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Procès du "cabinet noir" de Didier Robert : un deuxième jour plus serein… ou pas

Ecrit par Lucas Candessoussens – le jeudi 15 octobre 2026 à 12H38

Deuxième jour du procès des emplois présumés fictifs à la Région Réunion sous la mandature de Didier Robert. Au menu de cette journée, la cour d’appel se penche sur le cœur du dossier.

La journée du 14 octobre s’était achevée sur l’audition de Didier Robert. Après avoir dressé son parcours professionnel, il s’est tu pendant la lecture des faits, décidé à faire valoir son droit au silence sous les conseils de Maître Philippe Creissen, qui le représente.

La suite a été consacrée à Vincent Bègue qui lui, s’est montré bien plus loquace que Didier Robert. Ancien directeur de cabinet, il est soupçonné de complicité de détournement de fonds publics.

Aujourd’hui à la barre, le cas d'Alfred Ablancourt est évoqué. Dans son audition, il parle du fait que Vincent Bègue lui a offert un rendez-vous pour être recruté en tant que conseiller technique. A la barre, il explique avoir agi sous le couvert du président de Région. Initialement engagé pour le « développement de la stratégie du sud », la présidente d'audience souligne que l’enquête montre que ce n’est pas ce qu’il a fait et qu’aucun appel à candidatures n’a été lancé.

Lire aussi : Mandat d’amener, désistement, charge contre des magistrats… Le premier jour du procès en appel du "cabinet noir" de Didier Robert est déjà mouvementé

Vincent Bègue se justifie : « il ne m’appartient pas de le faire. Ça relève du service juridique et des ressources humaines ». « Vous donnez le go, ce n’est pas la RH qui a signé… », lui rétorque la présidente. Il campe sur sa position.

De nouvelles suspensions...

Maître Creissen interrompt la présidente et s’énerve : « Vous ne refaites pas l’enquête à l’audience ! ». Conséquence immédiate, l’audience est suspendue.

A la reprise, la cour rappelle aux parties que le respect de l’institution judiciaire est de rigueur. La présidente appelle le bâtonnier (N.D.L.R : Maître Chendra Kichenin) et indique avoir fait une pré-alerte.  « Je souhaiterais que les articles du Code de procédure pénale soient respectés » conclut-elle pour clore l’incident.

Le tribunal s’intéresse par la suite au cas d’un autre conseiller technique relaxé : Yannick Gironcel. Puis il passe au cas de Jean-Charles Maroudé. A nouveau, l’interrogatoire de Vincent Bègue est interrompu par l’avocat de Didier Robert, qui s’interroge sur la pertinence de s’attarder sur les personnes relaxées. Pour la deuxième fois ce jeudi matin, l’audience est suspendue.

Questionnement sur les personnes relaxées

De retour à l’audience, les avocats de la défense sont invités à s’exprimer sur les auditions et les questions concernant les personnes relaxées dans ce dossier. Tous s’accordent à dire qu’ils ne comprennent pas pourquoi on s’attarde sur leur cas. La présidente estime que c’est nécessaire au respect du principe du contradictoire. Si les prévenus ne veulent pas répondre, c’est leur choix. « Il est normal que je les interroge sur ça. Cela ne préjuge en rien de la décision qui va être rendue ».

L’audience reprend donc et le tribunal enchaîne les lectures d’auditions et les interrogatoires. Après Vincent Bègue, le tribunal entend Jean-Louis Lagourgue, soupçonné d’avoir apposé sa signature sur plusieurs contrats. Un nouvel incident se produit : alors que la cour aborde le cas d’Ismaïl Aboudou (définitivement relaxé), Maître Creissen bondit du banc quand la présidente explique qu’il est rattaché à l’ancien cabinet de Didier Robert.

Là aussi, son avocat déplore un « manque d’impartialité » de la part de la présidente et souhaite que cela soit inscrit au greffe. Demande approuvée par la cour qui calme à nouveau le jeu. Cette matinée du 15 octobre se poursuit avec l’interrogatoire de Vincent Bègue.

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