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Affaire du stade Soune-Seyne : Joé Bédier rejette toute "fraude" et engage une procédure disciplinaire

Ecrit par P.M. sur place avec J.D. – le lundi 2 février 2026 à 11H37

Mis en cause après la transmission de photographies erronées dans un dossier de subventions post-cyclone Garance, le maire de Saint-André, Joé Bédier, a pris la parole ce lundi 2 février pour défendre son intégrité. Une enquête administrative interne conclut à une "erreur strictement administrative" imputée à un agent, sans intention "frauduleuse". Une procédure disciplinaire est néanmoins engagée et une plainte pour diffamation déposée à l'encontre de Jean-Marie Virapoullé.

Devant la presse, Joé Bédier a tenu à poser un cadre clair. "Ma probité, mon intégrité et ma droiture" ne sauraient, selon lui, être remises en cause après près de trente ans d’engagement public. Le maire affirme n’avoir "jamais tenté de tricher, de frauder ou de détourner quoi que ce soit", rejetant avec force toute accusation personnelle. "J'ai des valeurs, une famille, la seule chose qui m'a toujours guidé c'est l'intérêt général, sans calcul ni arrière pensée", déclare-t-il.

À l’origine de la polémique, la transmission à l’État de deux photographies ne correspondant pas au stade Soune-Seyne, à Cambuston, dans le cadre d’un dossier de demande de subventions post-cyclone Garance. Les clichés, intégrés par erreur, représentaient en réalité un équipement sportif situé à Brest, en métropole. Une anomalie relevée début décembre lors de l’instruction des dossiers par les services de l’État, alors que la commune avait déposé près d’une trentaine de demandes dans un contexte d’urgence et de délais contraints.

"Une erreur strictement administrative"

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Face aux interrogations soulevées, Joé Bédier indique avoir demandé au directeur général des services de diligenter une enquête administrative interne : "Je ne fais pas les choses dans la précipitation, sans respecter les hommes et les femmes. Il faut savoir prendre du recul et comprendre. Dès réception du courrier, j’ai demandé au DGS d’engager une enquête administrative interne, comme toute autorité responsable se doit de le faire. Elle a été menée et aujourd’hui achevée, et ses conclusions ont été remises ce week-end. "

Elles sont sans ambiguïté selon la mairie : l’envoi des photographies litigieuses relève d’"une erreur strictement administrative", reconnue par l’agent concerné, sans volonté de tromper ni de capter indûment des fonds publics. "Il a transmis par erreur ces deux photos a la Déal sans l'intention de nuire à quiconque", commente le DGS de la mairie. "Un agent à la carrière exemplaire, au service de la mairie depuis 33 ans, dont 22 ans à l'époque des Virapoullé", intervient l'avocat de la mairie, Robin Binsard.

Dans son courrier, le préfet pointe une autre "anomalie", celle de la "création de quatre courts de padel", au complexe sportif de Mille-Roches, "alors que seuls deux courts devaient être réhabilités". Un dossier clôt selon le maire : "Après cette polémique, une rencontre avec le sous-préfet a eu lieu, et il a reconnu de suite qu’il n’avait rien compris. Quand on a fourni le dossier, c’était avec deux hypothèses, deux lignes, avec deux montants différents, selon l’épaisseur du vitrage retenu. Le sous-préfet m’a dit mea culpa, mais la polémique était déjà partie, une de plus. "

Des accusations que la majorité juge infondées et disproportionnées

Le directeur général des services, Clément Padre, a rappelé la chronologie du dossier : constitution progressive des demandes à partir d'avril 2025, instruction accélérée exigée afin d’engager les crédits avant la clôture budgétaire, puis signalement le 8 décembre dernier de la part des services de l'Etat de l’incohérence portant sur deux clichés seulement. Une correction a été transmise dès le lendemain, sans que les montants des travaux - établis par un maître d’œuvre - ne soient contestés par l’État, affirme le DGS.

Au total, il chiffre à 6 millions d'euros le montant des réparations liées directement au cyclone ou plus largement à la réhabilitation du stade, mis à mal précise-t-il par d'importantes infiltrations d'eau.

Sur le plan politique, l’affaire a toutefois rapidement pris de l’ampleur. L’opposition municipale, emmenée par Jean-Marie Virapoullé, a évoqué publiquement des "pratiques frauduleuses", annonçant son intention de saisir la justice. Des accusations que la majorité juge "infondées et disproportionnées".

Interrogée sur la date de transmission du courrier du préfet, daté du 18 décembre, la mairie informe avoir reçu ce dernier le 29 décembre, "en pleine période électorale". L'enquête administrative a été réalisée la semaine dernière. Pourquoi pas avant ? A-t-il fallu attendre que la polémique éclate ? L'avocat de la mairie rétorque au contraire que la commune a été "extrêmement diligente, le courrier est arrivé pendant les vacances de Noël. Au retour des congés, il a fallu mettre en place une méthodologie. Les délais ont été très courts : avoir les conclusions un mois après le courrier, c’est rare dans une collectivité."

Absence totale de fraude

Lire aussi : Subventions post-Garance : le préfet suspend deux dossiers de Saint-André et évoque des “anomalies manifestes”

Présent aux côtés du maire, l’avocat de la commune a insisté sur l’absence totale de fraude. Il a rappelé qu’"aucune subvention indue n’avait été perçue", qu’"aucun euro d’argent public n’avait été détourné" et que le dossier avait été corrigé dès le signalement de l’erreur par les services de l’État. Il a également souligné que la constitution des dossiers de subventions relève d’une délégation administrative et non d’une intervention directe du maire, et que l’enquête interne confirme une négligence isolée, sans intention frauduleuse.

Pour autant, Joé Bédier estime que l’ampleur médiatique donnée à cette affaire a porté atteinte à l’image de la collectivité et fragilisé les relations de confiance avec les services de l’État. En tant qu’autorité territoriale, il affirme assumer pleinement sa responsabilité et annonce l’engagement d’une procédure disciplinaire à l’encontre de l’agent mis en cause, conformément aux règles de la fonction publique.

Une procédure qui suivra un cadre contradictoire strict avant toute éventuelle sanction et qui sera diligentée par le Centre de gestion. Pour l'heure, l'agent ne fait pas l'objet d'une suspension.

Une plainte en diffamation contre Virapoullé

Lors de cette même conférence de presse, l’avocat de la commune, Robin Binsard, a indiqué avoir été mandaté pour engager une action judiciaire pour diffamation à l’encontre de Jean-Marie Virapoullé. Il a estimé que les accusations publiques de "fraude" et de "détournement d’argent public" portées sur les réseaux sociaux relevaient de propos "calomnieux" et "mensongers", tenus sans attendre les conclusions de l’enquête administrative. L’avocat a précisé que cette démarche était distincte de la procédure interne engagée par la mairie et visait à "faire cesser des accusations infondées" portant atteinte à l’honneur du maire et de la collectivité.

Etiquettes : Joé Bédier | Saint-André

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