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Communication de l’État : les sénateurs réunionnais dénoncent l’exclusion des Outre-mer

Ecrit par Zinfos974 – le jeudi 15 octobre 2026 à 15H00

Dans une tribune intitulée "Une campagne nationale qui oublie les Outre-mer n’est pas une campagne nationale", des parlementaires, dont les sénateurs réunionnais Audrey Bélim, Stéphane Fouassin et Evelyne Corbière Naminzo, appellent le gouvernement à garantir une place équitable aux territoires ultramarins dans sa nouvelle stratégie de communication. Ils réclament notamment un budget dédié, une meilleure intégration des médias locaux et une concertation avec les professionnels ultramarins. Retrouvez la tribune complète à lire ci-dessous : 

"Une campagne nationale qui oublie les Outre-mer n’est pas une campagne nationale

Le Gouvernement a engagé une réforme structurelle de la communication de l’État, avec une ambition affichée : rendre la parole publique plus sobre, plus lisible et plus efficace.
Cette réforme doit être l’occasion de réparer une rupture d’égalité ancienne : l’exclusion des Outre-mer des grandes campagnes nationales d’information. En l’absence de garanties spécifiques, elle risque au contraire de l’aggraver.

Une exclusion ancienne, malgré des alertes répétées

Depuis des décennies, les territoires ultramarins bénéficient rarement de campagnes nationales complètes, conçues, financées et diffusées à la même échelle que dans l’Hexagone. Les conséquences sont concrètes. Nos concitoyens sont moins bien informés sur leurs droits, les dispositifs publics auxquels ils peuvent prétendre, les risques sanitaires et sociaux auxquels ils sont exposés ou encore les comportements de prévention à adopter.

Cette inégalité est dénoncée depuis plusieurs années par les médias, les agences, les régies et les parlementaires ultramarins. Aujourd’hui, alors que cette réforme est engagée, aucun mécanisme pérenne ne garantit encore l’inclusion des Outre-mer dans la communication gouvernementale.

Les Outre-mer rassemblent près de 2,8 millions d’habitants, soit environ 4 % de la population française. Rapporté au nouveau budget national annoncé de 700 millions d’euros, leur seul poids démographique représenterait un socle minimal de 28 millions d’euros. Ce montant n’est pas une revendication excessive. Il constitue un plancher d’équité, qui devrait être renforcé pour tenir compte des réalités sanitaires, sociales, climatiques et géographiques de chaque territoire : addictions, accès aux droits, illettrisme, risques naturels, épidémies ou encore narcotrafic.

La communication publique est un outil de prévention et de protection : elle informe, alerte et peut sauver des vies. Or la réduction annoncée de 300 millions d’euros des dépenses de communication risque de faire des territoires déjà insuffisamment couverts une nouvelle variable d’ajustement budgétaire.

Trois garanties pour une réforme réellement nationale

Nous demandons donc que trois garanties soient intégrées à la réforme.

La première est la création d’une enveloppe ultramarine territorialisée, identifiée et protégée, attribuée aux bureaux uniques de communication de l’État créés par la circulaire du 25 août 2026 au sein des préfectures des DROM-COM, couvrant la conception, la production et la diffusion des campagnes. Son montant ne devra pas être inférieur au poids démographique des populations concernées et devra être majoré selon les vulnérabilités de chaque territoire. Les dépenses engagées devront être rendues publiques chaque année, territoire par territoire.

La deuxième est l’inclusion obligatoire des médias ultramarins dans les mandats nationaux d’achat média. Toute campagne portant sur une politique publique applicable ou sur un enjeu pertinent dans les Outre-mer devra intégrer, dès sa conception, un volet ultramarin adapté et financé. Nos médias ne doivent plus être sollicités en fin de campagne au moyen de reliquats budgétaires.

La troisième est l’association des agences, producteurs, régies et médias locaux aux nouvelles structures de communication de l’État. Ces professionnels connaissent les populations, les cultures, les langues et les usages médiatiques de leurs territoires. Leur expertise est indispensable pour adapter les messages et choisir les canaux permettant de toucher réellement les publics.

Une campagne nationale qui ne touche pas plusieurs millions de citoyens français ne peut être considérée comme pleinement nationale. Nous ne contestons pas la nécessité de rendre la communication de l’État plus sobre et plus efficace. Mais la sobriété ne peut servir de prétexte à l’effacement des Outre-mer. Après des décennies d’exclusion et des interpellations restées sans réponse, la réforme doit désormais apporter des garanties concrètes.

Informer tous les citoyens de la République, où qu’ils vivent, n’est ni une faveur ni une option budgétaire. C’est une exigence d’égalité républicaine."

Signataires :

Mario LECHAT, Président du Syndicat des Professionnels de l'Audiovisuel d'Outre-Mer (SPADOM)
Soufyaan BABAÏ, Président du Club Association des Agences Conseils et Création Outre-Mer (AACC OM)
Audrey BÉLIM, Sénatrice de La Réunion
Viviane ARTIGALAS, Sénatrice des Hautes-Pyrénées
Olivier BITZ, Sénateur de l’Orne
Catherine CONCONNE, Sénatrice de la Martinique
Évelyne CORBIÈRE NAMINZO, Sénatrice de La Réunion
Stéphane FOUASSIN, Sénateur de La Réunion
Micheline JACQUES, Sénatrice de Saint-Barthélemy
Victorin LUREL, Sénateur de la Guadeloupe, ancien ministre
Akli MELLOULI, Sénateur du Val-de-Marne
Rachid TEMAL, Sénateur du Val-d’Oise
Michaël WEBER, Sénateur de la Moselle

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