Flotte fantôme russe : ce que l’on sait du pétrolier dérouté vers La Réunion

Soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, le pétrolier DF Peak est dérouté vers La Réunion après un contrôle de la Marine nationale. Le parquet de Saint-Denis annonce ce mardi 13 octobre l’ouverture d’une enquête judiciaire. Les 21 membres d’équipage sont maintenus à bord. Le renseignement militaire ukrainien apporte plusieurs éléments sur son historique et rattache le tanker à Sovcomflot, un groupe public russe spécialisé dans le transport d’hydrocarbures.
Le DF Peak fait route vers La Réunion sous escorte militaire. Contrôlé lundi 12 octobre en haute mer, à près de 500 milles nautiques au sud de l’île, le pétrolier fait l’objet d’une enquête judiciaire après la découverte d’irrégularités concernant son pavillon.
La Marine nationale intervient pour vérifier la nationalité du navire, suspecté d’arborer un faux pavillon béninois. Selon la procureure de la République de Saint-Denis, « la visite effectuée à bord et l’examen des documents ont confirmé l’irrégularité du pavillon arboré ». Immédiatement avisé, le parquet, compétent au titre du tribunal maritime, ordonne son déroutement vers La Réunion.
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Une enquête ouverte, la confiscation du navire encourue
L’enquête porte sur la non-justification de la nationalité du navire par son capitaine lors d’un contrôle en mer. Cette infraction est passible de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende. La confiscation du pétrolier est également encourue.
Les investigations sont confiées conjointement à la gendarmerie maritime et au groupement de gendarmerie départementale de La Réunion. Elles doivent notamment établir les conditions d’exploitation du DF Peak et identifier son propriétaire ainsi que son armateur, « dont la responsabilité pénale peut être recherchée », précise le parquet.

Les 21 marins maintenus à bord
L’équipage compte 21 marins de plusieurs nationalités. Tous restent à bord et font l’objet de mesures de restriction et de privation de liberté pour une durée initiale de 48 heures, en application du code de la défense.
Sur saisine du parquet, le juge des libertés et de la détention peut prolonger ces mesures par périodes de 120 heures renouvelables.
Ce mardi, le navire poursuit sa route vers un lieu de mouillage au large de La Réunion, adapté à sa situation administrative et aux nécessités de l’enquête. Il est escorté par des moyens de la Marine nationale.
Un pétrolier soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe
Emmanuel Macron annonce l’opération lundi soir en la présentant comme une action contre la flotte fantôme, ces navires utilisés pour contourner les sanctions visant la Russie. Le président décrit le DF Peak comme suspecté de naviguer sous un faux pavillon et impliqué dans des activités illicites de transport de carburants. Auparavant appelé Kaliningrad, le pétrolier figure sur la liste européenne des navires sous sanctions.
La France est déterminée à lutter contre la flotte fantôme, partout dans le monde.
Ce matin, à plus de 450 nautiques au sud de La Réunion, notre Marine nationale a arraisonné le pétrolier DF Peak, suspecté de naviguer sous un faux pavillon et impliqué dans des activités illicites de transport de carburants.
Cette action, conduite conformément au droit international de la mer, témoigne de notre détermination à faire respecter le droit et à lutter contre tous les trafics illicites, où qu’ils se produisent.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) October 12, 2026
La plateforme War & Sanctions des renseignements militaires ukrainiens apporte plusieurs éléments sur son historique. Dans une fiche mise à jour le 5 octobre, elle présente le DF Peak comme affilié à Sovcomflot, un groupe public russe spécialisé dans le transport d’hydrocarbures, et comme participant au transport de pétrole brut russe malgré les restrictions occidentales.
Visé par des sanctions américaines depuis février 2024
Identifié par le numéro IMO 9341067, le navire est visé par des sanctions américaines depuis février 2024 et européennes depuis juin de la même année, selon cette base. Celle-ci signale également des interruptions de son système d’identification automatique, l’AIS, et des escales dans les ports russes de Primorsk et d’Oust-Louga, sans détailler les dates ni les circonstances de ces interruptions.
La plateforme désigne Hong Kong Ding Feng Shipping comme propriétaire et Zheng Xin Marine Ltd comme gestionnaire, sur la base d’informations datées du 19 juin 2025. L’identité du propriétaire et de l’armateur fait précisément partie des éléments que les enquêteurs français doivent établir.


