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Pour la CFDT, la souffrance du secteur médico-social ne découle pas d’un problème de sous-financement

Ecrit par Zinfos974 – le jeudi 15 octobre 2026 à 11H05

Dans le cadre de la semaine de mobilisation nationale associative « Et si nous arrêtions vraiment ? », la CFDT Santé-sociaux de La Réunion souligne dans un communiqué que les associations gestionnaires du secteur dans l’île dégagent des excédents de trésorerie pouvant dépasser la dizaine de millions d’euros.

« Iriez-vous travailler si on vous supprimait trois mois de salaire par an ? », interroge le syndicat national CFDT Santé-sociaux dans un tract pour la semaine de mobilisation associative nationale, qui prendra fin ce samedi 17 octobre. Selon le syndicat, les salariés du secteur associatif sanitaire, social, médico-social et de l’aide à domicile auraient perdu l’équivalent de trois mois de salaire de pouvoir d’achat ces quinze dernières années.

« Si le secteur médico-social souffre partout en France, paradoxalement à La Réunion, le financement n'est pas le problème central », plaide la branche locale de la CFDT Santé-sociaux dans un communiqué de presse. « Les analyses financières mettent en évidence une politique locale d'accumulation structurelle des excédents par la dizaine d'associations gestionnaires qui détiennent un quasi-monopole sur le secteur à La Réunion. Si les exercices précédents illustraient déjà ce choix de gestion, avec des trésoreries individuelles atteignant pour certaines de 50 à plus de 90 millions d'euros dès 2020, les chiffres de l'année 2025 sont sans appel, car ces structures ont encore accumulé plusieurs dizaines de millions d'euros de trésorerie supplémentaires ».

Des avantages à sanctuariser à La Réunion

Le syndicat ajoute que si le gouvernement voit en la future Convention Collective Unique et Étendue (CCUE) une opportunité de négocier les offres de salaire dans le secteur, le maintien des avantages acquis dans les DROM devra être sanctuarisé. Si les structures hexagonales peinent à boucler leur budget, ce ne serait pas le cas dans l’île où le secteur « fait face à une gestion atypique RH et financière par 10 grandes associations qui détiennent un quasi-monopole, en gérant 110 des 111 établissements du secteur (handicap, grand âge, protection de l’enfance – données Finess) ».

Lire aussi : Insalubrité sociale et coût du carburant, le cri d'alarme de la CGTR pour les aides à domicile

La CFDT Santé-sociaux relève que, au regard de leurs bilans comptables, rien ne justifie les prétendues difficultés économiques soulevées par les associations pour geler les embauches, ajoutant que certains directeurs de ces organisations à but non lucratif « perçoivent des salaires indécents dépassant 9.000 euros par mois ».

La semaine de mobilisation associative constitue aux yeux du syndicat un levier pour mettre en lumière les difficultés de fonctionnement d’un secteur parfois victime « d’attaques et d’instrumentalisation ». La CFDT Santé-sociaux indique qu’elle remettra une motion au directeur général de l’ARS, au président du Département, à la représentante de la FEHAP 974 (Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne privés solidaires) en demandant une audience en préfecture.

Etiquettes : Aide à la personne | CFDT | PU1

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