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"Cette personne nous met en danger" : des convoyeurs de fonds de Réunival en grève contre leur directeur adjoint

Ecrit par T.L. – le lundi 12 octobre 2026 à 17H05

Tôt ce lundi matin, des personnels de la société de transport de fonds Réunival ont entamé un mouvement de grève illimitée pour protester, notamment, contre une pression qu’exercerait leur directeur adjoint dans le but de les pousser à ignorer les réglementations de la sécurité.

Un débrayage chez les personnels en charge de remplir les distributeurs automatiques de billets (DAB) et 8 salariés en grève chez les convoyeurs de fonds : ce lundi 12 octobre, un mouvement de contestation a été déclenché par le syndicat CFDT de la société Réunival à Sainte-Marie. L’entreprise est l’une des trois à se partager le marché du transport de fonds à La Réunion, un secteur où les syndicats dénoncent régulièrement des atteintes aux règles de sécurité.

Lire aussi : Transport de fonds : sanction confirmée du CNAPS contre Réunival

 « Après la dernière grève, il y a eu une pluie de mises à pied », explique un gréviste de Réunival, en expliquant que certains de ses collègues ont préféré s’abstenir de rejoindre le mouvement par crainte de perdre leur travail. Ce salarié, qui revendique vingt ans d’ancienneté dans l’entreprise, se dit usé par la pression néfaste exercée par le directeur adjoint, qui cumulerait plusieurs fonctions, dont celle de formateur pour les exercices de tirs.

"Le témoin rouge des freins s'est allumé"

Une attribution qui lui est du reste contestée par le délégué syndical CFDT Nicolas Damour, qui explique que le directeur adjoint n’est pas habilité à être moniteur de tir, ne disposant pas des trois années d’expérience de roulage en camion blindé exigées. Le syndicaliste évoque le cas d’un salarié traumatisé psychologiquement et placé en accident de travail après de graves manquements aux règles de sécurité sur un champ de tir.

« Cette personne nous met en danger et ne respecte pas la réglementation. Récemment, le témoin rouge des freins s‘est allumé sur un véhicule et il a mis la pression sur plusieurs salariés jusqu'à ce que quelqu'un accepte de le conduire », assure Nicolas Damour. Celui-ci déplore une tentative du directeur adjoint d’induire en erreur les salariés en se prévalant d’un texte qui le dispenserait de respecter les règles de sécurité lorsque les colis transportés sont inférieurs à 30.000 euros de valeur.

Une grève dans un secteur où les syndicats sont ciblés

Récemment, un salarié qui refusait de déroger aux règles de sécurité s’est vu convoquer à un entretien préalable à sanction éventuelle, affirme Nicolas Damour. Des faits qui pourraient surprendre si des situations similaires n’avaient pas aussi été dénoncées, cette fois par la CFTC, au sein de la société concurrente Brink’s. Deux entreprises où les délégués syndicaux font l’objet de multiples procédures de licenciement.

Lire aussi : Dispositifs de sûreté incomplets, procédures floues et conditions de travail dégradées : le rapport qui plombe la Brink’s de Mayotte

La CFDT indique avoir alerté par courriers la préfecture, le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), l’Inspection du travail ou encore la commission départementale de sécurité. Sollicitée, la direction de Réunival n’a pas donné suite à notre demande à l’heure où nous publions ces lignes.

Etiquettes : CFDT | Grève | GU

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