France-Angleterre, le match de la troisième place que "personne ne veut jouer" ?

France-Angleterre, dans la nuit de samedi à dimanche au Hard Rock Stadium de Miami : sur le papier, une petite finale de Coupe du Monde et une médaille de bronze à se partager. Sauf que les deux équipes débarquent sonnées, sorties en demie, et que le sélectionneur anglais a résumé l’ambiance en une phrase : personne n’a envie de jouer ce match. Côté français, il reste quand même une raison d’y croire. Ce sera le dernier de Didier Deschamps sur le banc des Bleus.
Pour les Bleus, le rêve d’une troisième étoile s’est arrêté mardi 14 juillet à Dallas. En face, une Espagne au-dessus, tout simplement. La France n’a jamais trouvé la faille (0-2), pas le moindre tir cadré à la pause. Digne concède un penalty, Oyarzabal le transforme, Porro double la mise un peu plus tard : voilà comment une équipe invaincue depuis le premier jour du tournoi s’est retrouvée dehors, au plus mauvais moment.
L’Angleterre n’a pas connu un sort plus doux. Devant grâce à Anthony Gordon, elle a fini par craquer face à l’Argentine (1-2) dans les dernières minutes. Le choix de Tuchel de repasser à cinq défenseurs alors que les siens menaient a fait grincer des dents outre-Manche, Wayne Rooney le premier. Deux favoris, deux sorties en demie, la même rancœur à digérer avant de rentrer d’Amérique.
"Personne ne veut jouer ce match"
Le premier à l’avoir dit tout haut, c’est Tuchel. Devant la presse, le sélectionneur anglais n’a pas pris de gants : aucun de ses joueurs, pas plus que les Français, n’a "envie de disputer cette rencontre". Ce qu’ils voulaient, c’était la finale. Il a tout de même rappelé que ses hommes auraient un jour de repos de moins que les Bleus, et qu’ils s’y présenteraient "avec professionnalisme".
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En face, Deschamps ne l’entend pas de cette oreille. "Il y a une troisième place à aller chercher", a lâché le patron des Bleus, en renvoyant au devoir que représente le maillot et à tout ce public derrière l’équipe. Deux jours plus tôt, dans une vidéo publiée par la sélection, il avait déjà mis des mots sur le coup dur : la déception, disait-il, est "à la hauteur de nos ambitions". Reste à "l’accepter, il n’y a pas le choix".
Les adieux de Didier Deschamps
Pour la France, il y a autre chose en jeu que le bronze. Dimanche 19 sur les coups d’une heure donc (à La Réunion), Deschamps dirige les Bleus pour la dernière fois. Nommé en 2012, il s’en va quatorze ans plus tard, avec une longévité et un palmarès que peu de sélectionneurs pourront lui disputer.
On devrait voir du changement dans le onze. Des joueurs peu utilisés comme Lucas Hernandez ou N’Golo Kanté ont une carte à jouer, quand des jeunes comme Warren ZaïreEmery ou Rayan Cherki grappilleraient du temps de jeu. Mbappé aura également une raison bien à lui de se donner à fond : capitaine et meilleur buteur des Bleus dans ce Mondial, il continue de faire gonfler son total de buts en Coupe du Monde.
France-Angleterre, une vieille histoire
Entre la France et l’Angleterre, l’histoire est vieille de plus d’un siècle, et en Coupe du Monde, ce sont longtemps les Anglais qui ont fait la loi. Le bilan global reste d’ailleurs à leur avantage : 34 matchs d’après la Fédération française de football, 11 gagnés par les Bleus, 6 nuls, 17 perdus.
Sur la scène mondiale, les Three Lions ont d’abord mené la danse. Wembley 1966, l’année de leur unique sacre : 2-0. Bilbao 1982 : 3-1, avec ce but de Bryan Robson planté après vingtsept secondes de jeu.
Il a fallu aller jusqu’au Qatar, en 2022, pour voir la France renverser la table en quart de finale (2-1). Tchouaméni et Giroud buteurs, et Harry Kane maudit sur le penalty de l’égalisation, expédié au-dessus.
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Hors Mondial, la rivalité a aussi ses grands soirs : à l’Euro 2004, Zidane avait crucifié l’Angleterre dans le temps additionnel, un coup franc puis un penalty (2-1).
Reste que jamais ces deux-là ne s’étaient croisés pour une petite finale de Coupe du Monde.
À Miami, ce sera une première. Avec, en prime, un clin d’œil du destin pour Michael Olise : né à Londres, l’ailier des Bleus aurait pu jouer pour l’Angleterre avant de choisir la France.


