Revenir à la rubrique : Politique

"Nous avons fait avancer La Plaine" : Johnny Payet lance sa campagne 

Ecrit par P.M. – le dimanche 18 janvier 2026 à 10H32
C'est de nouveau à la tête d'une liste "d'ouverture" que Johnny Payet se présente aux municipales.

Fort d’un programme réalisé à “100 %, plus 20 %”, le maire sortant de la Plaine-des-Palmistes a officialisé ce samedi sa candidature devant près de 300 personnes et lancé sa campagne entouré de ses colistiers. Une liste “d’ouverture” renouvelée pour un tiers avec laquelle il compte “poursuivre le développement de la Plaine”, en décochant au passage quelques flèches à ses adversaires. Il vise les 60% et l'élection dès le 1er tour.

Ce samedi, Johnny Payet a remis sa veste de candidat aux municipales. D’habitude plutôt dans le contrôle et la réserve par rapport aux attaques de ses adversaires, notamment au conseil municipal, le chef d’entreprise n’a pas manqué de tailler un costume à la plupart de ses concurrents politiques.

Mélissa Mogalia et Bernard Leflem colistiers

Mais avant de décocher ses flèches et de dérouler son programme, le maire sortant a donné le micro à ses colistiers, dont la plupart étaient présents à ses côtés ce samedi. Dans la continuité de 2020, il évoque une liste “d’ouverture, personne n’est obligé de suivre le RN”. Elle porte le même nom, “Ensemble pour la Plaine”, mais voit environ un tiers de ses membres être renouvelés.

Si Johnny Payet a confirmé son ancrage politique au RN — dont aucun représentant local ou autre candidat n’était présent — ce n’est pas le cas de beaucoup de ses colistiers. On retrouve notamment à ses côtés Bernard Leflem, ancien délégué Est des Républicains, dont il est toujours membre. Candidat en 2020, il avait apporté son soutien à Johnny Payet au second tour, de concert avec Marco Boyer. Il figure cette fois sur sa liste.

L’ouverture se fait aussi sur la gauche : élue en 2020 sur la liste de Sophie Arzal (et en 2014 sur celle de Jean-Luc Saint-Lambert), Mélissa Mogalia fait également partie des colistiers. “J’ai vu comment il travaille et la liberté qu’il donne à ses élus”, commente l’élue de l’opposition lors de ce mandat pour expliquer son ralliement. “Une opposante intelligente qui a voté pour le développement de la Plaine alors que son équipe voyait systématiquement non”, lui rend hommage le candidat.

Si elle est en partie renouvelée, la liste compte aussi des compagnons de route de longue date de Johnny Payet, à commencer par Sabine Igouffe, qui siégeait déjà à ses côtés lors de la dernière mandature de Marco Boyer, mais aussi l’élue à la Cirest Sonia Albuffy ou le sapeur-pompier professionnel Jean-Yves Faustin. Cette dernière dresse le portrait d’un “maire qui a une vision et qui vous donne carte blanche si le projet est bon, ou lé phénoménal”.

Un bilan revendiqué à "100 %, plus 20 %"

Le maire sortant a ensuite présenté un bilan qu’il estime réalisé à “100 %, plus 20 % qui sont en route, déjà dans les tuyaux”. “Nous avons fait avancer la Plaine”, juge le candidat. “Cela a été six ans de bonheur, d’efficacité et de plaisir. Quand on sort dans la rue, les gens disent merci. C’est le seul but : que les gens soient contents.”

Selon lui, ses adversaires sont en “difficulté pour faire un programme”, en raison de la multiplication des réalisations lors de son mandat.

C’est Jean-Yves Faustin, son 2e adjoint, qui se charge d’en faire l’inventaire : “Quand il y a une crise, quand certains élus restent les bras croisés, nous, on travaille pour rebondir. Après le Covid, il y a eu le plan de relance européen et on a travaillé avec tous les employés communaux pour profiter des milliards d’euros de l’Europe. À la Plaine, c’est 60 millions d’euros d’investissements : la piscine, le stade, quatre ponts, des radiers supprimés, des parcs de jeux… Garance nous a mis un genou à terre mais, dès le lendemain, on a réagi. Ce sont 2,5 millions d’euros de l’État qui vont nous permettre de réparer les routes d’ici quinze jours.”

Le pompier de profession fustige “les interprétations mesquines du rapport de la CRC. Notre santé financière fait partie des plus saines de La Réunion. Les grandes sociétés nous font confiance, ici les entreprises sont payées sous trois semaines. L’AFD et les banques sont avec nous et les projets continuent de sortir.”

“Une piscine qui était en projet depuis vingt ans”, souligne le maire sortant.

"La Plaine sera autonome sur le plan alimentaire"

S’il est réélu, Johnny Payet compte “poursuivre le développement de la Plaine”. Il cite la fin des travaux du centre-bourg, “pas prévus en 2020”, qui verront sortir un nouveau marché forain avec vingt boutiques à l’étage et un village bien-être. Il évoque aussi la poursuite de la construction de pistes cyclables “jusqu’au bras des Calumets”.

La commune vise par ailleurs la labellisation en tant que “station touristique”. “Le projet est déposé. Le but, c’est que quand un touriste vient à La Réunion, il pense à la Plaine dès qu’il prévoit son voyage. Ici, nous n’avons pas d’industrie.”

Il renouvelle son ambition autour du PAT (plan alimentaire territorial) et promet que d’ici deux ans, “La Plaine-des-Palmistes sera autonome en matière alimentaire et de façon qualitative, en bio et en agriculture raisonnée. Si la guerre i pète, La Plaine aura à manger. C’est aussi un salaire pour les agriculteurs grâce à la garantie d’écoulement et, s’il y a un surplus, on fera des surgelés made in Plaine-des-Palmistes.”

Il annonce également la construction d’une usine de transformation de fruits et légumes “récoltés ici, en association avec les serres agricoles cycloniques qui seront reconstruites avec une aide de l’État de deux millions d’euros”. L’objectif est fixé à 50.000 m² de surface en serres cycloniques, mises à mal par Garance “parce qu’encore en construction”.

Il évoque par ailleurs la construction de “maisons seniors” et affirme que le projet “Territoire zéro chômeur se fera”.

"En tant que maire et Palmiplainois, j’ai honte"

L’occasion d’une première flèche à la conseillère départementale Sophie Arzal, sans la nommer : “On avait prévu 135 emplois en CDI pour la mise en œuvre du PAT, mais ce sera 450 emplois financés à 95 % par l’État. Il nous a manqué le soutien du Département et un simple document non signé par la conseillère départementale en commission d’insertion. Tout était au vert mais, à cause de la personne élue au Département, ça ne s’est pas fait. Mais ça le sera cette année, dans l’attente de la loi dans l’hémicycle.”

La conseillère régionale et candidate Amandine Ramaye n’est pas oubliée, là encore sans être citée nommément : “Notre adversaire dit que tous ces investissements, c’est grâce à elle. Quelle honte d’accaparer ainsi le travail des autres à son bénéfice, quelle honte ! C’est mal élevé d’aller voir les gens et de mentir ainsi, de dire ‘c’est moi qui ai fait le travail’. En tant que maire et Palmiplainois, j’ai honte. Ce n’est pas Johnny Payet qui a tout fait, c’est une équipe, et avec vous pour faire le projet.”

Fermez le ban ! Les relations avec le député Jean-Hugues Ratenon ne semblent plus au beau fixe.

Le candidat affirme également que si le nouveau collège Gaston-Crochet est sorti de terre, “c’est parce que nous avons été voir le président du Département avant l’élection pour mettre la pression après dix ans d’attente. Elle n’était pas encore élue que nous avions fait le nécessaire.”

La "méthode" Johnny Payet

Il met en avant sa “méthode” : “Quand un projet est bon, on ne regarde pas sa couleur politique. On fait avancer son village, sa région, son pays. Oui, j’ai voté le budget de la Région et de grands projets de la Région. C’est aussi pour ça qu’il y a un tapis rouge pour nos dossiers, parce qu’on sait que le maire de La Plaine est présent dans les commissions pour faire avancer les grands dossiers.”

Des adversaires accusés de jouer avec la vérité : “Ils disent que les habitations passées en zone rouge dans le PPR, c’est de la faute du maire, mais c’est la compétence de l’État. Mais nous la pas dormi et on a trouvé une solution pour zot, grâce à la loi Barnier qui va nous donner des moyens pour faire des travaux et pallier ces risques d’inondation. Ça demandera du temps mais ce sera dans notre programme.”

Interrogé, il se dit confiant quant à sa réélection, visant “le premier tour et les 60 %”.

L’objectif est fixé : la campagne est désormais bien lancée à La Plaine-des-Palmistes.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :