Saint-Pierre : un conflit familial autour d'un terrain dégénère en coup de sabre

Un différend familial autour d'un terrain à Bois d'Olives, à Saint-Pierre, a viré en violence le 4 juillet dernier. Un homme a porté un coup de sabre à son beau-frère, lui occasionnant 21 jours d'incapacité totale de travail (ITT).
Depuis des années, les relations sont conflictuelles au sein de cette famille de Bois d'Olives, à Saint-Pierre. Au cœur des tensions, un terrain familial sur lequel vivent plusieurs proches. Les disputes se succèdent, tout comme les plaintes déposées de part et d'autre. Le 4 juillet dernier, ce différend prend une tournure particulièrement violente.
En milieu de journée, après avoir consommé quatre bières, le prévenu s'en prend à son beau-frère dans la rue. Armé d'un sabre, il lui assène un coup en menaçant d'en finir avec lui. La victime parvient à protéger son visage en levant le bras. La lame atteint son avant-bras gauche, lui occasionnant une blessure qui entraînera 21 jours d'ITT.
L'affrontement ne s'arrête pas là. Le beau-frère réussit à ceinturer son agresseur, à le faire tomber puis à lui porter plusieurs coups. Le prévenu est notamment blessé à l'arcade sourcilière. La scène est filmée par sa femme, sœur de la victime.
À l'arrivée des policiers, le prévenu présente un taux d'alcool de 0,3 mg par litre d'air expiré.
"J'ai vu rouge"
Au cours de ses auditions, le prévenu livre deux versions des faits. Il affirme d'abord que son beau-frère aurait sorti le sabre en premier. Puis il reconnaît avoir lui-même pris l'arme après avoir appris, par son épouse, qu'une nouvelle dispute avait éclaté. À la vue de son beau-frère, il explique avoir "vu rouge" avant de se précipiter sur lui avec le sabre.
À la barre, il exprime ses regrets. "Je regrette sincèrement. Je suis désolé d'en arriver là." Mais il revient aussi sur les tensions qui empoisonnent les relations familiales. "Tout le temps des foutants, envoi des trucs, du café sur notre portail, tout le temps de la provocation", déplore-t-il.
"On ne résout pas le conflit par les armes", le rappelle fermement la présidente du tribunal. Depuis les faits, les deux hommes ne se fréquentent plus. Le prévenu a quitté les lieux pour aller vivre chez sa fille.
L'affaire fait écho à un précédent judiciaire. En 2007, le prévenu avait déjà été condamné pour des violences avec arme commises sur un autre membre de sa belle-famille.
"On a quand même frôlé la catastrophe"
Pour la vice-procureure, la gravité de cette nouvelle agression ne peut être minimisée. "On a quand même frôlé la catastrophe. À quel moment ça s'arrête ?", interroge-t-elle. Le ministère public déplore un "conflit qui dure depuis des décennies et manifestement pas près de s'arrêter".
La vice-procureure requiert deux ans d'emprisonnement, dont un an assorti d'un sursis probatoire, avec une partie ferme aménageable. Elle demande également une interdiction de contact et de paraître au domicile de la victime. "La séparation durable semble être la seule solution", estime-t-elle, soulignant que c'est le prévenu qui a commis cet acte grave.
La défense rappelle, pour sa part, le contexte d'un affrontement familial ancien autour d'un terrain partagé. Elle sollicite une peine entièrement assortie d'un sursis probatoire, estimant que la décision du tribunal doit "poser les bornes" pour éviter de nouveaux débordements.
Au regard de la gravité des faits et du précédent judiciaire du prévenu, le tribunal prononce une peine de deux ans d'emprisonnement intégralement assortie d'un sursis probatoire. Le condamné devra respecter des obligations de soins et de travail. Il lui est interdit d'entrer en contact avec la victime et de paraître à son domicile pendant deux ans. Une interdiction de porter une arme pendant dix ans est également prononcée. Enfin, il devra verser 5 000 euros à son beau-frère en réparation de son préjudice moral.


