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La pub qui fait jaser dans le Journal de l'île...

Ecrit par zinfos974 – le mercredi 7 décembre 2011 à 14H46

 

En ouvrant le Journal de l'île, lundi matin, certains se sont peut-être attardés sur une publicité plutôt osée mettant en scène, non pas - une fois n'est pas coutume - une femme, mais un homme, à moitié nu, assis au milieu d'une botte de foin dont quelques pailles ont été délicatement posées au niveau du sexe, histoire de cacher ce que nous ne saurions voir !

Alors simple provocation ou envie de bien faire en exposant un homme nu au lieu d'une femme? Le slogan qui accompagne la publicité, "...elles vont faire tout un foin!", ne laisse guère de place au doute. La société de vente de voitures vantée par cette pub n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai.

Elle avait déjà été la cible d'une association de lutte contre les violences faites aux femmes, Femmes Solid'air, qui avait estimé dégradantes d'anciennes publicités. La dernière fois, en mai dernier, le collectif avait manifesté devant les grilles du concessionnaire pour rappeler le lien qui existe entre le fait d'objectiver une personne et le phénomène de violence envers les femmes que connait notre Département.

Les associations de lutte contre les violences en feraient-elles vraiment tout un foin? En allant recueillir les réactions de plusieurs associations, une représentante de Chancégal nous a expliqué que, depuis quelques mois, un travail de pédagogie et de dialogue a été lancé, notamment auprès des publicitaires. Le concessionnaire automobile à l'origine de cette publicité a justement été contacté sur ce point...

"Après plusieurs entretiens, il ressort que nos arguments ont bien été entendus, la société a montré sa volonté d'évoluer mais elle n'entend pas pour autant changer le créneau choisi, la provocation, ni même s'éloigner du schéma vendeur qu'est la femme associée au monde de l'automobile", explique une représentante de l'association.

Une progagation "dangereuse de stéréotypes sexistes"

A propos de la publicité, "on note effectivement une certaine évolution dans la communication puisqu'il s'agit d'un homme. Dans leur raisonnement, il y avait une volonté de bien faire. Mais évidemment, pour nous, ce n'est que le signe qu'il y a encore du travail pour faire comprendre que, homme ou femme, cela reste une atteinte à la personne humaine", poursuit-elle.

La représentante de Chancégal est bien moins tendre pour ce qui est du prestataire qui a conçu la publicité. "Nous avons mis un peu de temps à savoir qui se cachait derrière la conception de cette publicité volontairement non signée. Le concessionnaire passerait en fait directement commande auprès de la régie publicitaire interne du Journal de l'île, qui diffuse ensuite la publicité. Un publicitaire qui conçoit une publicité et un média qui la diffuse ont au moins autant de responsabilités qu'un annonceur dans la propagation de dangereux stéréotypes sexistes. Mais quand il s'agit de d'une unique et même entité, cette responsabilité nous semble encore aggravée", dénonce-t-elle.

Cette publicité est l'illustration parfaite de la nouvelle tendance du "publisexisme". Puisque le but premier de la publicité est de provoquer, d’accrocher le regard, les annonceurs vont s’efforcer d’exploiter ou de parodier des thèmes socio-culturels, en particulier celui du statut social des femmes et du mouvement féministe. Une stratégie nouvelle qui donne du fil à retordre aux associations qui luttent contre les violences ou qui promeuvent l'égalité des chances entre les hommes et les femmes...

Pour plus d'informations, rendez-vous sur le blog [www.alertesexisme974.over-blog.com]urlblank:http://alertesexisme974.over-blog.com/

 

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