"Abandonnés" face aux "violences lycéennes", pourquoi le plus gros syndicat de police attaque l’État en justice

Le syndicat Alliance Police nationale a annoncé mercredi 14 octobre son intention de porter plainte contre l’État pour "mise en danger de la vie d’autrui". Il dénonce des consignes floues et contradictoires données aux policiers mobilisés face aux manifestations lycéennes.
La mobilisation lycéenne a bien eu son acte V toujours sur fond de tensions entre les forces de l’ordre et les manifestants. Le syndicat Alliance Police nationale a annoncé mercredi 14 octobre vouloir saisir la justice contre l’État, qu’il estime "responsable de la mise en danger des policiers intervenant sur le terrain".
Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’organisation dénonce des "injonctions contradictoires" et des "consignes floues" transmises aux fonctionnaires. Cette dernière pointe un "décalage entre les déclarations publiques du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, et les instructions opérationnelles adressées aux policiers".
"Sur le terrain, la réalité est tout autre : des policiers esseulés, trahis, abandonnés, exposés à la violence et livrés à la vindicte", affirme le syndicat. Alliance réclame que la "chaîne de commandement soit examinée afin d’identifier les responsables des consignes contestées et d’établir les éventuelles responsabilités au sein de l’État".
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Cette initiative s'apparente un peu à un contre-pied puisque les interventions policières pendant les mobilisations font également l’objet de critiques et d’enquêtes, après plusieurs blessés parmi les jeunes manifestants. Selon le Premier ministre Sébastien Lecornu, 937 policiers et gendarmes ont été blessés depuis le début du mouvement, dont 40 au cours de la seule journée de mardi. Le chiffre communiqué ne précise ni la gravité ni les circonstances de ces blessures.
La plainte annoncée par Alliance ouvre ainsi un nouveau volet judiciaire dans la gestion du mouvement. Le syndicat entend faire examiner les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre ont été dirigées et déterminer si les décisions prises ont pu les exposer à des risques.
À ce stade, il s’agit des accusations portées par l’organisation syndicale, qui devront être examinées par la justice.


