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Grand Bois : un enfant mordu par un chien, son propriétaire condamné

Ecrit par Gaetan Dumuids – le lundi 12 octobre 2026 à 07H45

Un homme a été condamné vendredi 9 octobre par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre à huit mois de prison avec sursis après l’attaque de son chien sur un garçon de 6 ans. Il lui est également interdit de détenir un chien pendant cinq ans. L’enfant, mordu au cou et à la jambe, a reçu 14 points de suture.

Le petit garçon lui avait demandé de ne pas ouvrir le portail. Le 21 juin 2025, à Grand Bois, Patrick G l’a pourtant ouvert avant de s’éloigner, laissant sortir l’un de ses trois chiens. L’animal, un malinois croisé, s’est jeté sur l’enfant qui jouait devant son domicile.

Le chien mord le garçon au cou et à la jambe, sous les yeux de sa mère. Si la morsure au cou n’est pas perforante, celle de la jambe nécessite 14 points de suture. Patrick tente d’intervenir pour dégager l’animal, mais, fortement alcoolisé, tombe sur le garçon.

Vendredi, il répondait de ces faits dans le cadre des échecs de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Trois infractions lui étaient reprochées : les blessures involontaires causées par son chien alors qu’il était manifestement ivre, la divagation d’un animal dangereux et la détention d’un chien de plus de quatre mois non identifié.

Un prévenu alcoolisé à l’audience

Dès le début de l’audience, le président du tribunal demande à Patrick s’il a bu. « Un peu, pas trop », répond le prévenu, qui présente des signes d’alcoolisation. Interrogé sur sa reconnaissance des faits, il répond également : « Pas trop. »

Patrick affirme que son chien n’était pas agressif. Le président lui oppose les constatations des policiers : les animaux se montraient si agressifs qu’ils n’avaient pas pu s’en approcher pour les photographier.

Me Audrey Marimoutou, avocate de la mère et de l’enfant, lui demande alors pourquoi il a ouvert le portail malgré l’avertissement du garçon. « Alors là, je ne sais pas », répond-il laconiquement. Il explique que la fourrière a depuis emmené ses chiens : « Depuis que je n’ai plus de chiens, j’ai plus de problèmes. »

« J’ai cru que j’allais perdre mon garçon »

Venue témoigner, la mère décrit la peur ressentie pendant l’attaque. « J’ai cru que j’allais perdre mon garçon », confie-t-elle. Son fils, qui aimait les chiens et les autres animaux, en a désormais une peur panique. Elle rapporte qu’il est toujours tétanisé lorsqu'il voit un chien et fait des cauchemars.

Pour Me Marimoutou, les conséquences de l'attaque dépassent donc les simples blessures physiques. L’avocate insiste sur le traumatisme subi à seulement 6 ans et sur les souffrances de la mère, témoin de la scène. Elle juge particulièrement inquiétant que Patrick soit alcoolisé à l’audience comme le jour des faits et dénonce son absence de remise en question.

Elle réclame 3 000 euros pour le préjudice moral de l’enfant, 800 euros pour celui de sa mère et 800 euros de frais d’avocat.

Le parquet requiert un travail d’intérêt général

Le procureur s’interroge à son tour sur la conscience qu’a Patrick de la gravité de l’attaque. Il constate seulement sa détermination à ne plus avoir d’animaux. Le prévenu a déjà été condamné en 2017 pour conduite sous stupéfiants et défaut d’assurance.

Le parquet demande sa relaxe pour la divagation, mais maintient les deux autres poursuites. Il requiert 100 heures de travail d’intérêt général, une interdiction de détenir un animal pendant cinq ans et 150 euros d’amende.

Huit mois de prison avec sursis

Le tribunal prononce la relaxe pour la divagation et retient la culpabilité de Patrick pour les blessures involontaires et la détention d’un chien non identifié. Il le condamne à huit mois de prison avec sursis, à une interdiction de détenir un chien pendant cinq ans et à 150 euros d’amende.

Sur les intérêts civils, Patrick devra verser 3.000 euros pour le préjudice physique et les souffrances endurées par l’enfant, 800 euros pour le préjudice moral de sa mère et 800 euros de frais d’avocat. Les demandes de la CGSS seront examinées lors d’une audience ultérieure sur les intérêts civils.

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