Saint-André : Jean-Marie Virapoullé porte plainte contre Joé Bédier pour tentative d’escroquerie à la subvention publique

L’élu d’opposition et candidat a annoncé avoir déposé une plainte pour "tentative d’escroquerie à la subvention publique", en lien avec des demandes de financements formulées après le cyclone Garance. La plainte a été adressée à la procureure de la République de Saint-Denis.
Dans sa plainte, l’opposant et candidat aux municipales vise principalement une demande de subvention d’un montant de plus de 4 millions d’euros concernant le stade Soune-Seyne, sollicitée par la mairie dans le cadre du Pacte Avenir post-cyclone Garance.
Une demande de subvention contestée
Pour Jean-Marie Virapoullé, la commune aurait sollicité des fonds de l’État au titre de réparations post-cycloniques alors que, selon lui, l’équipement sportif n’aurait pas subi de dégâts significatifs liés au passage du cyclone. Il s’appuie notamment sur un arrêté municipal de réouverture du stade, signé début mars 2025, qui a autorisé la reprise de l’activité dès le 10 mars, "soit 10 jours après le passage du cyclone". Un arrêté signé par le premier adjoint qu'il a présenté lors d'une nouvelle vidéo, mise en ligne ce vendredi en milieu de journée.
« On ne peut pas demander quatre millions d’euros pour un stade qui est rouvert immédiatement et qui accueille à nouveau des compétitions », affirme l’élu dans la vidéo. Il indique disposer d’autres éléments attestant de la reprise rapide de l’activité sportive sur le site.

Des documents remis en cause
Pour l'opposant, "le maire de Saint-André ne pouvait ignorer que le stade Soune Seyne n’était pas endommagé par le cyclone lorsqu’il a signé la décision de demande de subvention de 4 millions d’euros au titre du Pacte Avenir Post Garance".
Dans sa plainte, il s’appuie également sur le courrier du préfet de La Réunion daté du 18 décembre 2025 qui faisait état "d’anomalies manifestes" par les services de l’État dans deux demandes de subventions transmises par la commune, conduisant à la suspension de leur traitement.
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Concernant le stade Soune-Seyne, la plainte remet sur la table l’utilisation d’une photographie présentée comme illustrant des dégâts résultant du cyclone Garance, mais qui correspondaient à un autre stade, situé à Brest. L’élu d’opposition considère que ces éléments remettent en cause la "sincérité" du dossier transmis à l’administration.

Infiltrations et vétusté évoquées
En réponse, lors d'une conférence de presse tenue en début de semaine, la mairie avait plaidé une "erreur strictement administrative" imputée à un agent, sans intention "frauduleuse", selon les conclusions d'une enquête administrative, annonçant le lancement d'une procédure disciplinaire à l'encontre de ce dernier.
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Interrogé, le directeur général des services (DGS) de la commune avait notamment évoqué des problèmes d’infiltration affectant l’équipement et une demande de subvention qui mêle la remise en état mais aussi l'amélioration de la résilience du bâtiment, à la demande même des services de l'Etat. Un argument que conteste Jean-Marie Virapoullé, estimant que ces désordres seraient antérieurs au cyclone et relèveraient de la vétusté du bâtiment, et non de dommages causés par Garance.
L'opposant évoque des éléments prouvant que les principaux désordres observés sur le stade étaient connus avant l’événement climatique.
Plusieurs qualifications pénales visées
Dans son dépôt de plainte, l’élu indique que les faits sont susceptibles de recevoir plusieurs qualifications pénales, sous réserve de l’appréciation de l’autorité judiciaire : faux et usage de faux, tentative d’escroquerie à la subvention publique, tentative d’escroquerie aggravée au préjudice d’une personne publique et, le cas échéant, la complicité ou la responsabilité pénale des agents et décideurs ayant participé à l’élaboration ou à la validation des dossiers.
Jean-Marie Virapoullé précise agir "dans un souci de transparence et de devoir républicain afin que toute la lumière soit faite sur l’origine des documents transmis, les conditions de leur validation et les responsabilités éventuelles".


