Revenir à la rubrique : Economie

La société réunionnaise de BTP Delgabat liquidée, 120 salariés licenciés et une enquête pénale ouverte contre l’ancien associé-gérant

Ecrit par Sébastien Gignoux – le mercredi 7 octobre 2026 à 10H01
(photo Facebook / Delgabat)

En redressement judiciaire depuis juillet 2025, l’entreprise réunionnaise de BTP Delgabat a finalement été liquidée lundi 5 octobre, entrainant le licenciement économique de 120 collaborateurs. Face à des « des défaillances graves de gestion » du précédent gérant, une enquête pénale a été ouverte.

15 mois de redressement judiciaire et une reprise en main de la société par son actionnaire principal n’y auront pas suffi. Par jugement du lundi 5 octobre, le tribunal mixte de commerce de Saint-Denis a prononcé la liquidation judiciaire de la société réunionnaise de BTP Delgabat, spécialisée dans la construction de logement sociaux.

"Plus d'un an d'efforts"

Fondée en 2022, l’entreprise qui a compté jusqu’à près de 300 collaborateurs n’en comptait plus que 120 ces derniers mois, pour autant de licenciements économiques à intervenir désormais. Un coup dur pour les salariés de la société, malgré « plus d’un an d’efforts de la nouvelle direction pour préserver l’entreprise et ses emplois » indique la société dans un communiqué, confirmant une information de Zinfos974.

Delgabat, dont l’actionnariat principal est représenté par la société Immodel du groupe réunionnais Deleflie, était entrée en procédure collective après la découverte d’une situation financière « déjà fortement compromise » sous la direction de son associé-gérant Frédéric Angama-Petchy. Cet entrepreneur en bâtiment avait dû être écarté de la société en août 2025, Immodel en prenant officiellement les manettes.

Conjoncture "difficile" pour le BTP

« Des moyens financiers importants ont été mobilisés afin de permettre à l’entreprise de poursuivre son activité, d’assurer le règlement des charges indispensables à son fonctionnement courant et de maintenir autant que possible les emplois et les chantiers », assure l’entreprise.

Malgré ces mesures,  « l’importance du passif accumulé n’a pas permis de restaurer durablement les équilibres financiers » soulgine Delgabat, évoquant « un contexte conjoncturel particulièrement difficile pour le secteur du BTP » rendant impossible la construction « d’un plan de continuation crédible et soutenable. »

"Défaillances graves" et enquête pénale sur la précédente gestion

Selon nos informations, le passif « considérable » se chiffrant en dizaine de millions d’euros aurait été largement creusé sous la direction du précédent gérant, « du fait de défaillances graves de gestion et de décisions prises, lourdement préjudiciables à l’entreprise. »

Aussi, une enquête pénale a été ouverte en fin d’année 2025 à la suite d’un signalement des administrateurs judiciaires au parquet de Saint-Denis, doublé d’une plainte des actionnaires d’Immodel.

Delgabat affirme cependant avoir fait « le choix de concentrer ses moyens sur la sécurisation des chantiers et l’achèvement du plus grand nombre possible de ses engagements. »

Plusieurs opérations importantes ont ainsi pu être livrées ou suffisamment avancées pour l’être dans des conditions correctes. Delgabat donne l’exemple du lycée privé Jean-Paul II réalisé pour l’OGEC à Bras-Panon.

Cependant,  « la liquidiation judiciaire n’a malheureusement pas permis à Delgabat de remplir l’intégralité de ses engagements », « un nombre limité de maîtres d’ouvrage » se trouvant ainsi face à l’arrêt de chantiers en cours.

"Mobilisation exceptionnelle" des salariés

« La première conséquence de cette décision reste humaine : plus de 120 femmes et hommes qui ont continué à travailler dans un environnement particulièrement difficile perdent aujourd’hui leur emploi. La direction tient à saluer leur engagement, leur professionnalisme et leur mobilisation durant cette période exceptionnelle » rappelle la société.

 « Au cours des derniers mois, notre priorité aura été de donner à Delgabat toutes les chances de poursuivre son activité, tout en achevant le maximum de nos engagements » souligne Eric Lamaire, directeur général.

« Nous savions la situation extrêmement difficile, mais nous avions la responsabilité d’aller jusqu’au bout des solutions possibles. La décision du Tribunal marque aujourd’hui la fin de cette tentative. Notre première pensée va naturellement aux collaborateurs de Delgabat et à leurs familles », conclut-il.

Dans la même rubrique

0💬
Tri :