Assassinat de Shana : le troisième procès d’un parcours judiciaire interminable pour les proches de l’adolescente tuée à Saint-Pierre

Ayant fait appel de sa condamnation à 30 ans de réclusion criminelle, l’un des deux accusés de l’assassinat de Shana en 2023 à Saint-Pierre comparaît encore une fois devant la cour d’assises des mineurs à partir d’aujourd’hui. Un troisième procès, synonyme pour les parties civiles d’une nouvelle et éprouvante confrontation avec le meurtrier présumé de la jeune fille.
Il avait reconnu et assumé les faits, regrettant seulement que son projet de devenir « un serial killer » ait été contrarié si tôt. Condamné le 10 novembre 2025 à la peine de 30 ans de réclusion criminelle, le maximum prévu par la loi pour un mineur âgé de 16 ans au moment des faits, le Saint-Pierrois reconnu coupable de l’assassinat de la jeune Shana Alicalapa en septembre 2023 à Saint-Pierre, avait exercé son droit d’appel quelques jours plus tard.
Détenue dans l'Hexagone, la meurtrière entendue par visioconférence
Alors qu’il aura 20 ans le mois prochain, le jeune homme comparaît donc à partir de ce lundi 12 octobre devant la cour d’assises des mineurs en appel, pour un troisième procès qui s’apparente à une nouvelle épreuve pour la famille de la victime et ses proches. Déjà ébranlés par le meurtre sordide de la lycéenne de 15 ans, ils avaient dû, en outre, se confronter à deux reprises aux accusés, un couple d’adolescents originaires du sud de l’île.
Or, la meurtrière avait dû faire l’objet d’un procès distinct devant le tribunal pour enfants de Saint-Pierre en septembre 2025 en raison de son âge, 14 ans au moment des faits. Condamnée à la peine maximale de 20 ans de réclusion criminelle, elle n’avait toutefois pas interjeté appel de la sentence et accepté la décision. Détenue dans un établissement pour mineurs du Nord de la France, elle devrait témoigner par visioconférence lors de cette nouvelle audience.
"Une situation pas envisagée par le législateur"
« C’est une situation que le législateur n’avait pas envisagée : deux mineurs impliqués dans un même crime mais avec un écart d’âge les faisant relever de juridictions différentes, ce qui contraint les parties civiles à revivre plusieurs fois le même et douloureux procès » a déploré l’avocat du père de Shana, Me Julien Barre, suggérant que soit étudiée « une modification des textes » pour ce cas de figure extrêmement rare.
Toujours est-il que c’est devant une cour d’assises autrement composée, avec neuf jurés au lieu de six, et assisté d’une nouvelle avocate désignée par le bâtonnier de Saint-Pierre, que l’assassin présumé de Shana se présentera ce lundi matin pour une audience qui se tiendra à huis clos pendant une semaine.
Excuse de minorité levée en première instance
Reste à savoir si l’accusé aura évolué dans son attitude depuis sa dernière comparution il y a moins d’un an. A l’époque, le jeune homme avait à nouveau reconnu les faits avec « un détachement sidérant » pour les parties civiles, et n’avait exprimé « aucun regret. » Si bien que l’avocate générale avait demandé, et obtenu, la levée de l’excuse de minorité permettant de lui faire encourir non plus 20, mais 30 ans de réclusion criminelle.
La défense avait tenté, en vain, d’obtenir le maintien de cette excuse de minorité ainsi que la reconnaissance d’une « altération du discernement » chez ce jeune présentant « un trouble grave de la personnalité » selon les experts.
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Le 16 septembre 2023, lui et sa petite amie de l’époque avaient attiré la jeune Dionysienne dans l’ancienne usine sucrière de Pierrefonds avant de lui donner la mort à coups de pierre. Interpellés quelques jours plus tard, les deux ados exprimant une fascination pour le gore déclaraient avoir tué cette innocente inconnue « pour voir ce que ça faisait de faire du mal à quelqu’un. »
La cour d’assises des mineurs rendra son verdict vendredi.


