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Diagonale des Fous : les élites péi entre ambition et prudence

Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 15 octobre 2026 à 12H01

À quelques heures du départ, les coureurs réunionnais affichent leurs objectifs pour une Diagonale des Fous longue de 180 km et de 10.200 mètres de dénivelé positif. Améliorer leur performance, retrouver l’arrivée ou composer avec une blessure : chacun aborde le défi avec ses propres attentes.

Le statut d’élite ne raccourcit ni les kilomètres ni les bobos. Avant de s’élancer sur la Diagonale des Fous, les coureurs péi préfèrent parler préparation, plaisir et ligne d’arrivée plutôt que pression. Cette édition 2026 leur réserve 180 km de course, avec un passage par Hell-Bourg qui promet une traversée plus technique.

Originaire de Saint-André, Gérard Moutiapoullé voit sa présence parmi les élites comme « un coup de projecteur » sur les athlètes locaux. Pour sa deuxième participation, il espère surtout connaître une meilleure course que l’an dernier, lorsqu’une blessure avait contrarié son parcours. Il vise un chrono autour de 29 heures.

Mais il mesure la difficulté du nouveau tracé. La portion allant de Mare à Boue à Hell-Bourg, notamment, lui paraît exigeante, avec de la boue et un terrain technique qui compliquent la progression.

Retrouver le chemin de l’arrivée

Grégory Filain, 37 ans, prendra son septième départ. Après son abandon en 2025 pour des problèmes gastriques, alors qu’il approchait du top 10 à Ratinaud-Kalla dans les hauts de La Possession, sa priorité est claire : terminer.

S’il se sent bien, il aimerait améliorer sa 16e place obtenue en 2024. Mais il veut d’abord retrouver le plaisir de franchir la ligne. Sa préparation a demandé de longues sorties en montagne, du dénivelé et des concessions sur les moments en famille.

« Je vis, je dors, je rêve, je mange course à pied », résume-t-il. Il compte aussi sur ses proches et ses amis chargés du ravitaillement pour l’aider lorsque les difficultés arriveront.

Amélie Huchet veut courir davantage après le Maïdo

Chez Amélie Huchet, la motivation s’accompagne d’une volonté de préserver sa fraîcheur. Elle a mieux réparti son volume d’entraînement et accordé davantage de place au repos pour soigner les douleurs de l’année précédente.

Elle arrive sans blessure et espère améliorer son temps, notamment en courant davantage à partir du Maïdo, où elle avait beaucoup marché l'an passé. Batailler pour le podium réunionnais et se rapprocher du podium féminin serait, dit-elle, « une immense fierté ».

Le récent trail de 80 km dans les Pyrénées lui a permis de travailler sa vitesse tout en conservant du temps pour récupérer. Le petit plus pour elle sera son compagnon également au départ. Chacun fera sa course, tout en espérant pouvoir partager quelques portions du parcours.

Sylvaine Cussot devra rester à l’écoute de son corps

Pour Sylvaine Cussot, il s'agit d'une sixième participation qui a longtemps été incertaine en raison d'une blessure. Une lésion apparue à la fin du mois d’août l’a contrainte à remplacer la course à pied par du vélo en septembre, avec des séances de kinésithérapie.

Elle dispose du feu vert pour partir, sans se considérer totalement remise. Son défi sera donc aussi de savoir rester raisonnable si la douleur revient. « On fera la course qu’on aura les moyens de faire », souligne-t-elle, en se détachant du statut d’élite.

Une première pour la Suissesse Ariane Vilhem

Face à ces habitués des sentiers réunionnais, Ariane Vilhem découvre l’île et le Grand Raid. Venue de Suisse, elle n’a encore jamais couru 180 km. Son objectif est de terminer, en recherchant « des émotions, de l’aventure, du partage ».

Cette sportive non professionnelle a consacré une partie de ses vacances à enchaîner les journées en montagne. Elle a aussi reconnu des sentiers à Salazie pour se familiariser avec le terrain.

Du « beau linge » sur les différentes courses

Pierre Maunier, président du Grand Raid, se réjouit du plateau réuni pour cette édition. « Il y a du beau linge sur toutes les courses », souligne-t-il. Sans avancer de noms de favoris, il estime que cette concurrence pourrait réserver « des surprises agréables ».

Lire aussi : Grand Raid : premier défi, récupérer son dossard dans la bonne humeur

Les coureurs devront aussi composer avec le passage par Hell-Bourg, où une nouvelle base de vie remplace celle de Cilaos. « C’est un essai, on verra ce que ça va donner », explique Pierre Maunier. Il annonce un tracé plus technique : « Là, c’est du trail, du vrai. » De quoi donner du travail aux élites, comme à l’ensemble des participants.

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