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A Saint-Louis, deux arboristes ont grimpé dans un arbre pour empêcher son abattage

Ecrit par P.B. – le mardi 21 juillet 2026 à 10H58
Photos DR

Deux arboristes/élagueurs ont entamé, lundi soir 20 juillet, une action symbolique au niveau du pont de Trois-Rivières, à Saint-Louis. Opposés à l'abattage de plusieurs arbres dans le cadre du chantier des Trois Ravines à Saint-Louis, ils réclament la suspension de la coupe et l'ouverture d'un dialogue sur la préservation des arbres remarquables.

À l'origine de cette mobilisation, Jérôme Rivière et Patrick Marbois dénoncent la disparition d'arbres. Les militants ont identifiés plusieurs spécimens, dont des Albizia saman, des tamariniers et des Pithecellobium dulce, actuellement abattus dans le cadre du chantier.

Lire aussi : Attendu depuis des années, ce chantier à 25 millions d'euros démarre enfin à Saint-Louis

Les deux hommes ont choisi de grimper dans l'un des arbres encore debout afin d'attirer l'attention de la population et des pouvoirs publics. "Ce geste n'est pas un coup d'éclat gratuit. C'est un acte de dernier recours, quand le dialogue et les alertes n'ont pas suffi à faire suspendre une décision qui, une fois exécutée, sera irréversible", expliquent-ils.

Un appel à suspendre les abattages

Les deux arboristes demandent un moratoire sur les abattages liés à ce chantier. "À l'instar du maire de Saint-Leu, nous demandons la suspension de tout abattage afin de préserver notre environnement, de dialoguer, et de construire en concertation la ville de demain", écrivent-ils dans un communiqué.

Jérôme Rivière et Patrick Marbois replacent leur action dans le contexte du changement climatique. " La solution est là, devant nous, depuis toujours. Elle ne coûte pas des millions. Elle ne nécessite pas de nouvelle technologie. Elle pousse depuis parfois plus de cent ans dans nos cours, le long de nos routes, au bord de nos rivières. Ce sont nos arbres."

Au-delà de leurs fonctions écologiques, les deux hommes rappellent également la dimension patrimoniale et affective de ces arbres, témoins de plusieurs générations de Réunionnais.

Associer davantage les spécialistes du vivant

Sans remettre en cause les projets d'aménagement, les deux professionnels estiment que les solutions permettant de conserver les arbres devraient être étudiées plus systématiquement avant toute décision d'abattage.

Ils demandent notamment que les élagueurs, arboristes et experts du vivant soient davantage associés aux projets, que "les critères justifiant l'abattage d'arbres remarquables soient rendus publics" et que les alternatives de préservation soient étudiées en amont. "Lorsqu'un arbre centenaire disparaît, ce n'est pas seulement du bois que l'on perd. C'est un patrimoine vivant qui ne sera pas remplacé de notre vivant, ni de celui de nos enfants."

La Ville et le Département défendent un projet "largement concerté"

Dans un communiqué commun, la Ville de Saint-Louis et le Département rappellent que le chantier des Trois Ravines répond à un objectif de sécurité publique, après des années de submersions des radiers et le décès d'une personne sur le site en 2024. Les deux collectivités soulignent que le projet a fait l'objet d'une étude d'impact, d'une enquête publique conclue par un avis favorable et de l'ensemble des autorisations environnementales requises.

Au total, vingt arbres doivent être abattus. En contrepartie, près de 2 000 végétaux seront replantés, dont 350 arbres de haute tige, 30 palmiers, 620 arbustes et 950 plantes vivaces, précise la maire Juliana M'Doihoma. Elle précise également que le seul arbre centenaire recensé sur le site est un manguier situé à proximité du radier principal qui sera conservé, conformément à l'arrêté préfectoral. Quant à l'arbre trentenaire occupé par les manifestants, il s'agit d'un Bois noir, une espèce exotique, tient-elle à rappeler. "La transplantation de plusieurs grands sujets remarquables a été étudiée. Certains d’entre eux, analysé comme porteur de bonnes chances de reprise, feront l’objet d’une tentative de transplantation, notamment le tamarinier des bas situé sur l’espace vert à l’intersection de la rue Général de gaulle et du chemin maison rouge. Ce n’est toutefois pas le cas du bois noir objet de la contestation, ses chances de reprise ayant été estimées très faibles".

La maire de Saint-Louis, Juliana M'Doihoma, assure comprendre "l'émotion que suscite la chute d'un grand arbre", tout en rappelant les enjeux du projet. "Je ne peux pas oublier les familles évacuées, les enfants bloqués sur le chemin de l'école, les automobilistes coincés dans un coma circulatoire et cette vie emportée en 2024. Vingt arbres tombent, près de deux mille végétaux seront plantés, et le manguier centenaire restera debout. Nous n'avons pas choisi entre les arbres et les gens : nous avons choisi de sauver les deux. "

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