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Philippe Admeth : « Je veux relancer Le Progrès à Saint-Benoît et dans l’Est »

Ecrit par P.M. – le lundi 6 octobre 2025 à 17H08

L’ancien cadre de la mairie de Saint-Benoît se prépare à faire son entrée en politique en tant que tête de liste. Fidèle au mouvement Le Progrès, Philippe Admeth entend le "relancer" à Saint-Benoît et dans l’Est et "faire gagner la gauche en 2026".

Si la gauche devrait logiquement se retrouver au second tour à Saint-Benoît, elle n’en partira pas moins divisée au premier tour. En tout cas sur le papier. Dans ce paysage éclaté, Philippe Admeth compte bien raviver la flamme du Progrès, mouvement qu’il a contribué à fonder en 2013, "à Saint-Benoît même".

L’intéressé devrait officialiser sa candidature d’ici la fin du mois. Sa liste, "quasiment bouclée", sera composée "majoritairement de personnes issues de la société civile, engagées dans la vie associative et qui font leurs premiers pas en politique".

Un enfant de Saint-Benoît

Âgé de 55 ans, Philippe Admeth revendique un parcours ancré dans le territoire bénédictin. Originaire du quartier du chemin Gazet, il se décrit comme "un marmaille la kour, né dans un bidonville sans eau ni électricité". Une enfance modeste qu’il partage avec celui qu’il considère comme son mentor, Jean-Claude Fruteau. "Quand je me suis présenté à lui pour un poste de cabinet, il m’a dit : Moi aussi je viens d’un bidonville, tout est possible."

Entré à la mairie en 1994 après un passage dans le privé, Philippe Admeth cumule 31 ans de carrière dans la fonction publique, dont 22 à Saint-Benoît et 5 à Sainte-Rose, où il a été directeur général des services. Il est aujourd’hui chargé de mission à la mairie de Saint-Joseph.

« Je veux être utile »

S’il a longtemps été dans l’ombre des élus, c’est la première fois que Philippe Admeth se présente comme tête de liste. "Ce qui me motive, c’est l’action publique, le bien commun. J’ai l’expérience, je connais le territoire, la mairie, les rouages politiques et administratifs. Je veux être utile pour la population de Saint-Benoît."

Son engagement remonte à ses 18 ans, au sein du Mouvement des jeunes socialistes. Alors qu’en 2020 il avait fait le choix de prendre du recul avec la politique, il confie : "Quand on a travaillé pour la population, c’est un virus : ça revient. J’ai pris la décision de revenir pour Saint-Benoît."

« Je sais d’où je viens, je sais où je vais »

Philippe Admeth revendique son ancrage à gauche et se place dans la continuité de Jean-Claude Fruteau. " Je suis un progressiste, je ne mets pas mon drapeau dans la poche. Je ne veux pas qu’on oublie le travail accompli par Jean-Claude Fruteau pour le développement de Saint-Benoît et de La Réunion."

Une association doit d’ailleurs être créée pour valoriser son héritage politique.

Mais s’il se place dans la "filiation politique”, il ne fait pas sien le bilan de l’ancien maire : “Je n’étais pas élu, je n’ai pas de bilan à faire J’étais le directeur de cabinet qui accompagne le maire dans sa fonction, il n’est pas là pour remplacer les élus. Je n’ai jamais été candidat, ni élu”.

Relancer Le Progrès dans l’Est

Son ambition dépasse le cadre municipal : "Je veux relancer Le Progrès à Saint-Benoît et dans l’Est. Je m’inscris dans cette filiation de gauche et je souhaite maintenir le cap à gauche, pas seulement aux élections municipales, mais également aux cantonales, régionales… On s’inscrit dans un moyen, long terme, l’idée est de relancer Le Progrès sur le territoire."

Une communication sur l’ouverture des sections locales du mouvement est prévue dans les prochaines semaines.

Philippe Admeth se place dans la "filiation politique" de Jean-Claude Fruteau.

Une gauche divisée ?

Concernant son positionnement par rapport aux autres candidats de gauche, Jean-Hugues Ratenon en tête, le candidat investi par l’Union des forces progressistes (dont Le Progrès fait officiellement partie), il ne voit qu’un seul adversaire politique : "Je ferai tout pour faire gagner la gauche à Saint-Benoît en 2026. Il y a un seul adversaire, c’est le maire en place."

Et de préciser : "La première mission, c’est d’aller à la bataille et de réussir notre entrée en politique. La question du second tour se posera ensuite. Mais je suis pour une liste de gauche qui arrive en tête et un rassemblement pour battre Selly."

“Le personnel communal est en souffrance”

Sans détour, Philippe Admeth critique la gestion actuelle de la mairie : "Trois DGS en cinq ans, ce n’est pas une gouvernance stable. Le personnel communal est en souffrance et ne travaille pas dans un climat serein. Il y a une absence de considération, un régime indemnitaire appliqué à la tête du client. Plus de 200 agents seraient en arrêt maladie, c’est énorme."

Il dénonce également un manque de dialogue avec les représentants du personnel et une organisation "à bout de souffle". Il souhaite " moderniser l’appareil communal, revoir l’organisation des services, ouvrir davantage à la proximité, peut-être même en adaptant les horaires pour mieux répondre aux besoins des usagers".

« Selly, son modèle c’est Macron »

Concernant le maire sortant, Patrice Selly, Philippe Admeth ne mâche pas ses mots : "Il s’est fait élire avec les voix socialistes et du Progrès avant de les quitter. Il dit n’être ni de gauche ni de droite, mais il est aujourd’hui plus à droite. C’est un macroniste en puissance, Macron est son modèle, un modèle jupitérien."

Quant au redressement financier revendiqué par l’actuel maire, il relativise : "Ce n’est pas parce qu’il y a eu un déficit qu’il faut oublier ce que Jean-Claude Fruteau a fait. Et s’il a redressé les comptes, c’est grâce aux moyens laissés en place par l’ancienne équipe : la SEMAC, la cuisine centrale… Je vois qu’on est toujours à 1 200 employés à Saint-Benoît, il n’y a pas eu de gros efforts sur les effectifs. Sur la sécurité, on met des caméras mais sans centre de supervision, ça ne sert à rien !"

Trois grandes priorités

Philippe Admeth articule son projet autour de trois axes :

  • Le développement économique, avec la création d’une zone artisanale aux Orangers, la poursuite des aménagements à Beauvallon et Bras-Fusil, et la promotion d’un « tourisme vert et de proximité ». Il imagine également un « circuit muséal autour du sucre, du patrimoine et de la cuisine réunionnaise ».
  • La redynamisation du centre-ville, avec un projet de grand parc urbain à la place du marché forain et une halle de manifestations sur le modèle de celle de Saint-Joseph.
  • La jeunesse, qu’il place "au cœur du programme" : mobilité, éducation populaire, bourses pour les études et le sport, ouverture vers l’international via Erasmus.

Sur la sécurité, il plaide pour "un vrai travail de collaboration avec les forces de l’ordre" et une politique de prévention locale.

Avec l’officialisation de sa candidature, le casting des prochaines municipales à Saint-Benoît commence à afficher complet.

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