Second procès Shana : une nouvelle épreuve pour la famille de l’adolescente assassinée

À huis clos devant la cour d’assises des mineurs de Saint-Denis, le second suspect du meurtre de Shana, 15 ans, est jugé depuis ce mercredi. Un mois après la condamnation de la coaccusée, Joshua D., 16 ans au moment des faits, encourt jusqu’à 30 ans de réclusion criminelle.
C’est dans une salle d’audience bouclée, à huis clos, que s’est ouverte ce mercredi matin à Saint-Denis la seconde partie du drame Shana. Dans une atmosphère lourde, la famille de la jeune victime est venue nombreuse assister à ce nouveau procès, sous haute surveillance. Un dispositif particulier a été déployé : forte présence policière, salle de repos dédiée aux parties civiles, accompagnées par des juristes et une psychologue de l’Arajufa.
L’aménagement de la salle et de la cour vise à éviter tout contact entre la famille de Shana et celle de l’accusé, dont seule la mère était présente. Après le tirage au sort des six jurés populaires, la présidente a lu son rapport avant la déposition de l’enquêtrice de la brigade criminelle. Dans l’après-midi, la coaccusée, condamnée en septembre, doit être extraite du centre pénitentiaire pour témoigner.
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Un mois après la condamnation de la première accusée pour meurtre avec préméditation, c’est donc au tour de Joshua D., 16 ans au moment des faits, de répondre de sa participation au guet-apens mortel tendu à Shana, 15 ans, le 16 septembre 2023 à Saint-Pierre. Un procès distinct, imposé par la loi en raison de la différence d’âge entre les deux adolescents. La première, âgée de 14 ans à l’époque, avait été jugée par le tribunal pour enfants de Saint-Pierre ; lui comparaît cette fois devant la cour d’assises des mineurs à jury.
L’un des enjeux majeurs de ce nouveau procès réside dans la possible levée de l’excuse de minorité, mesure rare qui ferait passer la peine encourue de 20 à 30 ans de réclusion criminelle. Si un premier expert psychiatre avait décrit un « trouble grave de la personnalité », les deux contre-expertises ont conclu que le jeune homme avait agi « en toute lucidité », sans pathologie mentale décompensée, mais avec « une grande froideur » et « une absence totale de remords ».
Durant l’enquête, Joshua D. avait reconnu les faits et tenu des propos glaçants : « Moi je voulais en faire au moins trois pour avoir la qualification de serial killer. Ça m’énerve d’avoir été juste un assassin, du coup j’ai un peu raté ». Des mots qui résonnent aujourd’hui dans cette audience fermée au public, où la douleur des proches reste intacte.
Le verdict est attendu lundi 10 novembre.


