À Saint-André, le délicat déménagement du marché forain

Le chantier de la future "Grande Place" de Saint-André doit débuter d'ici un mois. Dès le début du mois de juillet, le marché forain devra quitter son emplacement actuel pour une durée estimée à au moins deux ans, soulevant des inquiétudes chez des forains et commerçants. La mairie assure que tout se fera dans la concertation après une rencontre avec les forains, ce lundi.
C'est Joé Bédier qui l'a annoncé la semaine dernière, au moment de présenter le programme de la Fête de la musique à Saint-André. D'ici un mois environ doit débuter un chantier majeur pour la ville : la démolition d'une partie de l'ancien centre commercial, appelé à laisser place à une future "Grande Place" de 7.000 m², bordée au nord par un futur ensemble mêlant commerces, restaurants, logements et bureaux sur 1 800 m². La future place des "grands événements" de la ville.
Conséquence immédiate : le déménagement du marché forain, pour une période estimée à pas moins de deux ans, à compter du 3 juillet, a précisé le maire de Saint-André.
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Lors de la présentation du projet par la mairie, en présence du groupe Icade, filiale immobilière de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) chargée de la réalisation du futur complexe immobilier, le président de l'association des commerçants de la ville applaudissait le projet, voyant dans ce dernier « une future locomotive pour l'ensemble du centre-ville ».
Des inquiétudes chez les commerçants
Contacté dans le cadre de l'épineux dossier du déménagement du marché forain, son président, Shiva Mouraman, change cette fois de ton. Ce dernier dénonce une « absence de concertation » à destination de l'association et surtout le choix de la mairie de déplacer le marché le long de l'avenue de la République.
Les deux sens de circulation seront fermés le jour du marché, avec un maintien de l'accès à la station-service située au début de l'avenue ainsi qu'au chantier de construction en cours d'un centre commercial. Une voie de circulation doit également être maintenue afin de permettre aux forains de décharger leurs marchandises au plus près de leurs stands.
Pour le commerçant, cette fermeture aura un « effet immédiat » sur la circulation en centre-ville et sur la fréquentation des commerces et du marché en lui-même. Il s'inquiète également des difficultés à « évacuer une personne ou à intervenir en cas d'incendie » et regrette l'abandon d'un premier scénario de déplacement dans le secteur de la rue du lycée, sur les voies du TCSP, à proximité du complexe sportif Sarda-Garriga, "pour satisfaire une seule personne", pointe le commerçant en visant le projet du futur KFC.
Selon la mairie, les autres scénarios envisagés ou proposés, comme le stade Sarda-Garriga, ne conviennent pas après étude.

Des avis partagés parmi les forains
Dans les allées du marché, vendredi dernier, les avis étaient partagés. S'il dit comprendre l'intérêt du projet, un forain se dit inquiet de la possibilité de redonner une place à tous les vendeurs le long de l'avenue, mais aussi de pouvoir garer leurs véhicules à proximité, le parking actuel devant lui aussi être condamné.
« Il n'y aura pas assez de places pour tout le monde », s'inquiète le vendeur.
Un autre se montre beaucoup plus optimiste : « Il faut démolir, il n'y a pas le choix. Ça ne m'inquiète pas, tout le monde trouvera une place pour gagner son mangé. S'il y a 10 places, donne 5 mètres à chacun et on trouvera une solution pour se garer », rassure Ti Claude, un ancien parmi les anciens du marché forain.


Des linéaires revus à la baisse
Pour présenter le projet et recueillir les avis de chacun, une réunion a été organisée ce lundi à la mairie en présence d'environ 90 forains. Le marché forain compte en moyenne un peu plus de 130 forains.
Parmi eux, Nicolas Grondin, agriculteur à Saint-André, retient d'abord un point positif : « Dans l'ensemble, la réunion s'est bien passée et le maire s'est montré à notre écoute. »
Ce qui n'empêche pas les inquiétudes : « Pour faire rentrer un maximum de forains, ils ont prévu de réduire la taille des emplacements alors que plus de 60 forains ont plus de 10 mètres de linéaire. Le maximum serait de 4 mètres. Ce n'est pas possible. J'ai des crédits à payer, des plantations qui ont été faites avec des prévisions de récolte… On ne change pas les règles du jeu en cours de partie », met-il en avant.
Concernant le stationnement de leurs camions, les forains ont demandé la mise à disposition, le vendredi, du parking situé à proximité du Domaine de la Vanille.
"Des solutions au cas par cas"
Collaborateur de cabinet de Joé Bédier au fait du projet, Adrien Manciet assure que la discussion reste ouverte et que des solutions seront apportées « au cas par cas ».
« La concertation se poursuit et nous allons nous revoir. On va continuer de travailler ensemble pour optimiser au mieux l'espace », déclare le collaborateur de cabinet. Pas de passage en force, assure-t-il : « Tout se fera dans la concertation. L'objectif est de parvenir à un accord satisfaisant pour tous. »
Reste que tout le monde est appelé à faire un effort pour permettre à tout le monde de trouver sa place dans le futur marché.
Le marché forain va devoir, provisoirement, se réinventer à Saint-André.


