"Il y a des alternatives au tout enfouissement" : Alexandre Laï-Kane-Cheong veut changer de cap au SYDNE

À peine élu président du SYDNE, Alexandre Laï-Kane-Cheong affirme qu'il veut rompre avec le “tout enfouissement” et défendre des alternatives au traitement des déchets à La Réunion.
Alexandre Laï-Kane-Cheong a donné le ton de sa mandature. Devant les élus du comité syndical, le nouveau président du SYDNE a défendu ce jeudi une nouvelle approche de la gestion des déchets, appelant à sortir du “tout enfouissement” pour construire des modèles alternatifs à l’échelle du Nord-Est de La Réunion.
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Le maire de Sainte-Suzanne sera épaulé par Patrice Selly, élu 1er vice-président, Céline Sitouze, désignée 2e vice-présidente, ainsi que Joé Bédier, élu 3e vice-président du syndicat mixte. Le nouveau président du SYDNE a plaidé pour “un changement de paradigme” sur un sujet devenu l’un des principaux défis environnementaux des collectivités réunionnaises.
"Ne plus considérer le déchet comme une contrainte"
Pour Alexandre Laï-Kane-Cheong, la gestion des déchets ne peut plus être pensée uniquement sous l’angle de l’enfouissement et des contraintes foncières.
“Il s’agit pour nous de ne plus considérer le déchet comme une contrainte, mais comme une opportunité ou une valeur additionnelle de notre territoire”, a-t-il affirmé devant les élus.
Le nouveau président du syndicat mixte souhaite ainsi replacer le recyclage, la valorisation et l’innovation au cœur de la stratégie déchets du Nord-Est.
“Il y a des alternatives au tout enfouissement”, a insisté l’élu, estimant que les collectivités doivent désormais “changer de paradigme” dans leur manière d’aborder la question des déchets. Un message qui intervient alors que le dossier de la future installation de stockage des déchets ultimes (ISDU) continue de susciter de fortes tensions politiques dans le Nord-Est.
Une critique implicite du modèle actuel
Sans jamais remettre frontalement en cause les choix de ses prédécesseurs, Alexandre Laï-Kane-Cheong a clairement marqué sa volonté de prendre ses distances avec une logique centrée sur l’enfouissement.
Le président du SYDNE a notamment refusé de réduire le débat public à une simple bataille territoriale autour de l’emplacement de la future ISDU. “Il n’y a pas que la question de la patate chaude qui serait renvoyée à Sainte-Marie, à Sainte-Suzanne, à Saint-Benoît ou ailleurs”, a-t-il déclaré.
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Sous la précédente gouvernance, le SYDNE avait retenu le site de Beaufond, dans les hauteurs de Sainte-Marie, pour accueillir la future infrastructure. Une décision contestée par plusieurs élus, dont Céline Sitouze, Patrice Selly ou encore Alexandre Laï-Kane-Cheong lui-même.

Faire du Nord-Est un territoire pilote
Au-delà de la seule question des déchets, le maire de Sainte-Suzanne a également défendu une vision plus large du rôle du SYDNE dans l’aménagement du territoire. Le nouvel élu souhaite inscrire sa gouvernance dans une logique “unitaire” entre le Nord et l’Est de l’île, qu’il considère comme un espace cohérent appelé à travailler ensemble sur les grands enjeux environnementaux. “L’unité du territoire Grand Nord-Est, bref une moitié de La Réunion”, a-t-il ainsi lancé devant les nouveaux élus.
Alexandre Laï-Kane-Cheong ambitionne désormais de faire du Nord-Est un laboratoire de solutions innovantes en matière de traitement et de valorisation des déchets. “Je veux être le président qui fera du Nord-Est le territoire qui proposera les modèles alternatifs”, a-t-il assuré.
Des discussions à venir avec ILEVA et l’État
Le président du SYDNE a également évoqué la nécessité de travailler avec l’ensemble des acteurs du secteur, notamment les industriels, les services de l’État et Ileva.
Des échanges pourraient ainsi être engagés autour de solutions transitoires ou de coopérations renforcées entre les deux syndicats mixtes chargés du traitement des déchets à La Réunion. Face à la saturation progressive des capacités d’enfouissement, Alexandre Laï-Kane-Cheong estime que le territoire doit désormais “se réinventer”.
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“Pourquoi en 2026 nous ne serions plus capables de nous réinventer ?”, a interrogé le nouveau président du SYDNE, promettant de porter des solutions “partageables avec toute La Réunion”.


