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"Je vais défoncer ta porte et te mettre en sang", prévient le concubin violent avant de passer à l’acte

Ecrit par Eric Lainé – le dimanche 11 octobre 2026 à 17H34

Yvan T., jaloux à l’extrême, a été condamné à 18 mois de prison dont six avec sursis probatoire pour une collection de dégradations et de violences envers sa compagne. Récit.

Yvan T., dix mentions à son casier dont sept pour des faits de violence, est dépeint comme un homme jaloux, possessif et paranoïaque. Ce qui fait de lui quelqu’un de dangereux pour sa compagne. Et il faut bien avouer à cet égard que l’enchaînement de faits pour lesquels il comparait devant le tribunal judiciaire, lundi 5 octobre, ne font que confirmer son ancrage dans la violence.

Yvan T. a retrouvé la liberté le 7 aout 2026 à l’issue de 11 mois passés en détention pour une précédente condamnation pour des violences. A sa sortie de prison, ce monstre de jalousie n’a qu’une obsession en tête, celle de retrouver sa compagne avec qui il est depuis un an et demi. Le souci est qu’il a été placé sous un strict bracelet électronique et qu’il ne peut pas lui rendre visite comme il le voudrait.

Rétroviseur cassé, porte défoncée et coup de poing au visage

Alors, il passe son temps à lui téléphoner et à lui envoyer des messages pour contrôler sa vie. Savoir qui elle voit et ce qu’elle fait de son temps. Quand elle ne répond pas, il la suppose infidèle. Le 21 août, il se rend devant son domicile à Saint-Paul et il dégrade le rétroviseur de sa voiture. Mais ce n'est qu'un coup de semonce. Quatre jours plus tard, il défonce sa porte d’entrée. Sa compagne, terrorisée, n’ose pas déposer plainte.

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Au téléphone, il lui promet des représailles. « Je vais te mettre en sang… Méfies-toi. » Et ce ne sont pas que des menaces en l’air. Car le 1er septembre, le terrible Yvan T. se présente chez elle. Elle reçoit un coup de poing en plein visage avec quatre jours d’ITT à la clé. Une fois encore, elle refuse de déposer plainte.

Traînée par les cheveux jusqu’à la chambre, sa tête cogne les pieds de la table de la salle à manger

Lui continue de ressasser sa rancœur. Samedi 3 octobre, il est chaud bouillant et se rend à nouveau chez elle. Pas pour menacer ou s’en prendre au mobilier mais pour la corriger. Il la saisit par les cheveux, la fait basculer sur le sol et la traîne ainsi à travers la salle à manger jusqu’à la chambre à coucher. Au passage, sa tête cogne les pieds de la table sous le regard halluciné d’une amie restée à dormir chez elle. Laquelle est si terrorisé face à ce déchainement de violence qu’elle n’ose pas s’interposer.

Dans le huis clos de la chambre, la malheureuse est giflée. Elle reçoit même un coup de pied dans le dos. C’est presque un miracle si elle n’a finalement que trois jours d’ITT. Cette fois, une plainte est déposée et Yvan T. se retrouve en garde à vue pour l’ensemble des faits que le président du tribunal judiciaire égrène à l’audience.

"On n’a pas encore inventé de bracelet avec une impulsion électrique comme pour les chiens quand ils aboient…"

Campé à la barre avec deux gendarmes derrière lui, le prévenu fait profil bas. « Je reconnais les faits. C’était sous la colère mais j’ai fait un travail là-dessus. Je suis désolé, je regrette… », répète-t-il à plusieurs reprises comme si cela suffisait à rassurer ses juges et à effacer ses violences d’un trait de plume.

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Le président lui indique qu’il était pourtant porteur d’un bracelet électronique mais que cela ne l’a pas empêché de passer à l’acte. « On n’a pas encore inventé de bracelet avec une impulsion électrique comme pour les chiens quand ils aboient… », note avec une pointe d’amertume le président du tribunal.

"Nous ne sommes pas dans une caverne au temps des Cro-Magnon"

La représentant du ministère public n’a pas plus tendre face à sa brutalité. « Nous ne sommes pas dans une caverne au temps des Cro-Magnon. Vous rendez-vous compte de la violence de cette scène où vous la traînée par les cheveux en lui cognant la tête sur les pieds de la table », s’offusque la magistrate.

Pour le substitut du procureur, le casier judiciaire du prévenu, les faits qui vont crescendo et leur violence « justifient un retour à Domenjod ». Elle requiert 18 mois de prison ferme avec une stricte interdiction d’entrer en contact avec la victime pendant deux ans.

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Son avocat va plaider au contraire en faveur d’un sursis probatoire le plus long possible. Le tribunal a finalement coupé la poire en trois en prononçant à l’encontre de Yvan T. une peine de 18 mois de prison dont six avec sursis probatoire. Il devra se conformer à plusieurs obligations comme celle de ne plus entrer en contact avec la victime et d’indemniser son préjudice, de travailler et de suivre des soins. Dans la foulée, il est reparti en détention.

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