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La Coupe du Monde des polémiques ? Ce qu'il faut retenir des six semaines de compétition

Ecrit par Thomas Laurent – le mardi 21 juillet 2026 à 16H54
© X / Équipe de France

Coup de sifflet final pour le plus gros évènement sportif de l’année, qui aura occupé une grande partie des vacances d’hiver. Commencée jeudi 11 juin, la Coupe du Monde a réuni pour la première fois de son histoire 48 équipes différentes, pour des matchs répartis entre trois pays : Les Etats-Unis, le Canada et le Mexique. Un élargissement de la compétition qui s’inscrit dans un contexte de développement de l’aspect sportif et financier, décidé par la FIFA. Mais qui a eu son lot de polémiques et d'aberrations...

Des révélations inattendues

Côté sportif tout d'abord. Cette édition a mis en lumière de nouveaux talents, jusque-là inconnus du grand public. Comment ne pas parler de l’équipe du Cap-Vert, qui a fait sensation en arrachant le nul face à l’Espagne, jusqu’à atteindre les huitièmes de finale pour la première fois de son histoire, avant de se faire éliminer par les futurs finalistes : l’Argentine. Le gardien de l’équipe, Vozhina, est devenu une star mondiale après ses excellentes performances, devenant le gardien le plus suivi du monde sur Instagram.

Le Paraguay a réussi à créer la surprise générale en éliminant l’Allemagne en huitième de finale, avant de se faire battre par la France le match suivant. Après un match où les joueurs sud-américains ont plusieurs fois été à la limite de l'antijeu.

Le Ghana a également marqué les esprits après avoir fait match nul contre l’Angleterre lors des phases de poule, ce qui leur a permis d’atteindre les huitièmes de finale pour la première fois.

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Enfin, la Norvège, portée par un Eerling Haaland au meilleur de sa forme et de son humour, a réussi à atteindre les quarts de finale pour la toute première fois de son histoire.

Un beau parcours tricolore

Et nos Bleus dans tout ça, donnés archi favoris de la compétition ? L’équipe de France aura réussi a atteindre les demi-finales dans cette compétition, pour la troisième fois de suite en autant d'éditions, au terme d’un parcours à saluer et de belles performances, malgré un match contre l’Espagne qui laissera un goût amer. On notera les performances XXL du défenseur Dayot Upamecano, les belles actions de Désiré Doué, Bradley Barcola et Oussmane Dembélé.

Côté record, Michael Olise surpasse les 6 passes décisives en une seule édition de Pelé, en offrant à ses coéquipiers la balle parfaite à 7 reprises. Kylian Mbappé devient officiellement le meilleur buteur de l’Histoire de la compétition, avec 22 buts, dépassant Lionel Messi. Rien que ça...

La fin d’une ère

Cette Coupe du Monde marque aussi un tournant pour de nombreux joueurs, qui ont tiré leur révérence à la suite de la compétition. Ce sont onze joueurs qui mettent un terme à leur carrière internationale : Neymar, Lionel Messi (même s'il ne l'a pas encore annoncé officiellement), Cristiano Ronaldo, Manuel Neuer, Guillermo Ochoa, Sadio Mané, Graig Gordon, Jean Michaël Seri, Marko Arnautovic, Enner Valencia, Nicolas Otamendi, Riyad Mahrez et Patrick Schick.

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Cette Coupe du monde aura également été la dernière de Didier Deschamps sur le banc de touche. Après une carrière fantastique à laquelle nous devons les deux étoiles présentes sur le maillot tricolore, notre DD national peut s’en aller la tête haute, après avoir fait rêver des millions de Français. C’est la légende Zinedine Zidane qui va lui succéder, en lui souhaitant évidemment le même succès que son prédécesseur.

Cette édition 2026 a été le théâtre de nombreuses polémiques, qui auront malheureusement fait couler beaucoup d’encre et terni l’image du sport.

Bienvenus aux Etats-Unis… ou pas

Moins joyeux, voire les grosses épines dans le pied, tous les "à côté". Les problèmes ont commencé avant même que le premier coup de sifflet ne soit donné. En effet, plusieurs équipes et membres du personnel des différents pays se sont vus injustement traités à leur arrivée sur le territoire américain : fouilles et interrogations à rallonge, allant même jusqu’à des interdictions d’entrer sur le territoire américain. On a connu plus chaleureux comme accueil...

Ce fut notamment le cas de l’arbitre somalien Omar Artan (accueilli par la suite au Canada), ou encore de la photographe officielle de Michael Olise, Florence Pernet. L’équipe iranienne a dû s’installer au Mexique, avec un temps limité sur le sol américain. Les refus de visas ont aussi visé les supporters des pays d’Afrique et du Golfe, tels que le Zimbabwe, l’Iran, Cuba, ou encore la Birmanie, autant de pays "blacklistés" par les autorités américaines.

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Le calvaire ne s’est pas arrêté aux frontières américaines. Une fois sur le territoire, les équipes ont pu découvrir leurs terrains d’entraînements, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils n’ont pas fait l’unanimité. Les Bleus, les Diables Rouges belges ou encore la Norvège se sont plaints à de multiples reprises de l’état des pelouses, celles des entraînements comme celles des stadiums officiels. A savoir très sèches.

L’équipe suisse, elle, s’est carrément retrouvée entourée d’une "zone à serpents",  un endroit où des randonneurs ont déjà été mordus par le passé. Pas de quoi aborder sereinement la compétition.

L’Argentine, la réputation du pire

Autre sujet fâcheux : peu après le coup d’envoi de la compétition, les accusations de favoritisme au bénéfice de l’Argentine sont vite apparues. Pourquoi ? L’équipe championne en titre a bénéficié d'un tirage au sort plutôt avantageux jusqu'en demi-finale, ce qui a évidemment fait grincer des dents de nombreux observateurs.

Les actions sur le terrain ont amplifié la polémique : selon plusieurs observateurs, beaucoup de fautes des joueurs argentins n’ont pas été sifflées. En tête, l'action et le tacle dangereux de Lionel Messi contre un joueur algérien lors des phases de poule auraient dû lui faire écoper d’un carton, d'une couleur plutôt foncée, ce qui n’a pas été fait par l’arbitre... On en passe.

D’autres décisions d’arbitrage ont été pointées du doigt "comme favorisant l’équipe de l’Albiceleste" : une frappe tirée avant le coup de sifflet sur un coup franc, agrémentée d’un penalty favorable aux Argentins à la fin du match contre le Cap-Vert qui, ce soir là, tenait un exploit retentissant.

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Le match contre l’Égypte a lui aussi fait couler beaucoup d’encre : plusieurs coups volontaires des Argentins n’ont pas été sifflés et, cerise sur le gâteau, les Pharaons ont vu un de leurs buts annulé à la suite d'une action contestable, alors que les Argentins n’ont pas été pénalisés pour une faute identique à la fin du match. Une réputation anti-sportive qui leur a collé à la peau jusqu'au terme de la compétition.

Mauvais gestes

L’équipe argentine a également provoqué la colère à la fin du match contre l’Angleterre. Les joueurs ont déployé une banderole "Les Malouines sont argentines" faisant écho à un différend de souveraineté entre l’Angleterre et l’Argentine, message politique pourtant interdit par la FIFA qui... a néanmoins ouvert une enquête.

Que dire de la finale, qui a mis l’Albiceleste face au mur de la Roja ? Dominés, les joueurs argentins ont vite perdu patience, le contrôle, et leurs nerfs, laissant une bien triste image du football. Enzo Fernandez a écopé d’un carton rouge après avoir percuté violemment Pau Cubarsi, avant que Lionel Messi ne fasse signe à l’arbitre Slavko Vincic de donner un carton rouge à Cucurella, sans raison apparente. Pire encore, une fois le coup de sifflet final, l’Argentin et ancien Parisien Leandro Paredes est venu agresser - c'est bien le mot adapté - deux joueurs espagnols.

Concentré de racisme décomplexé

La compétition a été marquée par de nombreux actes de racisme absolument intolérables. Encore une fois, les Argentins ont fait parler d'eux, pas en bien, puisque pour la première fois de l’histoire de la compétition, le manager égyptien Hossam Hassan a fait usage du signe dénonçant des actes racistes. En vain, rien n'a été sanctionné. La Fifa est restée bien silencieuse.

Le streamer américain Speed a également été la cible d’interpellations racistes en plein live de la part de supporters.... argentins. Des imitations de singe et des noms d'oiseaux se sont notamment succédés dans les tribunes.

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Toujours du côté de l'Amérique du Sud, évidemment... La plus grosse polémique reste celle causée par la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla, qui s’en est violemment prise à Kylian Mbappé sur X à la suite de la défaite de l’équipe paraguayenne face à la France. Qualifiant l’attaquant français "d’abruti", dont les "êtres les plus intelligents qu’il ait jamais entendus étaient des chimpanzés", ce comportement étrange de la sénatrice n’est qu’une autre preuve du racisme subi par les Bleus tout au long de la compétition.

La Fédération française de football, le gouvernement français et l’ONU ont vite exprimé leur soutien au capitaine des Bleus, condamnant fermement les propos de la paraguayenne. Elle est revenue à la charge après la défaite de la bande à Deschamps.

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Comme si ce n’était pas suffisant, l’ancien premier ministre espagnol Mariano Rajoy a parlé dans le journal en ligne El debate d’une équipe de France compétente, avant d’ajouter : "Cela dit, il n’y a pas de Français (dans cette équipe, NDLR)" . Des propos eux aussi condamnés par l’actuel premier ministre Pedro Sanchez, qui a déclaré "avoir tellement honte".

Le cas Trump

Donald Trump a lui aussi fait parler lors de cette Coupe du Monde, et pas pour les bonnes raisons.

Le président américain s’est en effet targué d’avoir appelé le président de la Fifa Gianni Infantino pour faire retirer le carton rouge du joueur américain Folarin Balogun avant le match USA-Belgique (remporté 4-1 par les Diables Rouges), une première depuis 1962. Ingérence caractérisée vous dites ?

Trump s’est aussi incrusté sur la photo victorieuse de l’Espagne après la finale, avant de se faire retirer des publications officielles de la sélection espagnole et de la Fifa.

Argent, quand tu fais loi

Grande nouveauté de cette édition 2026, les pauses fraîcheur, mises en place pour permettre aux joueurs et aux supporters de s’hydrater à cause des fortes chaleurs, auxquelles s’ajoute l’inédit show de la mi-temps de presque trente minutes, qui a fait le bonheur des annonceurs en plus d’allonger l’attente. Pour beaucoup, ces  mesures avaient pour seul but de diffuser plus de publicités.

Le prix des places a également beaucoup fait réagir : selon BFM, il fallait compter 500 euros minimum pour les matchs des Bleus, plus de 1.600 euros pour la sélection du Mexique. Les billets ont atteint des sommets vertigineux à la revente : un billet pour France-Norvège s’est vendu à 5.767 euros, un billet Espagne-Uruguay a été écoulé à 17.199 euros. Les prix pour la finale se sont révélés exorbitants : de 800 à 9.600 euros à la vente, et plus de 32.970 dollars à la revente (L’Equipe).

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Des montants qui font grincer des dents, alors même que la Fifa enregistre des revenus records de 15 milliards de dollars de recettes, soit deux fois plus que pour la Coupe du Monde au Qatar en 2022, selon Foot Mercato.

Le mot de la fin

Alors que retenir de cette Coupe du Monde 2026 ? Le commentateur Suisse David Lemos s’est exprimé dans une longue tirade saluée sur les réseaux sociaux. Il y qualifie cette édition de "Coupe du Monde la plus mercantile de l’histoire, l’une des plus politisée aussi […] nous n’oublierons pas, même si les stades étaient pleins, les prix qu’ont dû payer des personnes qui n’ont pas des moyens considérables".

Si les chiffres sont excellents, cette Coupe du Monde n’est-elle pas allée à l’encontre des valeurs même du football, voire du sport en général ? On espère que le sport sera remis au centre de la compétition pour la prochaine édition, qui se tiendra entre le Maroc, l’Espagne et le Portugal en 2030. Pour la dimension écologique, là encore, on repassera...

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