Classes surchargées, moyens, bâti scolaire : les lycéens de Saint-Benoît donnent de la voix

Devant le lycée Jean-Claude Fruteau, les lycéens réclament davantage de moyens, des classes moins chargées et une meilleure reconnaissance des enseignants.
La mobilisation des lycéens se poursuit ce jeudi à La Réunion. Plusieurs rassemblements sont programmés dans l’île. À Saint-Benoît, une centaine de lycéens se sont réunis dans le calme devant les grilles du lycée Jean-Claude Fruteau. Une mobilisation soutenue par des parents d’élèves et des enseignants.
Parmi les lycéens mobilisés, Maxime, élève au lycée Jean-Claude Fruteau, entend porter la voix de sa génération, mais aussi défendre les conditions de travail des enseignants et l’avenir des prochains élèves.
"Aujourd’hui, on se mobilise. On a nos causes, nos revendications", explique-t-il devant ses camarades. Pour le lycéen, la mobilisation réunionnaise s’inscrit dans un mouvement plus large : "On apporte notre pierre à ce mouvement d’envergure nationale, dont les Outre-mer se mobilisent aussi aujourd’hui."
"On se bat pour les prochains"
Au cœur des revendications : les conditions d’apprentissage et la taille des classes. Maxime dénonce des effectifs qu’il juge trop importants, notamment dans les classes de tronc commun et certaines spécialités. "Quand on voit que dans une classe en tronc commun, on est 30 élèves, que dans des spécialités, on est parfois 35, voire plus, c’est beaucoup", estime-t-il.
Une situation qui, selon lui, limite la capacité des enseignants à accompagner individuellement chaque élève. "On veut des classes qui sont moins chargées", résume le lycéen, qui estime que des effectifs réduits permettraient aux enseignants de mieux identifier les difficultés et de s’assurer que chacun a bien compris les notions enseignées.
Pour Maxime, le combat dépasse toutefois sa propre scolarité. "Peut-être que nous, on ne les vivra pas, mais en tout cas, on se bat pour les prochains, parce qu’on veut un avenir qui soit à chacun meilleur. La jeunesse, c’est l’avenir de la France."
Les lycéens souhaitent également que les revendications des enseignants soient davantage prises en compte. "Nos enseignants aussi, on se bat pour eux", affirme Maxime, qui demande une meilleure reconnaissance de leur métier et dénonce ce qu’il considère comme une forme d’indifférence de la part des institutions.
Autre sujet soulevé : les moyens accordés aux établissements scolaires. Le lycéen conteste notamment l'argument selon lequel la baisse du nombre d'élèves justifierait une diminution des budgets et des effectifs enseignants. "On a souvent cet argument : "Oui, mais il y a moins d’élèves, donc on réduit les budgets, on a moins de profs." Ce n’est pas recevable", estime-t-il.
Selon lui, conserver les postes permettrait au contraire de réduire le nombre d’élèves par classe et de favoriser un accompagnement plus individualisé.
Le bâti scolaire également au cœur des revendications
Les conditions matérielles dans les établissements font également partie des préoccupations des lycéens. Maxime tient d’abord à saluer le travail de la direction du lycée Jean-Claude Fruteau : "On remercie en tout cas la direction, qui se bat jour après jour pour nous."
Mais le lycéen interpelle surtout les collectivités compétentes sur l’état du bâti scolaire. Il revient notamment sur une précédente mobilisation menée dans l’établissement. "Quand on voit qu’on s’est mobilisés il y a deux ans face à nos conditions, qu’en réponse on a eu quelques arbres plantés, on trouve ça un peu honteux quand même pour une Région de ne pas se mobiliser comme ça pour un lycée", déclare-t-il.
"On veut être entendus"
Au-delà des revendications matérielles, Maxime dénonce également un sentiment de distance entre les élèves et les institutions, notamment le rectorat et le ministère de l’Éducation nationale. "On a un sentiment de déconnexion, surtout avec le ministère. Et aujourd’hui, les lycéens de partout en France se mobilisent pour être enfin entendus", affirme-t-il.
Devant le lycée Jean-Claude Fruteau, la mobilisation se poursuit donc dans le calme, avec la volonté affichée de maintenir la pression et d’obtenir des réponses rapides.
"Nous souhaitons ne pas attendre la fin octobre pour avoir des résultats. On souhaite les avoir dès maintenant", conclut Maxime.
Une délégation réunissant des lycéens, des enseignants et des parents d’élèves doit être reçue à 9h30 afin de porter les revendications du rassemblement.
Pour les lycéens mobilisés à Saint-Benoît, le message est clair : au-delà de leurs propres conditions de scolarité, c’est l’école de demain qu’ils disent vouloir défendre.


