Malgré Garance, le SYDNE reste dans le vert et relance un marché à 29 millions d'euros

Finances, traitement des déchets et avenir des installations de stockage : plusieurs dossiers stratégiques étaient à l'ordre du jour du conseil syndical du SYDNE. Les élus ont validé les comptes 2025 du syndicat, marqués par un excédent de 905.000 euros, et ont pris connaissance d'un futur marché transitoire de 29 millions d'euros destiné à garantir la continuité du service à partir du mois d'août.
Réunis en conseil syndical ce lundi, les élus du Syndicat mixte de traitement des déchets du Nord et de l'Est de La Réunion (SYDNE) ont adopté le compte financier unique (CFU) de l'exercice 2025. Ce document, qui remplace désormais le compte administratif et le compte de gestion, dresse le bilan de l'exécution budgétaire et financière de la collectivité. Malgré un contexte marqué par les conséquences du cyclone Garance, le syndicat affiche une situation financière jugée solide. Le résultat global de clôture s'établit à 905.287 euros d'excédent, avant prise en compte des restes à réaliser, et à 681.600 euros après leur intégration.
Le CFU fait apparaître un niveau d'exécution budgétaire particulièrement élevé. Les dépenses de fonctionnement atteignent 41,9 millions d'euros, soit un taux de réalisation de 99,6 %, tandis que les dépenses d'investissement s'élèvent à 1,9 million d'euros, correspondant à un taux de réalisation de 73,7 %. Au total, le taux global de réalisation des dépenses approche les 98 %.
L'impact du cyclone Garance pèse sur les comptes
Les comptes 2025 ont toutefois été marqués par une charge exceptionnelle estimée à près de 4 millions d'euros. Cette dépense supplémentaire est directement liée au traitement des déchets verts et des encombrants générés par le passage du cyclone Garance.
La section de fonctionnement présente ainsi un déficit annuel de 2,18 millions d'euros. Celui-ci a néanmoins été absorbé grâce aux excédents des exercices précédents, permettant de dégager un résultat de clôture positif de 266.273 euros.
Même constat pour la section d'investissement, qui affiche un déficit de 107.212 euros compensé par les résultats reportés des années antérieures, conduisant à un excédent final de 639.014 euros.
Pour le SYDNE, ce résultat confirme "une gestion rigoureuse des crédits" ainsi que la sincérité des prévisions budgétaires, tout en préservant les capacités d'action futures du syndicat.
Les élus invités à visiter les installations du SYDNE
À l'issue de la séance, le président du SYDNE, Alexandre Laï-Kane-Cheong, a annoncé l'organisation prochaine de visites de l'ensemble des équipements gérés par le syndicat. Prévues avant la mi-juillet, ces visites concerneront notamment les installations d'Inovest, le centre de tri et les plateformes de déchets verts.
"Les déchets sont souvent perçus comme un sujet lointain. Nous souhaitons que les élus puissent mieux comprendre le fonctionnement des équipements afin de s'impliquer davantage dans les travaux de sensibilisation et dans les réflexions à venir", a expliqué le président.
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Cette démarche s'inscrit dans une réflexion plus large sur l'avenir de la gestion des déchets à La Réunion. Le SYDNE prévoit ainsi d'engager prochainement une série de rencontres avec les services de l'État, la Région, le syndicat Ileva ainsi que plusieurs acteurs industriels du secteur.
Un nouveau marché stratégique avec INOVEST pour le traitement des déchets
Autre annonce importante de ce conseil syndical : le lancement prochain d'un marché transitoire d'un an, estimé à 29 millions d'euros, pour assurer la continuité du service de gestion des déchets ménagers sur le territoire du Nord-Est.
Une commission d'appel d'offres devrait être réunie rapidement afin d'examiner ce dossier stratégique, l'actuel marché avec INOVEST arrivant à échéance au mois d'août.
Le SYDNE entend ainsi sécuriser la continuité du service tout en poursuivant les réflexions sur les solutions de traitement et de valorisation à plus long terme.
Bel-Air : une prolongation semble inévitable
Interrogé sur l'avenir de l'installation de stockage des déchets non dangereux (ISDND) de Bel-Air à Sainte-Suzanne, Alexandre Laï-Kane-Cheong a confirmé que le site disposait encore d'une capacité d'exploitation à court terme.
Selon lui, les capacités actuelles permettraient de poursuivre l'activité "jusqu'en 2028 ou 2029" grâce aux aménagements déjà envisagés.
Le président du SYDNE souligne toutefois que l'avenir du site dépendra fortement de la mise en place de solutions alternatives, notamment autour de la valorisation des combustibles solides de récupération (CSR). "Si nous ne trouvons pas demain de solution pour les déchets ultimes, le centre de Bel-Air sera obligé d'encaisser encore pendant un temps", a-t-il indiqué.
Le syndicat souhaite désormais travailler de concert avec Ileva afin d'étudier les possibilités de mutualisation des équipements et des futures solutions de traitement à l'échelle de La Réunion.
Face à la saturation progressive des installations existantes et aux exigences réglementaires de réduction de l'enfouissement, le SYDNE entend accélérer les discussions avec l'ensemble des acteurs concernés "pour définir une stratégie durable de gestion des déchets sur l'île", conclut Alexandre Laï-Kane-Cheong.


