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"Réarmer le savoir" : Frédéric Maillot interpelle le gouvernement sur le budget de l'enseignement supérieur

Ecrit par S.I. – le jeudi 15 octobre 2026 à 11H16

Le député de la 6e circonscription de La Réunion a interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, sur les crédits consacrés à la recherche et aux universités. Précarité étudiante, bourses, manque de places et Parcoursup : l’élu dénonce des choix budgétaires qui fragilisent, selon lui, l’avenir de la jeunesse.

Le ton était offensif en commission des affaires culturelles. Face au ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, Philippe Baptiste, Frédéric Maillot a vivement critiqué les orientations budgétaires du gouvernement. Au nom du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) et des députés des territoires ultramarins, le député réunionnais a qualifié le budget de "provocation sociale", dénonçant le décalage entre les dépenses militaires et les moyens accordés à l’éducation.

"Pour le réarmement, le gouvernement trouve 6,5 milliards d’euros supplémentaires", a-t-il souligné, avant de rappeler une citation attribuée à Nelson Mandela : "L’arme la plus puissante pour changer le monde, c’est l’éducation". Pour l’élu, le gouvernement devrait privilégier le "réarmement du savoir" plutôt que celui de l’armée.

Bourses et précarité étudiante dans le viseur

Frédéric Maillot a particulièrement insisté sur la précarité étudiante et les difficultés rencontrées par les jeunes pour financer leurs études. Il a dénoncé l’absence d’indexation sur l’inflation des montants des bourses et des plafonds de ressources, estimant que cette situation réduit le pouvoir d’achat des étudiants et peut entraîner la perte de certains droits.

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Selon les chiffres avancés par le député, près de 46 millions d’euros d’économies seraient réalisés sur les aides directes, soit l’équivalent de 10.000 boursiers en moins. Face à ce constat, il défend plusieurs mesures : revaloriser les bourses, relever les plafonds de ressources, corriger les effets de seuil et garantir le versement des aides sur douze mois. "Les loyers ne s’arrêtent pas, eux, en juillet", a-t-il lancé, dénonçant la nécessité pour certains étudiants de travailler pendant l’été afin de subvenir à leurs besoins.

Le député a également réaffirmé son soutien à la création d’un revenu étudiant, destiné à permettre aux jeunes de poursuivre leurs études sans être contraints de se salarier au détriment de leur réussite. Il a rappelé le travail engagé par sa collègue du groupe GDR, Soumya Bourouaha, dont une proposition de loi sur les aides étudiantes a été adoptée par l’Assemblée nationale.

Parcoursup et le manque de places critiqués

L’élu réunionnais a également dénoncé les difficultés d’accès à l’enseignement supérieur, pointant le manque de places dans certaines formations. Il plaide pour la création de nouvelles places en licence et en master, ainsi que pour des moyens humains supplémentaires dans les établissements. 

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Pour Frédéric Maillot, Parcoursup cristallise les difficultés d’une jeunesse confrontée à une compétition pour accéder aux formations souhaitées. Il estime que l’amélioration des conditions d’études passe nécessairement par des capacités d’accueil renforcées.

En conclusion, le député a lancé une formule à l’adresse du gouvernement, en référence au ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray : "Au lieu de remettre des glaçons, remettez des moyens."

Philippe Baptiste défend le fonctionnement de Parcoursup

En réponse aux différents intervenants, Philippe Baptiste a défendu la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, tout en reconnaissant qu’elle pouvait susciter des inquiétudes chez les lycéens au moment de leur orientation.

Le ministre a rappelé que Parcoursup recense environ 25.000 formations, contre quelque 11.000 sur le dispositif précédent, et qu’il permet d’harmoniser les procédures et les calendriers. Il a également contesté le chiffre de 126.000 jeunes qui resteraient sans solution, avancé au cours des débats par un autre intervenant.

Selon les données présentées par Philippe Baptiste, seuls 38 jeunes n’avaient finalement trouvé aucune solution l’année précédente. Il a rappelé le rôle des commissions d’accès à l’enseignement supérieur, qui examinent individuellement les dossiers des candidats sans proposition d’admission.

Le ministre a par ailleurs mis en avant les quotas de boursiers, affirmant qu’ils avaient permis à 150.000 lycéens boursiers d’obtenir une place dans une formation qu’ils n’auraient pas nécessairement intégrée autrement.

S’il a reconnu que Parcoursup n’était pas parfait, Philippe Baptiste s’est dit ouvert à des améliorations concernant la lisibilité de la plateforme et la transparence des décisions. Il a également reconnu des tensions dans certaines filières, notamment en BTS et en IUT en Île-de-France.

Cette réponse n’a toutefois pas épuisé les questions soulevées par Frédéric Maillot sur les moyens budgétaires, les aides étudiantes et les capacités d’accueil des universités. Pour le parlementaire réunionnais, l’enjeu reste de faire de l’éducation une priorité et de donner à la jeunesse les moyens de réussir ses études.

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