Saint-Louis : à une semaine de sa sortie, il risquait cinq mois de prison de plus

Jugé vendredi 9 octobre au tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour des violences sur sa compagne, un Saint-Louisien risquait de rester en détention au-delà de sa sortie prévue la semaine prochaine. Le parquet a requis cinq mois ferme. Le tribunal a finalement prononcé un stage de sensibilisation aux violences intrafamiliales.
Sa sortie de prison approchait, mais une nouvelle condamnation pouvait la repousser. Sébastien, qui exécute actuellement trois peines, comparaissait vendredi pour des violences sans incapacité commises le 26 août 2024 à Saint-Louis, poursuivies en récidive. Cette affaire était examinée dans le cadre des échecs de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC).
Une dispute autour d’un soupçon de vol
Les faits remontent à une dispute au domicile de sa compagne. Sébastien la soupçonne de lui avoir volé de l’argent. Au cours de l’altercation, elle reçoit un coup de coude à la lèvre et saigne.
La jeune femme cache d’abord les violences à sa mère, avant de finir par se confier. C’est cette dernière qui dépose plainte. Lors de son audition, la compagne explique que le coup de coude était accidentel, mais qu’une gifle l’avait précédé.
Un coup accidentel, selon le prévenu
À l’audience, Sébastien nie avoir donné cette gifle. Pour le coup de coude, il répète qu’il se trouvait sur sa moto lorsque sa compagne lui a tiré le bras. En mimant le mouvement, il explique que son coude est parti vers l’arrière et l’a touchée.
Le président du tribunal accueille cette version avec ironie : « Et pas de chance, c’est tombé sur sa tête. » Il lui montre ensuite une photographie de sa compagne et relève trois traces de blessures pouvant laisser penser à plusieurs coups.
Sébastien maintient néanmoins sa version. Il évoque également sa sortie prochaine et un projet d’emploi à l’issue de sa détention.
Le parquet veut prolonger la détention
Pour le procureur, les blessures établissent les violences et les différentes traces ne correspondent pas à un coup unique. Il souligne que la plainte a été déposée par la mère et écarte l’idée d’une démarche motivée par un intérêt financier de la compagne.
Le magistrat rappelle ensuite les antécédents du prévenu : des condamnations pour violences sur cette même victime et sur sa propre mère, puis une affaire de stupéfiants. Il estime que Sébastien n’a pas tiré les leçons des sanctions et des aménagements dont il a bénéficié.
Il requiert cinq mois de prison ferme avec mandat de dépôt, une peine qui s’ajouterait aux trois actuellement exécutées.
La défense insiste sur les incertitudes
L’avocate reconnaît le poids du casier judiciaire de son client, mais conteste que celui-ci suffise à trancher les faits examinés vendredi. Elle soutient que Sébastien reconnaît les actes qu’il a commis et maintient le caractère involontaire du coup de coude.
Elle souligne aussi que la mère s’opposait à la relation, que le couple se voyait à son insu et qu’aucun témoin direct ne permet de départager les versions. Elle rappelle enfin la sortie prévue la semaine suivante et le projet professionnel de son client.
Un stage obligatoire
Le tribunal estime disposer de suffisamment d’éléments pour retenir la culpabilité. Le président distingue le coup de coude involontaire du coup volontaire rapporté et tient compte du fait que les faits sont antérieurs à la condamnation évoquée à l’audience.
Sébastien est condamné à suivre un stage de sensibilisation aux violences intrafamiliales. S’il ne l’effectue pas dans les délais imposés, il encourt quatre mois de prison.


