Saint-Benoît : Selly promet la baisse de la taxe foncière et la gratuité des effets scolaires

Devant plus de 800 personnes – plus de 1 000 selon l’organisation – le maire sortant a officiellement déclaré sa candidature ce dimanche aux Orangers. Le candidat et ses soutiens ont dressé le bilan de la mandature et tapé fort sur leurs adversaires politiques, Jean-Hugues Ratenon en tête, « maldiseur au quotidien ». De nombreuses annonces ont été faites, notamment la gratuité des effets scolaires ou la baisse progressive de la taxe foncière.
Comme il l’avait fait il y a quelques mois devant les militants de son parti Banian, c’est au domaine de Bellerive, aux Orangers, que le maire sortant a réuni ses troupes ce dimanche, avec comme jauge à battre les plus de 600 personnes présentes au meeting de Jean-Hugues Ratenon au circuit Félix Guichard.
Un score battu selon l’équipe du candidat, qui chiffre à plus de 1 000 le nombre de personnes présentes. Selon le propriétaire, 800 chaises avaient été installées. La salle était en tout cas comble et chauffée à blanc.
Pour faire monter l’ambiance, plusieurs soutiens du candidat ont pris la parole, dont la présidente du club du troisième âge des Hibiscus, Isabelle Jacquemar, l'influenceur Willy Cochard, récemment récompensé du trophée « Most inspiring influencer Indian Ocean », ou encore un ancien élu de Jean-Claude Fruteau, Henri Foudrain : « Patrice Selly a l’ADN des grands hommes politiques et une chance pour Saint-Benoît », a lancé ce dernier. La présidente de l’Afect, Rolande Cazal, a également apporté son soutien au maire sortant.

Ratenon cible du jour
Le président de la Chambre d’agriculture et Bénédictin, Olivier Fontaine, avait aussi fait le déplacement, à « titre citoyen », a-t-il confié à la presse, ainsi que le DGS de Sainte-Suzanne et toujours élu à Saint-Benoît, Hans Dijoux (passé de l’équipe de Sabrina Ramin à la majorité). Pas de présence d’élus de la plateforme d’Ericka Bareigts, un choix assumé par le candidat qui souhaitait ne réunir « que des Bénédictins » pour lancer sa campagne.
Au tour de la garde rapprochée de Patrice Selly de prendre la parole, en commençant par le premier adjoint, Ridwane Issa : « Banian est la première force politique de Saint-Benoît ! Nous avons récupéré une ville morte et aujourd’hui Saint-Benoît compte parmi les principales villes. Saint-Benoît, tout le monde en parle aujourd’hui en bien, Saint-Benoît est redevenue la capitale de l’Est », clame l’élu.
Les premières salves contre Jean-Hugues Ratenon sont lancées : « Quand j'entends les adversaires dire “lé pas bon”, depuis quand ça le pas bon est un programme ? Nous, on a un bilan concret. Nous n’avons pas compté nos heures pour redresser les finances alors que la ville avait 19 millions d’euros de déficit ».
La conseillère régionale Anne Chane-Kaye-Bone enchaîne : « Pouvez-vous citer une mesure pour le pouvoir d’achat du député Jean-Hugues Ratenon ? Non. Avec nous, la cantine scolaire coûtait entre 200 et 400 euros par an ; grâce à Patrice Selly, c’est entre 2 et 12 euros aujourd’hui. C’est ça, une mesure pour le pouvoir d’achat ! »
Les oreilles de Jean-Hugues Ratenon se remettent à siffler : « Voilà quelqu’un qui a toujours vécu au crochet de l’État, un million d’euros d’indemnités sur dix ans, sans oublier ses coupettes en classe business (...) Quelqu’un qui surfe sur la misère des gens (...) On n’a pas besoin de maldiseurs au quotidien ».

Tirs groupés sur les autres candidats
Augustin Cazal tire à son tour à boulets rouges : « Ici, il n’y a pas de tonton Maillot, pas de Mme Bello ou de Perceval. Ici, il n’y a pas d’entourage régional. Ce n’est pas le moment pour ça, et pour ça, nous serons au rendez-vous ». À son tour, il tacle un « pseudo-candidat venu d’ailleurs, qui voit des boules blanches sur la quatre voies de Sainte-Suzanne (...) Un délinquant de la route condamné pour ça ».
Les autres candidats ne sont pas oubliés : « Sabrina Ramin, pendant cinq ans ou la remarqué qu’il y avait eu trois cyclones, le Covid... ou ça ou l’était quand il fallait donner de l’eau ? Nout maire, Patrice Selly, était là. Un autre, en 2020, avait Saint-Benoît dans le cœur. Après, il a carrément disparu pour revenir en 2025 », lance le conseiller départemental à l’adresse de Patrick Dalleau.
Philippe Admeth enfonce le clou : « Il est parti au pays des laves pendant cinq ans. Après avoir creusé un trou de 19 millions d’euros ici, ce n’était pas suffisant : il en a creusé un autre à Sainte-Rose ! »

“Rien ne m’a été épargné”
Vient enfin le moment pour Patrice Selly de prendre la parole. Celui qui avait été élu en 2020 avec 43,95 % des suffrages annonce officiellement sa candidature, sous un tonnerre d’applaudissements.
« Depuis 2022, j’ai été la cible d’attaques personnelles. Rien ne m'a épargné, mais vos encouragements, le soutien de mon équipe, vos sollicitations m’ont donné la force de continuer », lance-t-il.

“La vie est revenue à Saint-Benoît”
Le maire sortant passe rapidement à son bilan : « En 2020, la situation était catastrophique et je pèse mes mots. Nous étions au bord de la tutelle, les services publics étaient menacés, les investissements gelés, l’avenir bouché. On aurait pu choisir d'augmenter les impôts, mais ils n’ont pas augmenté d’un centime en cinq ans ».
Il chiffre à 105,6 millions d’euros le budget voté cette année, dont 30 millions d’euros d'investissement, en hausse de 30 %, avec un excédent de 4,3 millions d’euros : « Voilà ce qu’est une gestion rigoureuse et sincère, sans licencier personne (...) La vie est revenue à Saint-Benoît”.
Il pointe une « multiplication par sept de la subvention au CCAS, qui atteint 1,5 million d’euros aujourd’hui » et cite entre autres la création du centre social Tantine Zaza à Bras-Fusil, la création de 74 entreprises et 700 emplois, la reprise du chantier de l’école Denise Salaï, la création de l’esplanade du front de mer ou encore deux millions d’euros investis dans les écoles.
Côté infrastructures, il annonce le démarrage du chantier de la piscine de Sainte-Anne en fin d’année pour 9 millions d’euros, la poursuite de celui du TCSP, le lancement des travaux de l’ANU rive droite, le prolongement de la 2x2 voies ou la réfection de l’éclairage public pour 1,4 million d’euros.

Taxe foncière, effets scolaires… Des annonces fortes
Le candidat a également fait plusieurs annonces fortes concernant son projet. L’une des principales : « Après la cantine quasi gratuite, durant le second mandat, ce seront les effets scolaires offerts à toutes les familles bénédictines ».
Une mesure estimée à environ 500 000 euros pour 5 000 enfants. Il souhaite également généraliser le port de l’uniforme dans les écoles.
Il met en avant une « solidité financière retrouvée », qui lui permet selon lui d’annoncer une baisse de la taxe foncière de 2 % d’ici à 2032, « une promesse que je vous fais solennellement ».
Autre proposition : la création d’un budget participatif dans chaque quartier, avec des aides chiffrées entre 10 000 et 15 000 euros, « pour que chacun d’entre vous puisse s’impliquer dans les choix qui façonnent l’avenir de notre commune ».
Le candidat annonce également la construction d’un port de pêche en partenariat avec la Cirest, d’un marché de gros et s’engage à construire plus de 1 500 logements (dont 1 000 kaz à tér), « dont une majorité sera dédiée aux classes moyennes et à l’accession à la propriété du logement social ».
Côté sécurité, il veut que « les fauteurs de trouble soient expulsés de leur logement. Parce qu’il n’est pas normal que ceux qui respectent les règles subissent pendant que ceux qui les bafouent restent. Et je demanderai l’interdiction de séjour à Saint-Benoît pour les délinquants condamnés ! »
Avec « la fierté du chemin parcouru et la détermination d’aller encore plus loin », Patrice Selly est officiellement en campagne.


