Insalubrité sociale et coût du carburant, le cri d'alarme de la CGTR pour les aides à domicile

Entre précarité financière et épuisement professionnel, les aides à domicile réunionnaises tirent la sonnette d'alarme. Dans une charge virulente publiée ce mercredi 14 octobre 2026, la CGTR SAP-974 dénonce le sort de ces « oubliées de la République », contraintes de vider leurs réservoirs à leurs frais pour accomplir leurs tournées auprès des plus vulnérables.
La crise sociale s'aggrave pour les professionnelles de l'accompagnement dans l'île. Le syndicat CGTR SAP-974 vient de publier une charge virulente pour exposer la condition dramatique des milliers d'aides à domicile réunionnaises. Alors que l'essence a franchi la barre des deux euros le litre et que la géographie locale rend l'usage des transports en commun impraticable pour enchaîner les interventions auprès des personnes vulnérables, ces salariées se retrouvent contraintes d'utiliser leur véhicule personnel à leurs frais. « Prises au piège d'embouteillages quotidiens qui rallongent leurs tournées et vident leurs réservoirs, elles doivent payer pour aller travailler », dénonce Linda Diblar, secrétaire générale du syndicat, ajoutant qu'en fin de mois, « il ne leur reste plus rien pour vivre ».
Salaires sous le SMIC, usure physique et silence institutionnel
Le constat dressé par le syndicat pointe du doigt un modèle miné par le temps partiel imposé, confinant une grande majorité de ces intervenantes à des rémunérations mensuelles n'excédant pas 700 à 900 euros. Dans un contexte insulaire marqué par un coût de la vie très élevé et un panier alimentaire en hausse de 37 %, cette précarité entraîne le renoncement aux soins, des difficultés de logement et l'impossibilité d'entretenir les véhicules pourtant indispensables au travail. Le secteur subit de plein fouet une explosion des burnouts, des troubles musculo-squelettiques et des pannes répétées.
Face à l'absence de réponse concrète après une première démarche engagée auprès du Conseil départemental le 18 juin 2026, la CGTR SAP-974 hausse le ton contre le « mépris et le silence des institutions et du patronat ». L'organisation exige une revalorisation salariale immédiate, la prise en charge réelle des frais kilométriques indexés sur les prix insulaires, la fin du temps partiel subi et la reconnaissance de la pénibilité. « Il est inacceptable que celles qui prennent soin des autres ne puissent plus prendre soin d’elles-mêmes », conclut la responsable syndicale, affirmant que « la dignité n’est pas négociable ».


