Un trentenaire de Trois-Bassins devant la cour criminelle pour le viol d’une gramoune de 86 ans

Cédric A., 38 ans, comparaît devant la cour criminelle départementale de La Réunion pour le viol, en octobre 2024, de sa grand-tante âgée de 86 ans. L’accusé nie les faits malgré des éléments accablants.
C’est une affaire sordide dont ont hérité les gendarmes de Trois-Bassins ce 2 octobre 2024. Lorsqu’ils sont requis au domicile d’une vieille dame ce jour-là, dans un écart isolé de la commune, les secours découvrent la victime de 86 ans le visage tuméfié, son dentier projeté à plusieurs mètres de là, dans la cour.
Traces de sang
Les enquêteurs constatent alors plusieurs traces de sang dans la chambre à coucher, sur le lit et le sol, ainsi que dans la salle de bain. Transportée d’urgence à l’hôpital, la gramoune qui a du mal à s'exprimer raconte dans un premier temps la venue de son petit neveu qui l’aurait « ravagée ». Puis face aux médecins, elle réfute toute violence, évoquant une simple chute.
Mais les examens médicaux, notamment gynécologiques, ne laissent aucun doute sur le fait que la frêle victime - elle mesure 1,57 m pour 45 kg - a subi de graves violences sexuelles. Dans la chambre, les gendarmes ont prélevé des mégots trouvés au sol. Et sur les vêtements de la dame, des traces de sperme.
Confondu par l’ADN
Le retour d’analyse est clair : l’ADN retrouvé sur les différents prélèvements est celui d’une seule et même personne, déjà connue de la justice pour avoir sexuellement agressé son infirmière : Cédric A., 36 ans, un petit neveu de la victime qui réside à proximité, sorti d’hôpital psychiatrique deux semaines plus tôt.
Interpellé, l’homme à la corpulence « massive » commence par nier les faits. Tout juste finit-il par reconnaitre « deux gifles » adressées à la vieille dame, à qui il a bien rendu visite le jour des faits après avoir consommé du rhum et du zamal. Mis en examen et placé en détention provisoire, il ne changera plus de version.
"Elle avait volé des brèdes"
« Des camarades m’ont dit qu’elle avait volé des brèdes et des piments, ça m’a fait honte » se justifie l'accusé lundi 15 juin devant la cour criminelle départementale, où il doit répondre de viol sur personne vulnérable. La vieille dame, qui n’a jamais verbalisé ce qu’elle a subi durant l’instruction, est absente au procès où elle est néanmoins représentée par Me Céline Fouillen.
« Mais qu’est-ce qu’il s’est passé dans cette maison ? Pourquoi ce déchaînement de violence sur une petite mamie, qu’on voit marcher voûtée sur les photos ? », l’interroge à plusieurs reprises la présidente Magali Issad en rappelant les éléments matériels au dossier. « Je ne sais pas », répond invariablement l’accusé, défendu par Me Sameïdha Mardaye.
Schizophrène mais "conscient des interdits"
« Même s’il a des capacités de raisonnement limitées, il a parfaitement conscience des interdits » décrypte l’expert psychiatre qui dépose devant la cour. Si Cédric A. a connu « une enfance instable », a déjà commis une tentative de suicide à 17 ans et souffre « d’une forme de schizophrénie » qui lui a valu une mise sous tutelle et une allocation adulte handicapé, il n’en est pas moins « adaptatif et pertinent », souligne le médecin. D'autant que l'intéressé refuse de suivre un traitement lorsqu'il est chez lui, consommant par ailleurs différents produits stupéfiants.
En dépit de sa pathologie, « le discernement du sujet n’était donc pas aboli » au moment des faits souligne l’expert, l’estimant accessible à une sanction pénale éventuellement atténuée par une altération du discernement. Présumé innocent, Cédric A. encourt 20 ans de réclusion criminelle.


