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Saint-Benoît : fille d’Yvon, Marie Lydie Thiolica candidate

Ecrit par P.M. – le lundi 15 septembre 2025 à 17H50

Candidate « citoyenne » novice en politique, Marie Lydie Thiolica a décidé de se présenter aux municipales dans la cité des Eaux-Vives. Elle veut incarner le « changement ».

Elle n’a jamais eu de carte dans un parti, ni même assisté à un meeting, assure-t-elle. Et pourtant, son nom est connu à Saint-Benoît. Marie Lydie Thiolica est la dernière fille d’Yvon Thiolica, karatéka de renom, assassiné en mai 1991 par Julien Bege, condamné cinq ans plus tard à 20 ans de prison.

Âgée de 38 ans, elle n’a jamais connu son père. « Un monsieur qui nous a transmis des valeurs de respect et d’amour. Je n’entends chaque jour que de belles choses sur lui, c’est ce que je veux transmettre à Saint-Benoît. Quand je fais du porte-à-porte, les gens m’accueillent à bras ouverts parce qu’ils connaissent les bonnes valeurs que mon père a laissées derrière lui », explique l’assistante sociale de profession.

Elle occupait ce poste à la mairie de Saint-Benoît, qu’elle a quitté il y a un an pour préparer sa candidature. Une première pour la Bénédictine, mais qui ne lui fait pas peur : « Je n’ai pas de crainte, pas de boule au ventre. Les gens ont besoin de quelqu’un qui les écoute. Je ne suis ni de gauche, ni de droite, ni Front national. Pour moi, tout revient à la même chose : beaucoup de bla-bla mais pas d’actions. Ce n’est pas ce que je veux ».

Un constat sévère sur la ville

De retour à La Réunion après 17 ans en métropole, elle dit avoir mesuré la dégradation de sa commune : « Avant, on vivait peut-être dans la misère, mais là, à Saint-Benoît, on n’a plus rien. Les gymnases, les parcs, il n’y a pas de lumière ».

Et pour elle, ce n’est pas qu’une conséquence du cyclone : « Ça fait trois ans que je suis là, le cyclone, lui, non, et la lumière il n’y en avait déjà pas. Les parcs et gymnases étaient déjà dans cet état. C’est bien de faire l’ambiance, mais le 10 du mois les gens n’ont plus rien à manger. Des enfants n’ont plus de goûter à l’école, les personnes âgées sont isolées. Et l’insécurité est grande à Saint-Benoît. C’est du paraître, mais quand on gratte un peu, les gens souffrent. C’est pour ça que je me présente, avec beaucoup d’honnêteté et d’esprit de justice ».

Sur le rôle d’un maire, elle interroge : « Quand on veut quelque chose, on peut le faire. Sinon, à quoi sert le CCAS ? Le travail est-il fait comme il se doit ? Je ne viens pas pour taper sur les élus, mais rien n’est fait et la jeunesse souffre. Il n’y a pas d'infrastructures ni de commerces. Ce que je veux, c’est que les choses s’améliorent, qu’on arrive à vivre ensemble ».

Une campagne sans étiquette

Elle se présente sans étiquette et avec des moyens limités. Sa campagne s’appuie sur les réseaux sociaux et le porte-à-porte. Sa liste est en cours de formation et son compte de campagne déjà déposé.

Approchée par d’autres candidats, elle dit avoir refusé de rejoindre une liste pour monter la sienne. Elle affirme n’avoir aucun soutien politique, si ce n’est un appui familial : « Je ne veux pas du soutien de politiques. Je viens comme citoyenne libre, parler pour la population ».

Un discours qui rappelle celui du mouvement des « Gilets jaunes », auquel elle avait participé en métropole.

« Les gens ne croient plus dans la politique et ne veulent plus voter. Si être politicien, c’est ne rien faire et distribuer des PEC et des promesses la dernière année, ce ne sont pas mes valeurs. Si je suis maire, je veux ouvrir des structures, des commerces, donner plus aux associations, aux clubs de sport… La situation est dramatique à Saint-Benoît », estime-t-elle.

Son programme sera présenté ultérieurement. « Ce que je veux, c’est que tout le monde vive dignement, que tout le monde ait sa part du gâteau ».

Elle assume son manque d’expérience comme un atout : « Qu’est-ce que les gens qui ont de l’expérience ont fait ? Il faut un changement. Les gens ne veulent plus voir les anciens politiciens. Quelqu’un de juste, d’honnête, avec des valeurs, qui a grandi ici. Je veux aider Saint-Benoît et la population. Quand on veut, tout est possible ».

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