut aussi compter sur le soutien de Marco Boyer.
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Déjà candidate en 2020, la conseillère régionale Amandine Ramaye n'avait à l'époque pas pu se maintenir faute d'avoir atteint la barre des 10% et n'avait pas fusionné avec d'autres listes. Elle est soutenue par Europe Ecologie les Verts.
Trois candidats qui pourraient se retrouver dans un front commun en cas de second tour. Ce qui donnerait une toute autre perspective à l'élection en cas de second tour.

Sainte-Rose : Vergoz vise un quatrième mandat
Au pays des laves, il n’y a pas que les coulées du volcan qui sont brûlantes : les joutes électorales aussi. À Sainte-Rose, les scrutins municipaux se jouent depuis des décennies à quelques dizaines de voix près entre les deux meilleurs ennemis politiques de la commune, Michel Vergoz et Bruno Mamindy-Pajany. Un duel pour l’histoire : les deux hommes ont remporté toutes les élections municipales depuis 1989. Mais cette fois, la donne a changé. L’ancien maire de 2001 à 2015 n’est pas candidat et n’a apporté son soutien à aucun des prétendants et ses soutiens semblent s’être dispersés entre plusieurs candidats.
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Dans ce contexte, difficile de ne pas faire du maire sortant le favori. C'est devant plus de 800 personnes que Michel Vergoz a lancé sa campagne début janvier. Son objectif : une élection dès le premier tour… A condition de mobiliser son électorat. Ce ne serait pas une première : en 1995, il l’avait déjà emporté dès le premier tour.
Un scénario que tenteront de déjouer les trois autres candidats. Parmi eux, Sully Hoarau, arrivé troisième en 2020. Pour sa première candidature, l’infirmier libéral avait obtenu 585 voix au premier tour (13,02 %) et s'était maintenu au second (375 voix, 7,58 %). Il se présente comme l'opposant numéro un au maire sortant et assure qu'il n'y aura pas d'accord au second tour.
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Comme les deux autres candidats en lice, il critique le bilan de la mandature sortante. “La commune n’a guère avancé, ni socialement, ni économiquement, ni humainement”, tacle William Courtois, candidat du RN et officier retraité de l’Armée de l’air et de l’espace.
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Face à lui, on retrouve l'ancien porte-parole et candidat du parti à la flamme, Jean-Dominique Ramassamy, cette fois candidat sans étiquette, après avoir quitté le Rassemblement national.
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