“Je ne serai pas un maire fantôme” : Jean-Marie Virapoullé lance sa campagne à Saint-André

Avec le soutien de Jeannick Atchapa et de Stéphane Fouassin et devant plus de 1.500 personnes – plus de 2.000 personnes selon l’organisation – Jean-Marie Virapoullé a organisé ce dimanche son premier meeting de campagne à Saint-André. L’occasion de présenter son équipe et les grandes lignes de son programme.
S’il faisait déjà chaud, la température est encore montée d’un cran au moment où le candidat a fait son apparition. En dansant et en tapant dans les mains, Jean-Marie Virapoullé traverse de bout en bout le grand chapiteau installé sur le vaste parking de la Centrale, à l’arrière de la station Ramassamy, dont le propriétaire, bien connu à Saint-André et ancien candidat à plusieurs scrutins, Jean-François Ramassamy, figure en deuxième position sur la liste de l’ancien président de la Cirest (2001-2008).
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Dans une ambiance chauffée à blanc, le candidat enchaîne poignées de main et accolades avant de rejoindre le podium, où l’attendent le maire de Bras-Panon, Jeannick Atchapa, le sénateur et ancien maire de Salazie, Stéphane Fouassin, ainsi que ses 46 colistiers.

Une liste mêlant élus et société civile
La liste rassemble plusieurs élus de l’opposition avec lesquels Jean-Marie Virapoullé a siégé durant le dernier mandat (Marie-Lise Chane-To, Rosange Latchoumy, Alain Sinaretty, Viviane Payet-Ben-Hamida, Ludovic Barbe…), mais aussi d’anciens élus de la dernière mandature de Jean-Paul Virapoullé, comme l’avocate Sylvie Moutoucomorapoulé ou le spécialiste des questions d’eau et d’énergie Mickaël Boyer.
Le reste est composé essentiellement de représentants de la société civile, à l’image de l’agricultrice et artisane Prema Antier, plusieurs fois primée au Concours général agricole, ou de l’ancien policier aujourd’hui à la retraite Philippe Goumane. Pour beaucoup, il s’agit d’une première expérience politique. Si la liste est sans étiquette, Jean-Marie Virapoullé est lui membre du mouvement Nouvel’R.

Atchapa : “C’est normal de suivre son papa”
Prenant la parole, Jeannick Atchapa salue le parcours de Jean-Marie Virapoullé, comme lui vice-président du Département : “Si son père avait été charcutier, il serait charcutier parce que son papa lui a enseigné l’amour de ce métier. C’est normal qu’un enfant suive son papa, qui était maire et qui lui a transmis l’amour de Saint-André.”
Il établit également un parallèle avec son propre parcours, saluant “le courage” du candidat “dans la victoire comme dans la défaite”.

“Saint-André est en danger”
À son tour, Jean-Marie Virapoullé livre un discours offensif et très critique à l’égard de la majorité sortante. “Saint-André est en danger après le passage du cyclone Bédier”, lance-t-il, dénonçant un climat de pression au sein de la collectivité : “Les employés communaux viennent sous pression. Quand je serai maire, vous retrouverez votre liberté d’hommes et de femmes.”
Il revendique son expérience : “Nous avons tissé une relation de confiance depuis trente ans. Trente ans que je travaille d’arrache-pied et j’ai un bilan.”

"Vous avez eu un maire fantôme, avec moi c'est fini"
Se présentant comme un “lanceur d’alerte pendant six ans”, Jean-Marie Virapoullé l'affirme: “Je suis un homme propre (...) Avec moi, il n’y aura plus de favoritisme dans les marchés publics, pas de tentative d’escroquerie de 4 millions d'euros à l’État”, en référence à ses différentes plaintes dont la dernière concernant la réhabilitation du stade Soune-Seyne.
Il veut placer “la transparence et l’honnêteté” au cœur de son action, avec notamment la signature d'une charte de bonne conduite, le recours à un déontologue et une communication ouverte sur les documents officiels.
En faisant référence à son père, il promet une mairie de proximité : “Pendant six ans, vous avez eu un maire fantôme. Avec moi, c’est fini.”

L’eau au cœur du programme
L’eau constitue l’une de ses priorités. “Il faut renouveler les tuyaux des réseaux d’eau”, martèle-t-il, évoquant “un vaste plan de renouvellement”. Il pointe un rendement du réseau tombé “autour de 50 %”, contre “près de 85 % à Bras-Panon”.
Il annonce une augmentation de la production via le forage de Ravine-Creuse, la remise en service de Bras-Citronnier et la création de nouveaux réservoirs, assurant que “dans deux ans, il n’y aura quasiment plus de problème d’eau à Saint-André”.
"Saint-André est devenue la ville des faits-divers"
Sur la sécurité, Jean-Marie Virapoullé dresse un constat alarmant : “Saint-André, la fine arrive la ville la moins sûre de La Réunion. Cent quinze pour cent d’augmentation du nombre de vols en cinq ans.” Il évoque également “une hausse de la grande délinquance” et qualifie la commune de “ville des faits divers”.
Il dénonce “l’inaction et l’immobilisme” de la majorité sortante et pointe une vidéoprotection “dont la moitié des caméras est aujourd’hui défectueuse”. Il promet leur remise en service, “avec de l’intelligence artificielle”, le doublement des effectifs de police municipale, une amélioration de l’éclairage public et la création d’une police municipale cynophile, notamment autour de la gare.
Il annonce également vouloir relancer le partenariat avec la police nationale et plaide pour un renforcement des effectifs, rappelant que Saint-André dispose “du même nombre de policiers nationaux que Le Port, malgré une population bien plus importante”.

“Fini les miettes de thon avec du riz.”
Le candidat défend une politique de prévention par l’insertion : “Il faut donner une seconde chance à ceux qui veulent s’en sortir”, via la relance des chantiers d’insertion et des clauses sociales dans les marchés publics.
Jean-Marie Virapoullé annonce par ailleurs la création d’un chèque de 300 euros pour les personnes gravement malades, destiné à aider au financement de soins de suite et de réadaptation (SSR) non pris en charge, le retour des "chèques cadeaux pour les familles" et une amélioration des repas scolaires : “Fini les miettes de thon avec du riz. Avec moi, il y aura plus de fruits et légumes avec une transformation locale, l’embauche d’un nutritionniste, j’irai goûter le repas avec les parents.”
Plus de badgeuse à la mairie
Il évoque aussi la création d’une agence immobilière sociale pour faciliter l’accès au logement à des loyers modérés dans le parc privé.
Concernant les agents municipaux, Jean-Marie Virapoullé promet le paiement des heures supplémentaires, la fin d’un système de primes jugé inégalitaire et la suppression de la badgeuse, au profit d’un contrôle hiérarchique. Il dénonce une commune “au bord du précipice financier.”

Relance du projet de "hub portuaire" à Bois-Rouge
Le médecin de profession se présente comme “la locomotive du développement économique de l’Est”, citant notamment la création du R+ au Département ou de la zone franche globale. Dans la continuité, il veut créer une "zone franche globale qui inclura l'ensemble des activités y compris les commerces et services".
S'il est élu, il promet de ressortir des cartons la "zone économique mixte de 8 ha à la Cressonnière d'ici deux à trois ans" et une "zone d'activité de stockage et de service à Bois-Rouge". Il veut aussi ouvrir Saint-André sur la mer en relançant le projet de son père de "hub portuaire pour devenir une place forte portuaire et sécuriser notre approvisionnement, réutiliser l'eau de mer pour faire des produits cosmétiques et refroidir des data center, je veux faire de Saint-André la capitale économique de la Réunion".
“Reconstruire Saint-André”
En conclusion, Jean-Marie Virapoullé réaffirme son ambition : “Je ne serai pas un maire fantôme, mais un maire humain et de proximité. Je veux reconstruire Saint-André après le passage du cyclone Bédier. Avec moi, vous retrouverez votre fierté d’être Andréennes et Andréens.”



