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Grand Raid : la protection des sentiers au cœur de la prévention

Ecrit par Gaetan Dumuids – le jeudi 15 octobre 2026 à 14H35
Les participants devaient passer dans un sas pour nettoyer leurs chaussures et retirer d’éventuelles espèces invasives de leurs semelles. Des plantes endémiques étaient également présentées afin que les coureurs puissent les reconnaître durant la course.

L'organisation du Grand Raid a renforcé ses messages sur le respect de l’environnement avec le Département, l'ONF et les élèves du lycée Bois Joly Potier au Tampon. Lors de la remise des dossards, les coureurs étaient sensibilisés aux déchets, aux espèces envahissantes et à la préservation des sentiers dans le cadre de la campagne Ti Pat.

Les sentiers font la réputation du Grand Raid et donc leur préservation fait aussi partie de la course. C’est le message porté ce mercredi au village du Grand Raid, où les participants venus récupérer leur dossard étaient invités à réfléchir à leur passage dans les espaces naturels réunionnais. Nettoyage des chaussures, respect des sentiers, découverte des espèces endémiques : l’organisation et ses partenaires ont voulu rendre cette prévention concrète.

« Si on abîme notre terrain de jeu, ce sont aussi les générations suivantes qui en subiront les conséquences », insiste Pierre Maunier, président du Grand Raid. Pour lui, la protection de l’environnement doit accompagner durablement la course, au-delà de cette édition.

Une fréquentation qui laisse des traces

Pierre Maunier indique que cinq millions de personnes ont fréquenté les sentiers et chemins forestiers réunionnais en 2024. Il évoque notamment les microparticules de plastique laissées par le frottement des chaussures, mais aussi les incivilités et les manquements qui, accumulés, affectent les milieux naturels.

« Il faut qu’on respecte l’environnement, il faut qu’on respecte les animaux, les plantes endémiques qu’il y a ici », souligne-t-il. « C’est la richesse qui fait la différence à La Réunion. »

Alexandre Gilles, chef de projet sports et nature au Département, fait le même constat sur l’augmentation des pratiques. Le nombre de manifestations, de formats et de coureurs a progressé. Selon les données qu’il présente, le trail représente 20 % des activités de pleine nature.

« Vous êtes de plus en plus nombreux, mais il y a une seule forêt qu’il faut préserver », rappelle-t-il.

Une campagne née des idées des coureurs

La campagne « Ti Pat » s’appuie sur les propositions recueillies lors du précédent Grand Raid. Les participants avaient été invités à écrire sur un tableau blanc leurs idées pour mieux préserver la forêt. Le Département les a reprises avec ses partenaires, notamment l’ARB, le Parc national et l’ONF.

« L’idée, c’est de leur rappeler plein de gestes de bon sens », explique Alexandre Gilles. « On nettoie ses chaussures avant de rentrer dans la forêt pour ne pas emmener les espèces exotiques envahissantes. On ne jette pas, on ne coupe pas à travers les sentiers. »

Au village, cette démarche prenait notamment la forme d’un sas de nettoyage des semelles. Des espèces endémiques étaient également présentées, dans une ambiance de forêt accompagnée de sons d’oiseaux.

Pour le représentant du Département, les trailers aiment déjà la nature, mais les bons comportements doivent être rappelés : « Continuons à nous amuser, mais faisons-le intelligemment. »

Des lycéens comme acteurs pédagogiques

Les élèves du lycée Bois Joly Potier du Tampon allaient à la rencontre des coureurs pour parler de sécurité, de faune et de flore. « Faites en sorte que nous, on puisse courir demain », demandent-ils aux participants.

Mahé, l’un des élèves mobilisés, insiste sur le nettoyage des chaussures et la nécessité de rapporter ses déchets. Il explique aussi que les plantes invasives ne sont pas toujours le premier risque auquel pensent les participants. « Souvent, ils sont dans l’incompréhension », observe-t-il. Le lycéen rappelle que pour certains, parler d’environnement renvoie uniquement aux déchets ou à la pollution sonore, mais pas à l'introduction d'espèces invasives.

« Nous avons vraiment une cause à défendre », ajoute-t-il, en évoquant la protection de la flore et les espèces endémiques suceptibles de disparaître avec les espèces rapportées depuis l’extérieur.

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