À 28 ans, Aldrick Moimbe veut incarner la "nouvelle vague" à Salazie

Àgé de 28 ans, Aldrick Moimbe, chef d’entreprise originaire de Salazie, se lance dans la course aux municipales. À la tête d’une société d’espaces verts et d’un salon de beauté, il veut incarner le “changement” dans la commune.
Né et scolarisé à Salazie, Aldrick Moimbe explique avoir dû partir pour la suite de ses études, faute de lycée sur place. Après un bac scientifique, il entame un parcours universitaire au Tampon, qu’il interrompt rapidement : “Ça ne m’a pas plu”, dit-il, avant de se tourner vers l’entrepreneuriat.
Il n’a que 18 ans lorsqu’il crée sa première entreprise. Aujourd’hui, il dirige une société d’espaces verts qui intervient “partout sur l’île” et gère également un salon de beauté à Saint-Clotilde. Ses deux structures emploient une dizaine de salariés.
Une liste à la fois jeune et “expérimentée”
Déjà tenté par un engagement politique il y a six ans, il avait fait marche arrière à l’époque, estimant qu’à 22 ans “personne ne le prendrait au sérieux”. Il avait alors rejoint la liste conduite par Éric Éclapier (il était en 15e position). Une expérience dont il dit être ressorti “un peu déçu”, jugeant que ce dernier n’a pas “joué son rôle d’opposant”.
Six ans plus tard, il affiche la même envie de “faire quelque chose pour ma commune”. Il critique la longévité de responsables locaux, en place “depuis 25 ans”, et martèle : “Il faut tourner la page.” Pour autant, il assure rechercher une équipe équilibrée : “Il n’y aura pas que des jeunes sur ma liste”, dit-il, évoquant une composition “moitié jeune et moitié expérimentée”, avec des profils “de tous les métiers”, issus de tous les quartiers et “qui n’ont pas besoin de la mairie” pour vivre.
Selon lui, il s’agira, pour la majorité voire l’ensemble des colistiers, d’une première expérience électorale.
“Briser les cercles” et lutter contre le “copinage”
Le candidat insiste sur ce qu’il appelle des “cercles” et des “habitudes” qui freineraient la commune. Il dénonce des logiques de “favoritisme” et de “copinage”, illustrant son propos par des exemples de candidatures ou d’attributions qu’il juge trop proches des réseaux municipaux.
Dans cette campagne, Aldrick Moimbe dit vouloir miser sur une communication régulière : chaque vendredi, il présente sur sa page une nouvelle proposition.
Parcs, loisirs, vie du soir : améliorer le “bien-vivre”
Parmi ses axes, il cite d’abord le “bien-vivre” à Salazie. Il décrit le quotidien de nombreux habitants qui travaillent parfois “loin” du cirque, avec des retours tardifs et de longs trajets. Selon lui, une fois rentrés, difficile de trouver une idée de sortie ou d’activité, en dehors des sentiers, faute d’équipements de loisirs suffisants.
Il propose notamment d’aménager des “terrains abandonnés” dans tous les quartiers pour créer des “parcs urbains” attractifs, appelés à devenir des espaces de rencontre, de détente et de divertissement : plantations, parcours, kiosques, lieux de concerts, espaces de restauration. Des lieux de rassemblement à la fois pour les habitants et pour les visiteurs.
Il estime également nécessaire de relancer l’activité économique en soirée, en favorisant l’installation de nouveaux commerces et points de restauration, en partant du constat qu’“à partir de 18h, il n’y a plus rien pour manger”.

Coworking, télétravail : travailler sans quitter le cirque
Autre proposition : créer un centre de formation à Salazie, d’abord orienté vers l’agriculture, puis ouvert à d’autres métiers. Le candidat souligne que, pour certains parcours, les habitants sont contraints de se former loin (Saint-Joseph, Saint-Paul, Saint-Benoît), ce qui implique de “quitter la famille” et le village. Il estime qu’un centre sur place pourrait limiter les décrochages et faciliter l’accès aux diplômes nécessaires pour obtenir des aides et structurer l’activité.
Il évoque aussi l’ouverture d’un espace de coworking, qui intégrerait des modules de formation liés aux “nouveaux métiers” (communication, création de contenus, usages numériques) et un volet télétravail, avec l’objectif de réduire les déplacements, notamment pour ceux qui travaillent à Saint-André ou Saint-Denis. L’idée : proposer un lieu “sécurisé”, équipé, pouvant servir d’argument auprès des employeurs.
Sur l’eau : “mettre la pression”
Sur la question de l’eau, Aldrick Moimbe affirme vouloir rester prudent : selon lui, le sujet ne dépend pas directement de la commune. Il dit toutefois vouloir “mettre la pression” sur les autorités et les acteurs compétents, dont la Cirest, pour “accélérer les réalisations”.
Pas d'union en cas de second tour
Il affirme qu’en cas de qualification au second tour — s’il y en a un —, il maintiendra sa liste et n’envisagera pas d’union avec d’autres candidats. Il justifie cette position en estimant que ses adversaires sont tous des “enfants de Stéphane Fouassin, c’est la même famille”. Il considère Thierry De Gerus comme un candidat “extérieur” à Salazie.
“Donner une chance à chacun”
Interrogé sur la question de l’âge, Aldrick Moimbe ne voit pas ce dernier comme un handicap, au contraire. Il rappelle que deux figures politiques réunionnaises ont débuté “très jeunes” leur carrière, citant Paul Vergès et Jean-Paul Virapoullé, sans vouloir se comparer à eux.
Pour lui, l’enjeu est surtout de “donner une chance à chacun" et d’installer une “nouvelle dynamique” à Salazie.


