Fusillade au collège d'Aubagne : le suspect de 14 ans mis en examen pour terrorisme et incarcéré

L'enquête sur l'attaque par balles survenue au collège Joseph-Lakanal à Aubagne a franchi une étape judiciaire majeure ce mercredi 14 octobre. L'auteur présumé, un élève de 14 ans accusé d'avoir tiré sur le principal et une enseignante de l'établissement, a été mis en examen par le Parquet national antiterroriste et placé en détention provisoire.
Trois jours après les faits survenus dans l'enceinte du collège Joseph-Lakanal à Aubagne, la justice a tranché sur le sort de l'adolescent suspecté d'être l'auteur des tirs. À l'issue de sa garde à vue, le collégien de 14 ans a été présenté au juge des libertés et de la détention, qui a ordonné son incarcération provisoire conformément aux réquisitions du Parquet national antiterroriste (Pnat).
Le jeune suspect fait désormais face à des qualifications judiciaires particulièrement lourdes. Il est poursuivi pour « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, association de malfaiteurs terroriste et port et transport sans motif légitime d'armes ». De son côté, la défense du jeune homme a pris acte de la décision de justice à l'issue d'une journée éprouvante conclue devant le juge.
L'influence des tueries de masse et le mobile invoqué
Au cours de ses auditions devant les enquêteurs du Pnat, l'adolescent a apporté des précisions sur le cheminement de son geste. Selon les éléments communiqués par les autorités judiciaires, le collégien a admis « avoir été influencé » par une mouvance d'ultra-violence fascinée par les tueries de masse. Le Parquet a également précisé que l'adolescent avait reconnu avoir « mûri son projet depuis plusieurs mois ».
Sur les motivations du passage à l'acte, le suspect a affirmé avoir agi par « volonté de vengeance en raison d'un harcèlement par ses professeurs et ses camarades ». Toutefois, la justice indique qu'à ce stade des investigations, ces accusations de harcèlement ne sont pas corroborées par les éléments recueillis sur le terrain.
Pas de pathologie psychologique décelée
S'il a reconnu l'intégralité du déroulement matériel des faits, l'adolescent conteste en revanche « avoir voulu tuer » le principal et l'enseignante touchés par les tirs.
L'évaluation médicale réalisée au cours des premières 48 heures de garde à vue n'a révélé aucun trouble psychiatrique majeur. Les examens cliniques et psychiatriques menés par les experts soulignent en effet qu'aucune « pathologie psychologique » n'a été « décelée » chez le jeune homme. L'instruction judiciaire désormais ouverte devra déterminer avec précision les conditions dans lesquelles l'arme a été acquise et la trajectoire de radicalisation du suspect.


