États-Unis-Iran : les frappes s’intensifient, le détroit d’Ormuz sous tension

La confrontation entre Washington et Téhéran s’est aggravée lundi avec une deuxième journée consécutive de frappes américaines contre l’Iran. Les États-Unis affirment avoir ciblé "des dizaines de cibles" pour réduire les capacités militaires iraniennes dans le détroit d’Ormuz, tandis que Téhéran revendique des attaques contre plusieurs bases utilisées par l’armée américaine dans le Golfe.
Cette nouvelle escalade fait peser une menace sur le commerce mondial. La décision annoncée par l’Iran de fermer une nouvelle fois le détroit d’Ormuz, par lequel transite habituellement près d’un cinquième du pétrole mondial, a provoqué une hausse immédiate des cours du brut.
Les opérations américaines ont commencé peu après minuit, heure locale, avant de s’achever quelques heures plus tard. Selon le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les frappes ont visé des systèmes de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités liées aux missiles et aux drones ainsi que des embarcations iraniennes.
Washington affirme vouloir empêcher Téhéran de s’en prendre aux navires commerciaux et aux équipages civils circulant dans cette voie maritime stratégique. Les États-Unis accusent notamment l’Iran d’avoir attaqué durant le week-end le porte-conteneurs GFS Galaxy, battant pavillon chypriote. Vingt-trois membres d’équipage ont été secourus par Oman, tandis qu’une personne reste portée disparue.
En Iran, une frappe américaine à Mahchahr, dans le sud-ouest du pays, a fait au moins un mort et quatre blessés, selon un responsable local cité par l’agence officielle Irna. Dimanche, une autre attaque sur l’île de Farur avait déjà fait un mort et deux blessés.
Riposte iranienne contre des positions américaines
Téhéran a fermement condamné les bombardements américains, accusant Washington d’avoir compromis les efforts diplomatiques engagés ces derniers mois. En réponse, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir frappé plusieurs installations militaires américaines en Jordanie, au Bahreïn et au Koweït.
Selon l’agence Irna, les bases aériennes Prince Hassan en Jordanie, Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber au Koweït, ainsi qu’un centre américain de commandement de drones à Bahreïn, auraient été visés.
Face au risque d’une extension du conflit, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a appelé les deux camps à faire preuve de "la plus grande retenue" et à reprendre rapidement les négociations.
Le détroit d’Ormuz reste désormais au centre de la crise. L’Iran affirme vouloir protéger ce passage stratégique et accuse les États-Unis d’avoir provoqué le retour de l’insécurité dans la région. Le Centcom assure de son côté que la circulation maritime se poursuit.
Les marchés réagissent déjà à cette instabilité : le baril de Brent a progressé de plus de 4 % lundi matin, atteignant 79,06 dollars. Une prolongation des tensions pourrait entraîner de nouvelles perturbations sur les marchés énergétiques mondiaux.


