La tête présumée d'un réseau de mules de cocaïne entre Paris et La Réunion interpellée, 200.000 euros de marchandise saisis

Avec l’interpellation d’une mule chargée de 480 g de cocaïne vendredi dernier, les policiers ont pu remonter à la tête de réseau présumée d’un trafic de cocaïne entre Paris et La Réunion, investigué sous commission rogatoire depuis près d’un an.
Le réseau était bien structuré, au point de poursuivre son activité pendant près de dix mois malgré l’interpellation depuis janvier de plusieurs de ses membres. Vendredi 9 octobre, les policiers du Service territorial de police judiciaire (STPJ) semblent avoir mis le coup de grâce à un réseau de trafic de cocaïne entre l’Ile-de-France et La Réunion en interpellant en flagrant délit une « mule » tout juste débarquée de Paris et transportant 480 g de cocaïne « in corpore. »
Le "boss" attendait en ville
Pincée avec la personne venue l’accueillir à l’aéroport Réunion-Roland Garros, elle-même soupçonnée d’avoir joué les passeurs quelques jours plus tôt, cette mule a permis aux enquêteurs d’arrêter dans la foulée la tête présumée du réseau, un homme originaire de l’Hexagone installé depuis quelque temps à La Réunion.
Celui-ci a été appréhendé alors qu’il attendait la mule et son chauffeur en centre-ville de Saint-Denis. Sa compagne, ainsi qu’un complice présumé résidant au Port, ont également été placés en garde à vue.
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Une mule d’argent arrêtée avec 18.000 euros
Un coup de filet qui intervient au terme de près d’un an d’enquête, démarrée en janvier dernier avec l’interpellation d’une « mule d’argent » qui s’apprêtait à embarquer à Gillot sur un vol pour Paris, trouvée en possession de 18.000 euros en espèces. Avec un complice, ils étaient mis en examen et écroués dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour trafic de stupéfiants.
Au fil des mois, menant opérations de surveillance, interceptions téléphoniques et investigations bancaires, les policiers agissant sous commission rogatoire d’un juge d’instruction parvenaient à dessiner les contours d’un trafic bien rodé entre la région parisienne et le chef-lieu, employant le vecteur aérien des mules mais également celui des colis postaux.
Colis postaux et mules bien payées
En cours d’année, les enquêteurs interceptaient ainsi un colis chargé de 253 g de cocaïne et, au mois de juillet dernier, coinçaient une autre mule chargée de 500 g de cocaïne. Des arrestations qui, visiblement, n’ont pas empêché le chef présumé du réseau de poursuivre le business.
Une activité également lucrative pour les mules embauchées, rémunérées entre 5 et 7.000 euros pour un aller-retour tous frais payés à La Réunion, avec convoyage de stupéfiants ou d’argent liquide. Au total, ce sont près de 200.000 euros de produits qui ont été saisis dans le cadre de l’enquête.
Quatrième réseau démantelé depuis janvier
Présentés mardi 13 octobre au juge d’instruction en charge du dossier, quatre suspects dont la tête présumée du trafic ont été mis en examen, avec des réquisitions de placement en détention.
Une affaire qui vient illustrer une nouvelle tendance de l’organisation du trafic de stupéfiants, impliquant à la fois des Réunionnais et des résidents de l’Hexagone, qui viennent désormais s’installer dans l’île afin d’y superviser l’importation et la revente des produits. Il s’agit du quatrième réseau de mules démantelé par le STPJ de La Réunion depuis le début de l’année.


