"C'est Parcoursup qui nous met dans la rue, c'est un système qui est mal fait" : la colère gronde dans les lycées de Saint-Paul

Dernier épisode en date d'une semaine de mobilisation de la jeunesse, des lycéens de l'Ouest se sont rassemblés en centre-ville pour exprimer leur ras-le-bol face à la dégradation de leurs conditions d'apprentissage.
La fronde gronde depuis plusieurs jours dans les lycées de l'Ouest réunionnais. Ce nouvel épisode marque une semaine entière de mobilisation de la jeunesse, décidée à dire stop à la dégradation du service public de l'éducation.
Du côté du lycée Saint-Paul 4, la matinée a brièvement débuté par un rapide blocage de l'établissement mené en bonne entente avec les professeurs, avant que le cortège ne se mette en route pour descendre vers le centre-ville de Saint-Paul.
Sur place, les effectifs se sont renforcés avec l'arrivée des élèves du lycée Evariste de Parny et de l'ensemble du lycée hôtelier Christian Antou, venus grossir les rangs aux côtés de leurs camarades du lycée Louis-Payen et de ceux venus de La Possession.
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Entre classes surchargées et profs aux abonnés absents
Au cœur de la contestation, les élèves dénoncent des conditions d'apprentissage jugées intenables. Entre des classes surchargées qui atteignent "38 par spé dans mon lycée", déplore Lilou venue de La Possession, des emplois du temps chaotiques et une pause méridienne réduite à portion congrue où "on a moins de 10 minutes pour manger" à la cantine, ajoute Titouan, le quotidien des élèves est mis à rude épreuve.

Pis encore, la pénurie chronique de remplaçants laisse des classes entières, comme en mathématiques, sans professeur attitré durant de longs mois, voire une année entière où "certains n'ont pas eu cours de maths pendant près d'un an". Line, élève de première au lycée Louis-Payen, résume parfaitement le sentiment d'injustice face à cette situation en se demandant "quelle égalité des chances il y a quand des professeurs ne sont pas remplacés et que le seul moyen de travailler la matière c'est de prendre des cours du soir", insistant sur le fait que "les élèves les moins favorisés sont exclus" alors que "le lycée ça devrait être gratuit".
À cette précarité matérielle s'ajoute l'angoisse du lendemain. Pour les élèves de terminale, le système d'orientation post-bac fait office de repoussoir. Aperçu en costume de Luigi de Nintendo pour l'occasion, Arthur, élève au lycée Louis-Payen, affirme que "c'est Parcoursup qui nous met dans la rue, c'est un système qui est mal fait" et prévient qu'"ils vont devoir changer quelque chose".
Une mobilisation encadrée par les forces de l’ordre
Aux abords de l'établissement, une dizaine de gendarmes étaient présents pour encadrer le rassemblement. Faisant preuve de diplomatie, les forces de l'ordre ont pu expliquer à quelques jeunes masqués que, s'ils souhaitaient continuer à manifester, ils se devaient de montrer leur visage. Un dialogue constructif qui a réussi à les convaincre et a permis de préserver le caractère pacifique et bon enfant de la mobilisation.
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