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Cantine à un euro, 3 000 emplois annoncés… Joé Bédier annonce son programme et vouloir briguer la Cirest

Ecrit par P.M. – le jeudi 5 février 2026 à 10H11
C'est en live sur les réseaux sociaux et face aux médias que Joé Bédier a présenté son programme.

Avant une distribution dans les boîtes aux lettres, c’est aux médias et aux internautes que le maire sortant et candidat à Saint-André a présenté les grandes lignes de son programme, qu’il qualifie de “clair, structuré et assumé”. Parmi les mesures phares figure l’instauration de la cantine à un euro dès la rentrée d’août 2026.

Économie, éducation, sécurité, employés communaux… Aucun domaine n’a été oublié. Pas moins de trois quarts d’heure auront d’ailleurs été nécessaires à Joé Bédier pour dérouler en direct, face aux internautes et aux médias, depuis sa permanence ce mercredi en fin de journée, son projet pour la période 2026-2032. Un projet qu’il présente comme “clair, structuré et assumé”.
Mais c’est d’abord par quelques mots sur son bilan qu’il a commencé son discours.  Un mandat qu’il qualifie d’“exigeant”, mais au cours duquel, selon lui, “les résultats sont visibles”, évoquant au préalable “des décennies d’immobilisme, de retards accumulés et de renoncements”.

Des mesures “concrètes et immédiates”

Saint-André se transforme”, affirme-t-il, citant une ville “plus propre”, un centre-ville engagé dans des rénovations, la modernisation des services municipaux et le lancement de projets structurants, “longtemps absents”. Une transformation qu’il juge réelle mais encore fragile : “Une ville ne se reconstruit pas en un seul mandat. Revenir en arrière aujourd’hui serait une faute.”

Pour la période 2026-2032, Joé Bédier assure vouloir s’inscrire dans la continuité avec des mesures “concrètes et immédiates” dès le début du prochain mandat.

La cantine à un euro : "150 à 200 euros de gain annuel"

Mesure phare du programme, la cantine à un euro pour tous les enfants scolarisés à Saint-André est annoncée dès la rentrée d’août 2026 en cas de victoire le 22 mars dans les urnes.

C’est un choix clair, celui des familles, celui de l’égalité, celui de la solidarité”, a insisté le maire sortant.

Selon lui, cette mesure permettrait une économie comprise entre 150 et 200 euros par an et par enfant pour les familles, tout en garantissant à chaque élève un repas équilibré, essentiel “pour la santé, la concentration et la réussite scolaire”.

Interrogé, il chiffre le coût pour les finances de la ville à un million d’euros par an qu'il compte financer en partie par des économies sur la régie des recettes.

La cantine à un euro nous permettra d’économiser entre 600 000 et 700 000 euros”, affirme-t-il. "Demain, il n’y aura plus de collecte, plus de régie. Les économies se font là.” 

Au colosse, la première pierre du lycée du tourisme et de l'hotellerie est prévue d'ici la fin du trimestre.

Éducation : deux nouvelles écoles et un"pôle éducatif"

Sur le volet éducatif, Joé Bédier annonce la construction de deux nouvelles écoles, l’une dans le cœur de ville, l’autre à Bras des Chevrettes, où la pression démographique est jugée forte.

En parallèle, la municipalité prévoit la poursuite de la réhabilitation des écoles existantes, pour un montant global de 15 millions d’euros.

Il évoque également le renforcement du soutien scolaire assuré par des étudiants saint-andréens rémunérés, ainsi que la montée en puissance de la Maison des jeunes, inaugurée en 2025.

Le candidat met également en avant le développement d’un "pôle éducatif" au Colosse, appelé à accueillir à terme un campus universitaire, des grandes écoles et des centres de formation, avec l’objectif de renforcer l’offre de formation dans l’Est et de favoriser l’insertion professionnelle des jeunes, notamment via la création du lycée des métiers du tourisme et de l’hôtellerie, porté par la Région. La pose de la première pierre est annoncée pour le premier semestre 2026 pour une ouverture en 2028.

Économie : "Un socle d'au moins 3 000 emplois"

Le développement économique constitue, selon Joé Bédier, “un levier central pour l’emploi et le pouvoir d’achat”. Il rappelle son ambition de créer plusieurs zones complémentaires : un pôle industriel et logistique à Bois-Rouge de 10 ha, intégrant un pôle logistique “2.0” et un projet de data center ; une zone d’activités économiques à Cambuston ; un pôle artisanal et agroalimentaire à Ravine Creuse (œufs, abattoir adapté, biscuiterie, unités de conditionnement), avec un espace permanent d’expo-vente ; un pôle commercial renforcé en centre-ville ; un pôle touristique et de loisirs sur le domaine Martin Valliamé et le site du Colosse.

Couplé avec l'ouverture prévue de différentes infrastructures (écolodge au Colosse, Colosse Aréna…), l’ensemble de ces projets représentera, selon lui, “un socle durable d’au moins 3 000 emplois directs et indirects”.

Un débarcadère au Colosse

Dans la continuité de son volet dédié à l'économie, le candidat veut soutenir "une économie de proximité, créatrice de valeur et d’emplois durables" et les circuits-courts.

Il annonce la création d’un débarcadère au Colosse, doublé d'un "point d’accueil pour les visiteurs, d'activités nautiques" et un "appui aux circuits courts pour les produits de la mer". 

Le programme comprend la création d’un marché de gros, "doté d’une plateforme logistique et commerciale dédiée à la centralisation, au stockage et à la distribution des produits locaux". Un équipement également revendiqué, pour l'heure, du côté de Saint-Benoît. 

Centre-ville : cinéma, stationnement et équipements

La redynamisation du centre-ville passe pour le maire sortant par l’implantation d’un cinéma de trois salles dans le cadre du projet MAVA (Martin Valiamé).
Nous préférons trois salles pleines que dix salles à moitié vides”, explique le maire.

Un parking en silo est également prévu, tout comme la création d’un nouveau centre technique municipal et d’une nouvelle cuisine centrale, l’actuelle étant jugée "obsolète".

Présentation l'an dernier du centre de supervision urbaine (CSU) temporaire de la police municipale.

Une brigade motorisée de police municipale

Sur le volet sécurité, Joé Bédier veut installer rapidement trente caméras de vidéoprotection supplémentaires pour arriver à un total de 100 sur la commune et atteindre le nombre de 30 agents municipaux avec la création d’une brigade motorisée.

Le candidat veut par ailleurs mettre en place des permanences « Police dan zot quartier » et créer une Maison de la Tranquillité Publique.

Côté déplacements, le programme prévoit notamment la création d’un plan vélo et d'une " diagonale vélo" traversant le centre-ville et la mise en place d'une navette municipale dédiée spécifiquement aux séniors.

Un "pass'Saint-Andréen" de 100 euros pour les jeunes

La culture est présentée comme un "levier de lien social", avec la création annoncée d’un festival créole, d'une programmation culturelle dans les quartiers et des animations sur le littoral de Champ-Borne.

Autre mesure à volet social : la création d’un pass’ Saint-Andréen, un crédit annuel de 100 euros par jeune, destiné à financer une activité sportive, culturelle ou associative.

Mon objectif est simple : un jeune, une activité”, a martelé Joé Bédier, rappelant que 37 % des enfants saint-andréens vivent dans un milieu pauvre, selon l’Insee.

Social : un prêt à taux zéro

Sur le plan social, la construction d’un nouvel EHPAD figure dans le programme.
Le programme prévoit également la mise en place d’un prêt à taux zéro pour aider les ménages modestes à s’équiper en biens "indispensables". Il cite notamment l'achat de mobilier : "On doit pouvoir être présent et accompagner les gens dans le temps, de manière à ce qu'ils puissent acheter vraiment ces choses essentielles".

Lors de l'inauguration de la Maison des séniors l'année dernière.

Eau et intercommunalité : la CIREST en ligne de mire

Sur le sujet très attendu par les Saint-Andréens de l'eau, Joé Bédier fait du sujet une priorité avec un slogan répété plusieurs fois : “L’eau, tout le temps et pour tous, ce n’est pas négociable.”

Il évoque la modernisation des réseaux, le renforcement des capacités de stockage et l’extension de la station d’épuration de l’Est, estimant que sans ces investissements, “le préfet pourrait un jour interdire la délivrance de permis de construire”.

Une transition toute trouvée pour aborder la CIREST, dont la gestion de l’eau est l’une des compétences majeures.

Saint-André est la commune la plus peuplée de la microrégion Est. À ce titre, elle est pleinement légitime à exercer la présidence de la Cirest”, affirme le maire sortant, estimant que la ville “a été empêchée de peser à la hauteur de son poids réel”. La conséquence selon lui du "choix de l’opposition saint-andréenne de soutenir un maire extérieur à notre commune". 

Interrogé, il confirme que, s’il est réélu, il briguera la présidence de la Cirest, "Saint-André doit retrouver la place qui est la sienne à la présidence de la CIREST, pour défendre ses habitants, leurs emplois, leur sécurité et leur quotidien".

Une gestion "en bon père de famille"

Interrogé sur la capacité financière de la ville face à ces nouvelles dépenses, Joé Bédier se veut rassurant :

Je ne peux pas me permettre de lancer des projets sans pouvoir les financer. Tout ce que j’ai dit dans mon projet municipal de 2020, je l’ai fait, et même au-delà.”

Il évoque le résultat d'une gestion “en bon père de famille”, fondée sur la "suppression du superflu" et une rationalisation des dépenses qu'il compte poursuivre en cas de nouveau mandat. 

Dire la vérité, c’est mon rôle. Toutes les économies réalisées seront ensuite redistribuées à la population.” Il chiffre par exemple à près d'un million d'euros par an l'économie réalisée par la suppression "de plus de cent véhicules de fonction. C'est une carte de carburant avec, et parfois on remplissait même des jerricanes. Il ne faut pas être étonné.”

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