Saint-André : Joé Bédier lance sa campagne devant 2000 personnes

À quelques semaines du premier tour des élections municipales, Joé Bédier a réuni dimanche plusieurs milliers de personnes au parc du Colosse à Saint-André. Un meeting présenté comme un moment clé de sa campagne, entre bilan municipal et perspectives politiques.
Avant l’intervention du maire sortant, d’anciens agents ont pris la parole pour dénoncer le scandale de l’affaire de la SPL Estival et remercier Joé Bédier pour son “engagement” à leurs côtés. Une séquence fortement applaudie par le public, dans un contexte où la gouvernance de la Cirest a été à plusieurs reprises critiquée au cours de la matinée.
Joé Bédier a d’ailleurs rappelé que, s’il est réélu le 22 mars prochain, il briguera également la présidence de l’intercommunalité, estimant nécessaire de “reprendre en main” certains dossiers structurants, notamment ceux liés à l’eau, à l’emploi et au développement économique.

Ratenon attaque la gouvernance de la Cirest
Prenant la parole, le député Jean-Hugues Ratenon s’est directement attaqué à la famille Virapoulle mais aussi à Patrice Selly, sans le nommer, en dénonçant la gouvernance intercommunale actuelle.
“Votre maire n’a pas trahi, la preuve avec les témoignages des ex-salariés d’Estival. Votre maire n’a jamais baissé les yeux devant les puissants, votre maire est une personne totalement intègre.”
Lire aussi : Cantine à un euro, 3 000 emplois annoncés… Joé Bédier annonce son programme et vouloir briguer la Cirest
Il a appelé à un changement à la tête de la Cirest, estimant que Saint-André et les autres communes n’ont pas bénéficié de tout leur potentiel de la faute de la politique menée par la Cirest.
“Le combat, c’est aussi reprendre la gouvernance de la Cirest, ce qui a manqué à nous pour faire encore plus à Saint-André et dans les autres villes. Comment se fait-il que dans les autres villes, les autres maires n’ont pas suivi Joé Bédier ? Est-ce que c’est le courage qui manque à zot ?”

Bello : "Gran kozer, petit fézer ! Voilà le bilan de Jean-Paul Virapoulle".
La prise de parole d’Huguette Bello a constitué l’un des moments les plus offensifs du rassemblement. La présidente de Région a dressé un réquisitoire contre la famille Virapoulle, dénonçant un héritage politique qu’elle juge stérile pour Saint-André.
“Vous connaissez l’expression gran kozer, petit fézer ! Voilà le bilan de Jean-Paul Virapoulle. Beaucoup de paroles, mais pour Saint-André, peu de résultats.”
Elle a également ironisé sur la présence de deux frères candidats lors de ce scrutin municipal :
“Ce n’est plus une élection municipale, c’est un conseil de famille élargi ! Avec les électeurs invités à trancher un désaccord qui aurait sans doute gagné à rester dans le salon.”
A ses yeux : “Le vrai choix n’est pas entre deux frères. Il est entre le passé qui se dédouble et l’avenir qui continue de s’écrire avec Joé Bédier.”

“Une collectivité de projets” et 150 millions d’euros investis
Dans son discours, le maire sortant a revendiqué une transformation profonde de Saint-André depuis 2020. Il affirme avoir engagé près de 150 millions d’euros d’investissements, mettant fin, selon lui, à “des décennies d’immobilisme”.
“Saint-André est devenu une collectivité de projets et surtout, nous avons démontré notre capacité à faire.”
Joé Bédier a insisté sur les travaux réalisés dans les quartiers et sur les grands axes, citant de nombreuses voies et secteurs réhabilités, ainsi que la transformation du cœur de ville. Il a également mis en avant les politiques menées en faveur de la jeunesse, de la formation et de l’insertion, estimant que “la plus grande menace pour la société, c’est l’inculture”.

“Il y a ceux qui causent et ceux qui font"
Le maire sortant a livré un passage particulièrement virulent à l’encontre de ses opposants, dénonçant ce qu’il qualifie de mensonges et de polémiques stériles.
“Il y a ceux qui causent et ceux qui font. Moi, je ne suis pas un influenceur, je suis un maire responsable.”
Lire aussi : Joé Bédier lance sa campagne en même temps que son projet "Le Grand Saint-André"
Il s’en est pris nommément à Jacques Tillier, qu’il accuse d’avoir insulté et diffamé des femmes réunionnaises, dont Huguette Bello. Il a défendu l’action de la présidente de Région, citant notamment la cantine à un euro, les aides au numérique, à l’équipement des lycéens et les projets de lycées professionnels implantés à La Réunion, dont celui du tourisme et de l’hôtellerie à Saint-André.
“Ici, on ne vient pas pour nous marcher dessus. Il a manqué de respect aux femmes réunionnaises. Ces gens-là, on ne les veut plus ici.”
Écoles, solidarité et services de proximité
Joé Bédier est notamment revenu sur l’état du bâti scolaire à son arrivée en mairie, qu’il jugeait “alarmant”. Il affirme avoir engagé la réhabilitation de la moitié des écoles de la commune pour un montant de 15 millions d’euros, avec une seconde phase déjà programmée.
Il a également mis en avant les politiques sociales menées : création d’un pôle handicap malgré l’absence de compétence communale, maisons France Services, maisons pour tous, soutien aux associations, mise en place d’une patrouille environnement pour lutter contre les dépôts sauvages, et revalorisation du personnel communal.

"Je ne suis pas attaché à un poste, je suis attaché à Saint-André"
En conclusion, Joé Bédier a annoncé officiellement sa candidature à un nouveau mandat, affirmant ne pas être attaché à un poste mais à la commune.
“Je ne suis pas attaché à un poste, je suis attaché à Saint-André", déclare le maire sortant qui veut "poursuivre le travail engagé".
Il a esquissé les grandes lignes de son projet pour le “grand Saint-André”, citant notamment le futur lycée des métiers du tourisme et de l’hôtellerie, un pôle universitaire, le Colosse Arena, ainsi que de nouveaux pôles économiques et de loisirs. Autant d’équipements qu’il présente comme les bases d’une ville “moderne, solidaire et tournée vers la jeunesse”.


