Sécheresse : quatre nouvelles communes bientôt placées en alerte renforcée

Selon nos informations, face à l’aggravation de la sécheresse un nouvel arrêté préfectoral doit prochainement placer plusieurs communes supplémentaires en alerte renforcée et trois autres doivent passer en alerte alors que l’île entre dans le cœur de la saison sèche.
La situation continue de se dégrader sur le front de la sécheresse. Alors que les restrictions avaient été globalement maintenues à l’identique lors du précédent point de situation, le comité sécheresse réuni mercredi 8 juillet a proposé, selon nos informations, un nouveau renforcement du dispositif.
Un arrêté préfectoral doit prochainement traduire ces évolutions en nouvelles mesures de restriction. Bras-Panon, Saint-Benoît, Saint-Joseph et Saint-André devraient ainsi rejoindre Le Port et La Possession au niveau d’alerte renforcée.
Seuils de crise atteints dans les nappes phréathiques
Il s’agit d’une évolution importante par rapport à la situation communiquée par la préfecture vendredi 19 juin. À cette date, seules les eaux souterraines du Port et de La Possession étaient placées en alerte renforcée.
Pour Bras-Panon et Saint-Benoît, le renforcement doit concerner les eaux superficielles. Le compte rendu du comité sécheresse prévoit également le passage en alerte renforcée de Saint-Joseph et Saint-André.
Les indicateurs témoignent d’une situation particulièrement dégradée. Pour les eaux souterraines, les seuils de crise sont notamment atteints dans les nappes profondes du Port, de Champ-Borne et de La Plaine-des-Palmistes. Une tendance à la baisse est par ailleurs observée sur l’ensemble des stations suivies.
Des restrictions à la hausse en alerte renforcée
Pour rappel, face à des périodes d’insuffisance marquée de la ressource en eau, le préfet peut prendre des mesures exceptionnelles, graduelles et temporaires afin de limiter ou de suspendre certains usages non prioritaires de l’eau, aussi bien pour les particuliers que pour les professionnels.
Le dispositif comprend quatre niveaux de gravité (voir tableaux ci-joints) : la vigilance, qui vise à inciter particuliers et professionnels à économiser l’eau sans imposer de restriction ; l’alerte, qui entraîne une réduction des prélèvements et des restrictions notamment sur l’arrosage, le remplissage et la vidange des piscines, le lavage des véhicules ou encore l’irrigation ; l’alerte renforcée, qui durcit ces restrictions ; et enfin la crise, niveau le plus élevé, déclenché afin de préserver les usages prioritaires et qui peut conduire à l’interdiction de nombreux prélèvements.


Trois nouvelles communes en alerte
Le dispositif doit aussi évoluer pour Sainte-Marie, L’Entre-Deux et Salazie, qui devraient être placées en alerte pour leurs eaux superficielles. Ces trois communes ne figuraient pas parmi les territoires concernés par ce niveau dans le communiqué préfectoral du vendredi 19 juin.
Pour la plupart des autres communes, les restrictions doivent en revanche être maintenues à l’identique.
Ces évolutions interviennent alors que les tensions sur l’alimentation en eau potable se font déjà sentir dans plusieurs secteurs de l’île. À Saint-Joseph, des coupures nocturnes sont en place depuis le début du mois de mars dans les secteurs de La Crête et de Langevin. À Sainte-Marie, des difficultés ont entraîné des coupures temporaires à Espérance-les-Hauts. À Saint-André, des coupures nocturnes ponctuelles ont également été mises en œuvre début juillet, rappellent les membres du comité sécheresse.
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À La Plaine-des-Palmistes, les captages de Bras d’Annette et Bras Piton sont en difficulté. À Salazie, des tensions sont redoutées dans les prochaines semaines à Hell-Bourg et Mare à Vieille Place. À Saint-Benoît, le niveau des puits Leconardel commence également à baisser.
Dans l’Ouest, la situation reste tendue à La Possession, tandis que plusieurs secteurs de Saint-Paul sont placés sous surveillance. À Cilaos, plusieurs secteurs sont en difficulté et des coupures nocturnes sont en vigueur à Bras-Sec depuis le 18 juin.

Un déficit pluviométrique de 55 % depuis janvier
La conséquence d’une saison des pluies particulièrement sèche. Le bilan 2025-2026 affiche un déficit global de 45 %, ce qui en fait la deuxième saison des pluies la plus sèche depuis 54 ans.
Le mois de mai a enregistré 60 % de précipitations en moins par rapport aux normales. Juin est lui aussi resté déficitaire, avec un manque de pluie de 30 %. Depuis le début de l’année, le déficit pluviométrique atteint désormais 55 %, avec une situation qualifiée d’exceptionnelle notamment à Cilaos, Salazie, sur le volcan et dans le Nord-Est.
La situation des cours d’eau confirme cette dégradation. En juin, des records de faiblesse ont été observés sur neuf cours d’eau. Les indicateurs sécheresse ont atteint le seuil de crise sur les rivières Saint-Denis, des Roches et des Marsouins ainsi qu’au Bras Sainte-Suzanne à Grand Bassin. La rivière Langevin a, de son côté, franchi le seuil d’alerte.

Tout juste dans le cœur de la saison sèche
La situation est d’autant plus préoccupante que La Réunion entre à peine dans le cœur de la saison sèche, en juillet, août et septembre.
Et si les perspectives météorologiques laissent apparaître un faible signal en faveur de précipitations neutres à excédentaires au cours du prochain semestre, Météo-France rappelle que, même en cas de pluies supérieures aux normales pendant la saison sèche, les quantités reçues devraient rester insuffisantes pour résorber le déficit accumulé.
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Les cumuls de précipitations sont en effet, selon les régions, deux à cinq fois plus faibles pendant la saison sèche que pendant la saison des pluies. Le déficit record enregistré ces derniers mois risque donc de faire sentir ses effets tout au long de la saison sèche.
Un appel à la vigilance et aux économies d’eau
Face à cette situation, inédite par sa précocité - à l’image du Grand Étang, déjà à sec en juillet alors qu’il enregistre généralement ses plus fortes baisses en fin d’année -, les autorités renouvellent leur appel à la vigilance et à la mobilisation de tous pour économiser l’eau. Particuliers comme professionnels sont invités à éviter les usages non essentiels et à respecter les restrictions qui s’appliquent dans leur commune.
La préfecture appelle également les usagers à signaler les fuites constatées sur le réseau public et à réparer celles présentes sur les installations privées. Chacun est enfin invité à adopter au quotidien des écogestes permettant de limiter sa consommation d’eau.
« Chaque geste compte », insistent les autorités, alors que la sécheresse atteint des niveaux records à La Réunion.
Les niveaux proposés à l’issue du comité sécheresse du mercredi 8 juillet
- vigilance sur l’ensemble du territoire ;
- alerte pour : Bras-Panon, Saint-Benoît, Trois-Bassins, Saint-Leu, Saint-Paul (eaux souterraines pour ces 5 communes), Sainte-Suzanne, Salazie, Petite-Île, Saint-Pierre (eaux superficielles pour ces 4 communes), Saint-Denis, Sainte-Marie, Sainte-Suzanne, Cilaos, L’Entre-Deux, La Plaine-des-Palmistes, Le Tampon ;
- alerte renforcée pour : Le Port, La Possession (eaux souterraines pour ces deux communes), Bras-Panon, Saint-Benoît (eaux superficielles pour ces 2 communes), Saint-Joseph et Saint-André.


