Saint-Benoît : Daniel Amouny propose une “autre alternative”

Se présentant comme un « non-professionnel de la politique », Daniel Amouny, président de la FCPE Réunion, sera candidat aux municipales à Saint-Benoît. Il fait notamment du logement une priorité, misant sur l’installation de nouveaux propriétaires pour « dégager de nouvelles recettes » et libérer des logements sociaux.
Âgé de 56 ans, attaché territorial à la Région, Daniel Amouny travaille depuis 24 ans dans les collectivités, dont 12 à la mairie de Saint-Benoît où il a été responsable du service habitat pendant huit ans – avant de rejoindre la Région, au sein de la direction de la formation professionnelle.
Originaire de Chemin Morange, le Bénédictin revendique un profil atypique : « Je ne suis pas un professionnel de la politique comme certains. Ma carrière, c’est ma carrière professionnelle. Je veux apporter un renouveau et me mettre au service des Bénédictins. »
Surtout connu comme président de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves Réunion depuis 2013, il rappelle : « Cela fait 26 ans que je suis représentant de parents d’élèves. » Parallèlement, il a longtemps œuvré au sein du tissu associatif notamment à la JSB, « d’abord comme joueur puis comme vice-président ».
Un engagement "citoyen", sans étiquette politique
Jamais encarté dans un parti, Daniel Amouny s’est présenté pour la première fois aux municipales de 2020 à la tête d’un mouvement citoyen « composé de gens qui n’avaient jamais fait de politique et voulaient s’engager ». La liste avait recueilli 1,61 % des suffrages (205 voix).
En 2021, il figurait sur la liste d’Olivier Hoarau aux régionales. Aujourd’hui, il repart en campagne à Saint-Benoît.
Qu’est-ce qui le motive ? « Travailler pour ma commune, face à la situation dans laquelle elle se trouve, je ne peux pas rester les bras croisés. Je veux mettre mon expérience et mes compétences au service des Bénédictins, s’ils me font confiance. »
Une “autre alternative” pour Saint-Benoît
Le candidat veut proposer « une autre alternative aux Bénédictins » :
« On a l’impression qu’aujourd’hui tout est déjà joué entre un candidat et un autre. Je suis convaincu qu’on peut emprunter un chemin différent, proposer quelque chose de nouveau avec des gens qui ont envie de s’engager, qui n’ont pas de parcours politique. »
Sur d’éventuelles alliances au second tour, il reste prudent :
« On verra à ce moment-là. Le but est d’abord de convaincre un maximum de personnes de faire le choix de notre liste. »
Il partage néanmoins un constat commun à la plupart des candidats déclarés :
« Le but est de sortir le maire actuel de la mairie. Je considère qu’il n’est pas à la hauteur des enjeux de la commune. »

Un regard critique sur le bilan municipal
À propos du député Jean-Hugues Ratenon, il précise :
« Je l’ai soutenu aux campagnes législatives parce que j’estime qu’il fait du bon travail à l’Assemblée nationale. Mais je n’ai jamais dit que je le soutenais pour les municipales. J’aurais même aimé que ce soit l’inverse, puisqu’il avait cité mon nom et d’autres dans des meetings comme une relève pour Saint-Benoît. Chacun ses choix. »
Quant au maire sortant, il dresse un bilan sévère :
« Il suffit de passer dans la ville : elle n’est pas entretenue, les routes sont défoncées, les réseaux vétustes, les écoles en très mauvais état… Rien ne change. Tout ce qui a été construit date de l’époque de Jean-Claude Fruteau. »
Sur la gestion financière, il ajoute :
« En six ans, on n’a fait que résorber le déficit. On a reculé en termes de développement. Il a vendu des biens communaux, la ville s’est appauvrie. Et quel est son bilan économique ? C’est une gestion catastrophique, sans oublier l’affaire de la SPL Estival. »
Le logement au cœur du programme
Daniel Amouny se veut pragmatique :
« Je n’ai pas de baguette magique, mais j’ai une méthode. Il faut augmenter les recettes de la ville. Si on ne réduit que les dépenses, on n’investit plus. »
Son projet : attirer de nouveaux habitants solvables et aider les Bénédictins à devenir propriétaires pour libérer des logements sociaux.
« Beaucoup de Bénédictins vivent dans des logements sociaux alors qu’ils pourraient accéder à la propriété. Il faut un plan pour les accompagner, via les dispositifs existants ou à créer. »
Il propose aussi de valoriser le foncier communal, « en-dessous du prix du marché », afin de favoriser l’installation de 500 nouveaux propriétaires, avec « une priorité pour les Bénédictins et ceux qui vivent depuis plus de 15 ans dans le locatif ».
“Un programme concret et centré sur l’humain”
« Mon programme est concret et centré sur l’humain. Je ne suis pas là pour faire des promesses irréalisables, je suis réaliste. »
Il présentera prochainement les autres axes de son programme, notamment autour de « l’épanouissement de la jeunesse » avec l’ambition de « faire de Saint-Benoît une ville éducative. »


