Assassinat de Shana : émotion et épuisement au deuxième jour du procès en appel

Consacrée à l’audition des parties civiles puis à l’interrogatoire de l’accusé sur les faits, la deuxième journée du procès en appel du second assassin présumé de Shana en 2023 à Saint-Pierre a rouvert pour la famille de la victime « une cicatrice douloureuse. » La question d'une éventuelle altération du discernement a également été débattue.
Il a fallu, une fois de plus, prendre la parole face aux juges et aux jurés, pour raconter qui était Shana, et la souffrance qu’a causée sa disparition tragique. La deuxième journée du procès en appel de l’assassin présumé de la lycéenne dionysienne en 2023 à Saint-Pierre a débuté mardi 13 octobre avec l’audition des parties civiles.
"Comme rouvrir une cicatrice"
Tour à tour, les parents de la jeune fille sont venus déposer à la barre pour décrire cette jeune fille de 15 ans « gentille et discrète », « une perle » devenue la proie idéale pour un couple d’adolescents animés d’intentions meurtrières.
« C’est difficile de parler de ma fille. C’est comme rouvrir une cicatrice » a seulement commenté Mickaël Alicalapa, le père de Shana, les yeux rougis par l’émotion après sa déposition.
« La famille est éreintée. Ils n’ont qu’une seule hâte, c’est qu’on en termine et qu’ils puissent essayer d’oublier l’accusé », relaye Me Julien Barre, avocat de la partie civile.
L’accusé interrogé sur les faits
L’autre moment crucial de la journée aura été l’interrogatoire de l’accusé sur les faits, débuté en milieu d’après-midi. L’audience se déroulant toujours à huis clos, difficile de savoir si l’accusé, 19 ans aujourd’hui, et qui était « resté de marbre » lors du premier procès, a évolué dans sa version des faits ou sa perception des actes commis. Ni s'il a, cette fois-ci, exprimé des regrets.
Durant l’instruction, il avait reconnu avoir tendu un piège à la victime avec l’aide de sa petite amie. Le jeune couple avait dit vouloir « voir ce que ça faisait de faire du mal à quelqu’un. » L’adolescent avait même évoqué une envie ancienne de tuer, indiquant avoir déjà fomenté le meurtre de sa précédente petite amie sans toutefois arriver à ses fins.
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L'altération du discernement en débat
« Pour être un serial killer, il faut trois victimes. Du coup, j’ai un peu raté », avait-il déclaré en cours d’instruction, à la stupéfaction de ses interlocuteurs. Notamment des experts psychiatres, dont deux ont commencé à déposer devant la cour en fin de journée. Les échanges ont tourné autour d'un trouble de la personnalité et d'une éventuelle altération du discernement de l'accusé au moment des faits, qui avait été écartée en première instance malgré les demandes de la défense.
L’audience reprendra mercredi 14 octobre pour un examen approfondi de la personnalité de l’accusé, condamné à la peine maximale de 30 ans de réclusion en première instance. Le verdict est attendu en fin de semaine.


