Mikael Quimbert, nouveau préfet des TAAF : "un des derniers postes au goût d’aventure"

Nommé par décret le 10 décembre 2025, Mikael Quimbert a officiellement pris ses fonctions de préfet, administrateur supérieur des TAAF ce mardi 13 janvier à Saint-Pierre. Il succède à Florence Jeanblanc-Risler et hérite d’un poste mêlant enjeux de souveraineté, de recherche scientifique et de protection de l’environnement.
La cérémonie officielle s’est tenue ce mardi 13 janvier au siège des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) à Saint-Pierre. Nommé par décret le 10 décembre 2025, Mikael Quimbert succède à Florence Jeanblanc-Risler à la tête de ce territoire d’outre-mer à part, composé de terres lointaines et inhabitées pour la plupart.
Lire aussi : TAAF : grâce au Marion Dufresne et au SDIS 974, l'île Amsterdam renaît après l'incendie
Le nouveau préfet est revenu sur l'histoire qui a fait que Saint-Pierre héberge la mairie du pôle sud. « Historiquement, le siège des TAAF était à Paris. Il a été décidé de le déménager pour être plus proche des territoires, du port de La Réunion où sont basés les navires de la flotte des TAAF, le Marion Dufresne et l’Astrolabe. Depuis, le siège est ici, à Saint-Pierre. Je crois que c’est une très bonne chose. »
Mikael Quimbert arrive aux TAAF avec une solide expérience dans l’administration. « J’ai 15 ans à peu près, servi dans l’administration des affaires maritimes. Au départ, je suis un spécialiste des questions maritimes, et notamment de la pêche et de l’agriculture. »
Après ce premier parcours, il explique avoir élargi son champ d’action. « Après ça, j’ai bifurqué. Je retourne vers des fonctions plus interministérielles, au ministère de l’Écologie notamment, au ministère de l’Agriculture, et surtout au ministère des Outre-mer. Ce qui m'a conduit à La Réunion et dans ces nouvelles fonctions d’administrateur supérieur des TAAF. »
« Un des derniers postes au goût d’aventure »
Le nouveau préfet assume volontiers l’image parfois qualifiée de « dernier poste poétique » attachée à ses fonctions. « Oui, poétique, c’est une expression qui peut faire sourire. J’ai repris un message de félicitations qui m’a été adressé par une préfète que j’ai eu l’honneur de servir par le passé. Je crois que c’est effectivement un des derniers postes au goût d’aventure. Ce sont des territoires qui sont lointains, hostiles parfois. Il faut s’y rendre en bateau, au terme d’une navigation assez longue et parfois mouvementée. Ce sont des territoires qui appellent à l’imaginaire. »
Derrière cette dimension presque romanesque, les enjeux sont bien réels. « Au-delà de ça, et je l’ai dit dans mon discours, il y a des missions qui sont très sérieuses. Des missions de présence, de souveraineté dans des territoires, dans des espaces qui peuvent être contestés. Vous savez que la question de la géostratégie dans la zone Indo-Pacifique est au cœur des grands enjeux contemporains. »
À cela s’ajoutent les contraintes quotidiennes liées à l’activité scientifique, pilier des TAAF. « Il y a également des enjeux de logistique, d’approvisionnement, puisque la principale activité dans ces territoires, c’est l’activité scientifique. Nous apportons un soutien, un support à ces activités scientifiques, notamment avec notre flotte. »
Enfin, la protection de l’environnement reste au cœur de sa feuille de route. « Et puis, il y a la gestion des ressources et la protection de l’environnement. Ce sont des territoires fragiles dans lesquels on a une biodiversité absolument remarquable. Le rôle de la préfecture des terres australes et antarctiques françaises, de l’administration supérieure des terres australes et antarctiques françaises, c’est de protéger cet environnement, c’est de faire en sorte que les activités de pêche qui s’y déroulent se fassent dans le respect des principes du développement durable. Voilà, ce sont les principales missions auxquelles je vais m’atteler aujourd’hui. »


