Refusant un contrôle dans un bus, il agresse deux contrôleurs et se dit tout de même victime

Déjà connu de la justice pour de multiples faits, un homme a voulu outrepasser un contrôle sur un réseau de bus. Conséquence, il a blessé deux agents.
À un arrêt de bus à proximité du Jardin de l'État à Saint-Denis, un contrôle de routine a viré à l'affrontement avec un individu récalcitrant. Nous sommes dans la journée de jeudi et Idriss T-L. décide de monter dans un bus Citalis. Cependant, à l'entrée du véhicule, des contrôleurs vérifient les titres de transport.
L'homme ne leur prête pas attention et force le passage. L'une des agentes tente de le retenir avec son bras, mais Idriss T-L. force et la blesse. Un collègue à elle intervient et il écope d'un coup de boule. Très vite, des renforts sont appelés et l'individu est neutralisé. Comme le soulignera une avocate un peu plus tard, plus de quatre personnes ont été nécessaires pour calmer l'homme avant l'arrivée des forces de l'ordre.
Lui se dit victime
À la barre, Idriss T-L. semble agité : il n'hésite pas à couper la parole aux magistrats et conteste vigoureusement les faits qui lui sont reprochés. D'après lui, alors qu'il montait dans le bus et tendait son ticket au chauffeur, une main l'a agrippé pour le tirer en arrière. C'est à ce moment-là que, dans sa version, il aurait été entouré par les contrôleurs.
Or, les différents témoignages viennent mettre un sérieux coup à la crédibilité de sa version des faits. D'autre part, la contrôleuse s'est vue prescrire 6 jours d'ITT et son collègue 4. Tous attestent de la véhémence dont faisait preuve Idriss T-L.
Qui plus est, l'homme est sous le coup de la récidive légale : on compte à son casier judiciaire pas moins de 7 condamnations pour divers délits : vol, violences, outrage... Quand on le questionne sur l'origine des dégâts humains, l'homme répond laconiquement : « Ce sont des blessures imaginaires. »
De la fermeté exigée par le Parquet
Dans ce dossier, l'avocate des deux contrôleurs ne se dit « pas surprise des déclarations » d'Idriss T-L. Elle rappelle dans sa plaidoirie la violence de l'altercation et qu'aujourd'hui encore, l'une des deux victimes ressent des séquelles. Elle parle de « violences décomplexées » et demande une somme totale de 3 000 euros pour la contrôleuse, 1 000 euros pour son collègue et 1 085 euros pour les deux.
La procureure, qui ne cesse d'être interrompue par le prévenu lors de son réquisitoire, déplore un manque évident de civisme chez cet individu. Elle explique que sa version, où il se croit victime, est complètement balayée par les différents témoignages. Elle requiert à son encontre une peine de 8 mois de prison avec sursis, avec maintien en détention.
L'avocat de la défense explique que cette altercation est partie d'une « incompréhension » de la part de son client, et demande un sursis probatoire pour l'aider à s'insérer dans la société. Peine perdue, le tribunal a décidé de suivre les réquisitions à la lettre.


