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Enjeux environnementaux et écologiques : comment un immense sanctuaire marin grand comme deux fois la France conforte le rôle des TAAF

Ecrit par L-H.T – le mardi 16 juin 2026 à 19H04

L'annonce est passée presque inaperçue. Pourtant, elle concerne l'un des plus vastes espaces marins français. À l'occasion de la Journée mondiale des océans, l'État a renforcé la protection des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), portant à plus de 1,36 million de km² la superficie de leurs eaux bénéficiant d'une protection forte. Une décision qui conforte le rôle des TAAF, administrées depuis La Réunion, comme laboratoire mondial de la préservation des océans.

On parle souvent de la forêt amazonienne comme du grand poumon de la planète. Beaucoup moins des immensités marines qui s'étendent au sud de La Réunion.

Pourtant, dans ces eaux froides où croisent baleines, albatros, manchots royaux et légines australes, se joue une partie essentielle de la biodiversité mondiale. C'est là, au cœur des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF), que l'État vient de franchir une nouvelle étape dans la protection des océans.

900.000 km² d'espaces maritimes supplémentaires

À l'occasion de la Journée mondiale des océans, près de 900.000 km² d'espaces maritimes supplémentaires ont obtenu le label de zone de protection forte (ZPF) au sein de la réserve naturelle nationale des TAAF. Désormais, plus de 1,36 million de km² bénéficient de ce niveau de protection, l'un des plus élevés prévus par la Stratégie nationale des aires protégées.

À l'échelle française, la superficie est vertigineuse.

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Elle représente plus de deux fois la taille de la France métropolitaine. Et pourtant, ces espaces restent largement méconnus du grand public. Ils se situent principalement dans les grands fonds marins, à plus de 2.500 mètres de profondeur, autour des archipels des Crozet, de Kerguelen, de Saint-Paul et Amsterdam.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser l'expression "protection forte", cette labellisation ne signifie pas une fermeture totale des espaces concernés.

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Le communiqué précise qu'elle "n'entraîne pas de durcissement des règles actuellement applicables aux activités autorisées au sein de la réserve naturelle nationale". Elle reconnaît surtout la qualité de la gestion déjà mise en œuvre et la valeur écologique exceptionnelle de ces zones.

Car les TAAF sont devenues, au fil des années, un immense terrain d'observation scientifique.

Les programmes de recherche qui y sont menés permettent "d'améliorer la connaissance des écosystèmes marins profonds et d'adapter les mesures de gestion et de conservation aux enjeux environnementaux identifiés", souligne l'administration.

Cette reconnaissance n'est d'ailleurs qu'une étape.

Principal atout maritime

Les TAAF indiquent que les travaux scientifiques vont se poursuivre afin d'évaluer d'autres secteurs susceptibles d'obtenir, à leur tour, ce label de protection, notamment dans la zone économique exclusive de Crozet, "en concertation avec les acteurs concernés".

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L'administration rappelle également que préservation et activité économique ne sont pas incompatibles. La pêche professionnelle, notamment celle de la légine australe, continue d'être pratiquée dans le respect des objectifs de gestion de la réserve naturelle, conciliant protection de la biodiversité et exploitation durable des ressources.

Souvent perçues comme un territoire lointain, les TAAF constituent pourtant l'un des principaux atouts maritimes de la France. Avec une zone économique exclusive de 2,3 millions de km², elles contribuent largement à faire de la France la deuxième puissance maritime mondiale.

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