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Assassinat de Shana : l’accusé reconnaît les faits et n'exprime "aucun regret"

Ecrit par S.G. – le jeudi 6 novembre 2025 à 19H59
La cour d'assises de La Réunion.

Interrogé jeudi 6 novembre par la cour d’assises des mineurs, le second accusé du meurtre de Shana en 2023 à Saint-Pierre a reconnu les faits sans manifester la moindre émotion.

C’était un moment redouté par les parties civiles autant que par la défense. Au deuxième jour de son procès, la cour a procédé jeudi 6 novembre à l’interrogatoire du deuxième accusé mineur de l’assassinat de Shana.

"Aucune empathie"

Aujourd’hui âgé de 18 ans (il en aura 19 lundi, le jour du verdict), le jeune homme a changé d’apparence physique après deux ans de détention provisoire. Look gothique, allure androgyne et longs cheveux noirs lui faisant étrangement ressembler à sa petite amie à l’époque des faits, le garçon est désormais plus athlétique, avec une coupe courte et des vêtements moins sombres.

Le discours, en revanche, n’a guère évolué. Alors qu’il ne s’était pas encore exprimé jusque-là, l’accusé a reconnu une nouvelle fois les faits avec « un détachement sidérant » selon les observateurs de ces débats à huis clos. « Egal à lui-même. Aucun regret, aucune empathie », ont noté les avocats de la partie civile, Mes Catherine Moissonnier et Julien Barre.

Silence sur le "pourquoi"

Une froideur déjà apparue lors de ses interrogatoires par la police ou le juge d’instruction, ou encore devant les experts chargés de l’examiner. Dans le box, il se montre toutefois avare de mots, parfois fuyant, et refusant de répondre à certaines questions embarrassantes.

« Il s'est exprimé un peu plus qu'au premier procès où il n'était que témoin. Il répond succinctement et parfois il ne répond pas, c'est son droit. Mais il ne répond pas aux questions peut-être plus dérangeantes, notamment sur le pourquoi » remarquent encore les avocats de la famille de Shana.

Ses anciens amis à la barre

Lycéen en décrochage scolaire à l’époque des faits, le Saint-Pierrois cultivait depuis longtemps une fascination pour le sang, les films gores, les affaires de cannibalisme et autres jeux vidéo violents. Un adolescent perturbé et ayant déjà eu des pensées suicidaires.

Mais l’idée d’un passage à l’acte envers autrui plutôt que lui-même se faisait de plus en plus présente, comme ont pu l'évoquer ses anciens amis ou une ex-petite amie, venus témoigner ce jeudi matin. A cette dernière, qu’il fréquentait avant de rencontrer sa coaccusée, il aurait même décrit « la manière dont il la tuerait et ce qu’il ferait à son cadavre » rapporte l’enquête. Il avait d’ailleurs reconnu le projet de passer à l’acte contre elle, quelques temps avant de rencontrer sa future partenaire dans le crime.

Dangereux pour les experts

Appelés à déposer cet après-midi, les experts psychiatres mandatés pour examiner l’adolescent durant l’instruction sont également venus restituer leurs conclusions. Si le premier médecin l'ayant vu en octobre 2023 estimait que le garçon pouvait présenter « un trouble grave de la personnalité » avec un « risque de récidive élevée », les experts suivants rejetaient pour leur part l’existence d’une maladie mentale.

Ils soulignaient en revanche l’absence de « sentiment de culpabilité » ou « d’empathie pour la victime » chez un jeune à la « personnalité narcissique » et à la dangerosité criminologique avérée. Qui, non content d’assumer avoir donné la mort à Shana, regrettait même de ne pas être allé plus loin.

« Pour être un serial killer, il faut au moins trois victimes. Ça m’énerve d’avoir juste été un assassin, du coup j’ai un peu raté », avait-il ainsi déclaré aux médecins estomaqués. Les experts se demandant tout de même dans quelle mesure le fait d’avoir agi « en binôme » avec l’autre accusée lui avait permis de mettre à exécution ses projets morbides, alors que les précédents étaient restés sans lendemain.

30 ans encourus en cas de levée de l'excuse de minorité

Un interrogatoire et des dépositions déterminantes, alors que se posera d’ici quelques jours la question d’une levée ou pas de l’excuse de minorité concernant le jeune homme. Les textes prévoient en effet que « à titre exceptionnel et compte tenu des circonstances de l’espèce, de la personnalité du mineur et de sa situation », la cour d’assises peut ne pas appliquer les règles d’atténuation de peines prévues pour les mineurs. La peine encourue passerait alors de 20 à 30 ans de réclusion criminelle. Ce que souhaitent les parties civiles.

Les débats se poursuivront vendredi avec l’audition des experts psychologues, de l'enquêteur de personnalité et d'un éducateur de prison, ainsi que des témoins cités par la défense. Réquisitoire, plaidoiries et verdict sont prévus lundi.

Lire aussi : La mineure condamnée pour l'assassinat de Shana n'a pas fait appel

Etiquettes : Meurtre de Shana

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