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Grève à la CISE : les salariés entament leur deuxième semaine et reçoivent le soutien de Joé Bédier

Ecrit par P.M. – le mercredi 14 octobre 2026 à 19H45
Le mouvement reste fortement suivi au sein de l'entreprise avec un rassemblement ce matin à Saint-Benoît.

Réunis ce mercredi matin à Saint-Benoît, les grévistes de la CISE ont reçu le soutien du président de la CIREST, Joé Bédier, et de Jean-Hugues Ratenon. Ils maintiennent leur demande de prime de vie chère et réclament également le remplacement du directeur régional par intérim.

Une semaine après le début de la grève, les salariés de la CISE Réunion restent plus que jamais mobilisés. Réunis ce mercredi 14 octobre à Saint-Benoît, ils ont été reçus par Joé Bédier, président de la CIREST, qui leur a apporté son soutien. Jean-Hugues Ratenon est également venu à leur rencontre sur le piquet de grève.

Engagé le 7 octobre, le mouvement entre dans sa deuxième semaine avec une intersyndicale à sa tête (CGTR-UNSA-CFDT- FO-CFE CGC). Pour Stéphane Ramassamy, délégué UNSA, les discussions avec la direction n’ont pas encore débouché sur des engagements suffisamment concrets. Sur la demande de décisions prises davantage à La Réunion, il évoque une "avancée, mais pas de décision."

Lire aussi : Grève à CISE Réunion : l’eau rétablie, la potabilité encore incertaine dans certains secteurs

Des engagements écrits attendus

La direction a présenté une nouvelle organisation, explique-t-il, mais les salariés attendent des garanties écrites et un calendrier. "Il n’y a pas de planning, il n’y a pas de date." Le rattachement de certains services à des responsables au niveau national reste au cœur des critiques, avec des décisions prises à distance.

Les grévistes dénoncent aussi une dégradation des conditions de travail et contestent des procédures de licenciement. En fin de semaine dernière, les syndicats revendiquaient une participation de 90 %, dans une entreprise comptant, selon eux, 260 salariés.

Les grévistes demandent via une pétition le départ du directeur "par intérim".

Une demande de prime de vie chère ramenée à 25 %

Sur la prime de vie chère, les salariés ont revu leur demande : initialement fixée à 30 %, elle est désormais ramenée à 25 %, avec une mise en place progressive sur cinq ans. Ils dénoncent toujours les différences de traitement entre les salariés recrutés localement et certains cadres venus de l’extérieur bénéficiant eux d'une prime de vie chère. Selon Stéphane Ramassamy, un collectif est également en cours de création avec les salariés des Antilles et de Guyane.

Lire aussi : Grève chez CISE Réunion : l’UNSA dénonce les conditions de travail des salariés réquisitionnés

Une autre revendication s’ajoute au conflit : le remplacement immédiat du directeur régional par intérim. Dans une pétition datée du 13 octobre, l’intersyndicale et les salariés signataires mettent en cause des propos qu’il aurait tenus au siège de l’entreprise. Ils estiment que ces propos ont "altéré la confiance" et demandent une nouvelle direction intérimaire ainsi qu’un examen contradictoire des faits.

La mobilisation se poursuit au Tampon

Les délégués syndicaux ont été reçus dans la matinée par Joé Bédier au siège de la CIREST après que cette dernière a déjà adressé deux mises en demeure aux opérateurs pour garantir la continuité du service public. La CISE annonçait mardi un rétablissement de la distribution d’eau, tout en précisant que la potabilité restait à confirmer dans certains secteurs, au Tampon particulièrement, sous réserve des prélèvements de l'ARS.

Sur le volet salarial, l’entreprise affirme ne pas avoir les moyens d’absorber une hausse générale de 30 %, qu’elle juge incompatible avec ses équilibres économiques. Faux selon les grévistes qui évoquent des bénéfices engrangés ces dernières années et de fortes sommes dépensées pour financer les "avantages" des salariés détachés.

Selon les syndicats, la direction aurait proposé une augmentation de 50 euros d'une prime fixée à 350 euros par an pour l'heure.

Lire aussi : Grève chez CISE Réunion : la Cirest met en demeure ses délégataires

Dans un communiqué publié ce mercredi, Jean-Hugues Ratenon soutient les salariés et salue la fermeté de la CIREST. "Les Réunionnais ne demandent pas de passe-droits, ils exigent la justice et l’égalité", écrit le député qui appelle le préfet à réunir la direction autour de la table pour faire aboutir les négociations.

Les grévistes seront présents ce jeudi au Tampon. La direction a proposé une nouvelle rencontre, mais les salariés posent une condition : qu’elle se tienne sur place et non au siège à Saint-Denis.

Etiquettes : Cirest | CISE | Grève | PU1

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