Revenir à la rubrique : Faits divers

Assassinat de Shana : la personnalité de l’accusé passée au crible

Ecrit par S.G. – le vendredi 7 novembre 2025 à 20H24
La cour d'assises de La Réunion.

La troisième journée de procès du second assassin présumé de Shana a été consacrée à la personnalité inquiétante de l’accusé. Réquisitoire et plaidoiries sont prévus lundi.

Après deux premières journées consacrées à l’examen des faits, les jurés se sont penchés vendredi 7 novembre sur la personnalité complexe de l’autre accusé du meurtre de Shana, âgé de 16 ans au moment des faits en septembre 2023.

Enquête de personnalité, expertise psychologique et rapport des éducateurs qui suivent le jeune homme depuis son placement en détention provisoire ont été évoqués devant la cour d’assises des mineurs.

La mère de l’accusé à la barre

La mère de l’accusé, ainsi que plusieurs de ses camarades, ont également été entendus. Mais même le témoignage de sa mère, exprimant son incompréhension vis-à-vis de l’acte commis par son fils, n’a semble-t-il pas réussi à fendre l’armure de l’accusé resté de marbre dans son box.

Se dessine alors le portrait d’un adolescent qui a pu être inconsciemment marqué par la séparation de ses parents durant sa petite enfance, mais qui a grandi par la suite dans une famille recomposée a priori sans histoire.

« Curiosité morbide »

Gros consommateur de jeux vidéo depuis le collège, à raison de huit à dix heures par jour, il évoque cependant durant l’instruction une passion pour les couteaux et les histoires de cannibalisme, abusant des vidéos gore et revendique une forme de « curiosité morbide ».

Une fascination pour le sang couplée avec un « manque d’empathie » évident pour les experts, et qui se confirme devant la cour. Peu expressif, sauf à aborder les sujets qui lui plaisent, l’accusé semble avoir renoncé à évoquer son admiration pour les tueurs en série, comme cela a pu être le cas durant l’enquête.

« Pas là pour minimiser »

Les professionnels confrontés au jeune mis en examen noteront tous « une froideur » et un « détachement » à l’évocation du meurtre de la jeune Shana, et une attitude souvent inappropriée, avec des éclats de rire ou des réflexions déconnectées de l’atrocité des faits. Mais un seul des quatre experts psychiatres l’ayant examiné a conclu à l’existence possible d’un trouble de la personnalité.

« La défense n’est pas là aujourd’hui pour minimiser. Nous entendons la peine, la colère, la tristesse de la famille de Shana », a déclaré l’avocate de l’accusé en fin d’audience, dessinant au passage la thèse qui sera défendue face aux jurés.

« Troubles psychiatriques » pour la défense

« L’objectif de la défense », a expliqué Me Soizic Panefieu, « c’est de trouver la peine juste au regard du profil de l’accusé, de son parcours de vie, mais surtout de ses troubles psychologiques et psychiatriques. »

Le procès reprendra lundi 10 novembre avec les plaidoiries des parties civiles et le réquisitoire de l’avocat général, qui pourrait réclamer la levée de l’excuse de minorité dont bénéficient les mineurs dans la procédure pénale. La parole sera ensuite donnée à la défense. Un verdict est attendu en fin de journée.

Lire aussi : Assassinat de Shana, l'heure du procès pour le second accusé

Etiquettes : Meurtre de Shana

Dans la même rubrique

0💬
Tri :